Après sa victoire et son record sur la Transvulcania, la Française a raconté au micro d’iRunFar comment elle avait dû “prendre des risques” pour décrocher la victoire face à Lucy Bartholomew.
Le lendemain de sa démonstration sur la Transvulcania 2026, Blandine L’Hirondel est revenue sur sa course au micro de IRunFar. Encore fatiguée, avec très peu de sommeil après sa victoire, la Française a livré un témoignage particulièrement intéressant sur ce qui s’est joué dans les longues descentes volcaniques de l’île de La Palma.
Parce que derrière le chrono impressionnant et le nouveau record de l’épreuve, il y avait aussi une prise de risque assumée. Et même énorme, selon ses propres mots.
CHAUSSURES DE TRAIL EN PROMOTION PENDANT LES RUNNING WEEKS SUR I-RUN
lien affilié
sans partenariat avec Salomon ou les personnes mentionnées dans l’article
chaussure Salomon Ultra Glide 4
L’interview accordée à iRunFar
Blandine L’Hirondel ne pensait pas courir aussi vite
Au départ, la double championne du monde ne visait absolument pas un chrono aussi rapide. Elle explique avoir imaginé une course autour de huit heures et quelques, certainement pas une performance sous les sept heures quarante-cinq.
Pendant une bonne partie de la course, elle dit même avoir eu du mal à croire ce qu’elle voyait sur sa montre. Elle se savait sous les bases du record, mais comme elle ne voyait personne derrière elle, elle avait du mal à imaginer qu’une autre athlète puisse encore être dans le match.
Quand elle a aperçu Lucy Bartholomew revenir, la Transvulcania est passée d’une course “au feeling” à une vraie bataille.
“Mettre le cerveau à l’extérieur de la tête”
C’est probablement la phrase la plus forte de toute l’interview.
Après avoir été reprise puis dépassée dans une portion montante, Blandine L’Hirondel explique qu’elle savait qu’elle devait absolument faire la différence dans les descentes techniques de la Transvulcania. Et elle raconte alors avoir basculé dans un autre état mental.
Selon ses propres mots, elle s’est dit qu’il fallait “mettre le cerveau à l’extérieur de la tête”, avant d’attaquer la descente “très vite”, “comme une folle”, et en prenant “des risques”.
Une déclaration qui résume parfaitement ce qu’est la Transvulcania quand elle se joue à très haut niveau : une course où la capacité à descendre vite peut parfois tout changer.
Une descente ultra engagée pour faire craquer Lucy Bartholomew
Dans cette immense descente vers Tazacorte, Blandine L’Hirondel explique avoir chuté plusieurs fois tout en gardant de très bonnes sensations techniques.
Elle raconte aussi qu’elle avait conscience que tout pouvait encore basculer à tout moment. Malgré l’écart qu’elle était en train de creuser, elle continuait à penser que Lucy Bartholomew pouvait revenir.
Mais la Française sentait également que ses jambes répondaient parfaitement. Et surtout, elle savait qu’elle était en train de réaliser une énorme descente.
À l’arrivée, l’écart final sera impressionnant. Presque sept minutes reprises dans cette seule portion.
Une image spectaculaire… mais aussi révélatrice du très haut niveau en trail
Cette interview montre aussi quelque chose d’important sur le trail moderne.
À ce niveau-là, les victoires ne se jouent plus uniquement sur la gestion ou l’endurance. Elles se jouent parfois dans des moments où les athlètes acceptent d’aller très loin dans l’engagement physique et technique.
La Transvulcania reste l’une des courses les plus exigeantes du circuit mondial, avec ses terrains volcaniques instables, ses descentes interminables et ses sections où la moindre erreur peut coûter très cher.
C’est aussi une manière de rappeler à quel point le très haut niveau en trail demande aujourd’hui une maîtrise technique totale… et parfois une vraie part de danger.
Maintenant Blandine L’Hirondel a l’UTMB dans le viseur
Dans la suite de l’interview, Blandine L’Hirondel confirme que son grand objectif de la saison reste désormais l’Ultra-Trail du Mont-Blanc.
Elle pourrait passer par la Maxi-Race dans quelques semaines si la récupération se passe bien, mais elle précise que toute sa préparation est maintenant tournée vers Chamonix.
Et après ce qu’elle vient de montrer sur les sentiers volcaniques de La Palma, une chose semble déjà certaine : elle arrivera à l’UTMB avec un statut encore supérieur à celui qu’elle avait déjà.
Source
- 0:00 – 0:16 : I Run Far interviewe Blandine L’Hirondel le lendemain de sa victoire et de son record sur la Transvulcania 2026.
- 0:18 – 0:35 : Blandine L’Hirondel dit qu’elle se sent bien malgré une très courte nuit. Elle explique qu’elle commence seulement à réaliser ce qu’elle a accompli et qu’elle est très heureuse et fière de sa course.
- 0:35 – 1:17 : Elle raconte qu’elle ne pensait absolument pas courir aussi vite. Avant le départ, elle visait plutôt un chrono entre 8 h 05 et 8 h 10, certainement pas 7 h 43.
- 1:17 – 1:29 : Elle affirme que si quelqu’un lui avait annoncé ce chrono deux jours avant la course, elle n’y aurait jamais cru.
- 1:32 – 2:03 : Blandine explique que ce qui l’a le plus surprise, c’est de voir très tôt sur sa montre qu’elle était sous les bases du record.
- 2:03 – 2:18 : Elle raconte qu’elle ne voyait personne derrière elle et qu’elle pensait donc impossible qu’une autre femme soit également sur les bases du record.
- 2:10 – 2:24 : Quand elle voit Lucy Bartholomew revenir sur elle, elle comprend immédiatement qu’elle doit arrêter de “jouer” et entrer en “mode compétition”.
- 2:24 – 2:46 : L’intervieweuse lui demande si elle a eu peur d’être partie trop vite en voyant son allure record.
- 2:46 – 3:21 : Blandine répond que non, parce que ses sensations étaient excellentes. Elle explique qu’elle fonctionne d’abord aux sensations plutôt qu’au chrono.
- 3:21 – 3:27 : Elle affirme que tant que ses sensations restaient bonnes, elle savait qu’elle pouvait continuer à ce rythme.
- 3:27 – 3:44 : L’intervieweuse rappelle qu’elle et Lucy Bartholomew ont livré une énorme bataille pendant la course.
- 3:44 – 4:10 : Blandine explique qu’elle n’avait aucune stratégie particulière dans la première montée et qu’elle ne cherchait pas spécialement à créer un écart.
- 4:10 – 4:24 : Elle raconte qu’elle courait simplement à son rythme, au feeling, sans se comparer aux autres femmes.
- 4:24 – 4:32 : Elle précise qu’elle n’a commencé à réfléchir tactiquement qu’après être réellement entrée dans la compétition avec Lucy Bartholomew.
- 4:32 – 4:44 : L’intervieweuse explique que Lucy Bartholomew est revenue sur elle dans la montée vers Roque de los Muchachos.
- 4:44 – 5:15 : Blandine raconte qu’à ce moment-là, elle était presque en train de profiter du paysage et de la montagne parce qu’elle se sentait très forte ce jour-là.
- 5:15 – 5:24 : Elle explique qu’en voyant Lucy revenir derrière elle, elle a compris qu’elle devait arrêter de profiter et commencer à se battre.
- 5:24 – 5:43 : Elle dit avoir essayé d’accélérer dans les portions montantes et roulantes, mais que Lucy Bartholomew était très forte.
- 5:43 – 6:00 : Blandine raconte que Lucy l’a dépassée peu avant Roque de los Muchachos avant qu’elle ne reprenne l’avantage dans la descente.
- 6:07 – 6:19 : L’intervieweuse lui demande si elle croyait encore possible de repasser devant Lucy dans la descente.
- 6:19 – 6:38 : Blandine répond que oui, et raconte s’être dit : “Blandine, tu n’as qu’une seule solution”.
- 6:29 – 6:38 : Elle utilise ensuite une expression française très forte : “mettre le cerveau à l’extérieur de la tête”.
- 6:38 – 6:48 : Elle explique qu’elle a alors attaqué la descente “très vite”, “comme une folle”, et en prenant énormément de risques.
- 6:48 – 7:18 : Blandine raconte qu’elle a chuté plusieurs fois dans la descente mais qu’elle se sentait malgré tout très bien techniquement.
- 7:18 – 7:26 : Elle affirme qu’elle savait qu’elle était en train de réaliser une très grosse descente.
- 7:35 – 7:57 : L’intervieweuse lui rappelle qu’elle a repris presque 7 minutes à Lucy Bartholomew dans cette descente géante.
- 7:47 – 7:57 : Blandine répond qu’elle pensait avoir repris seulement 4 ou 5 minutes et reconnaît qu’elle a probablement réalisé “une très bonne descente”.
- 8:06 – 8:15 : L’intervieweuse lui demande si elle avait encore peur du retour de Lucy dans les derniers kilomètres.
- 8:15 – 8:53 : Blandine explique que oui, parce que la fin de course comportait du plat et des montées, des terrains où Lucy semblait très forte.
- 8:15 – 8:38 : Elle raconte avoir demandé à des spectateurs de vérifier les écarts sur le live tracking à Tazacorte.
- 8:45 – 8:53 : Elle explique qu’à ce moment-là, elle commence enfin à croire qu’elle peut gagner.
- 9:02 – 9:19 : Blandine raconte que le dernier kilomètre sur le plat lui a semblé interminable parce qu’elle déteste courir sur le plat.
- 9:19 – 9:36 : Elle explique qu’elle avait envie de marcher, mais qu’elle continuait à courir pour éviter que Lucy Bartholomew ne revienne.
- 9:36 – 9:43 : L’intervieweuse lui dit qu’avec des milliers de spectateurs dans la ligne droite finale, il était impossible de marcher.
- 9:43 – 9:52 : Blandine confirme en riant que c’était exactement ça.
- 9:52 – 10:04 : Elle annonce que son grand objectif de la saison est désormais l’Ultra-Trail du Mont-Blanc.
- 10:07 – 10:31 : Elle explique qu’elle pourrait participer à la Maxi-Race dans trois semaines, surtout comme un gros entraînement avant l’UTMB.
- 10:31 – 10:39 : Blandine conclut en expliquant que toute sa préparation est désormais tournée vers l’UTMB 2026.
Lire aussi
- Lucy Bartholomew : 21 ans, une nouvelle étoile du trail-running est née
- La traileuse française Blandine l’Hirondel est favorite de la Transvulcania 2026 ce week-end
- La meilleure traileuse au monde est française et elle s’appelle Blandine L’Hirondel
- Blandine L’hirondel a assuré en Corse ce week-end !






