Kilian Jornet a livré sur son site une réflexion coup de poing sur l’évolution du trail
Vingt ans après ses débuts, Kilian Jornet revient avec une prise de parole forte sur l’évolution du trail running. Dans une tribune publiée sur son site personnel, il tire la sonnette d’alarme : le trail se transforme en sport élitiste, inaccessible pour les jeunes ou les pratiquants modestes.
« On va vers un sport d’élite et de gens avec de l’argent », résume-t-il avec lucidité.
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Pour Kilian Jornet le trail est maintenant un sport de riches
Des coûts qui explosent : inscriptions, matériel, déplacements
Ce que Kilian Jornet pointe du doigt, c’est l’évolution du profil-type du traileur. Là où, autrefois, le trailer était un montagnard local, amateur de liberté et de baskets trouées, il est aujourd’hui plus âgé, plus fortuné, et prêt à payer cher pour vivre une expérience complète. Inscription à 300, voire 500 euros, matériel obligatoire au coût équivalent, voyages à l’étranger, hôtels… Participer à un ultra devient aussi coûteux qu’un triathlon longue distance.
Les petites courses locales étranglées
Ce modèle économique n’affecte pas que les grandes courses internationales. Il contamine aussi le tissu local. Selon Jornet, les clubs et associations qui organisent des courses modestes ne peuvent plus suivre : hausse du prix des assurances, normes imposées, exigences des coureurs… Résultat : les petites courses disparaissent progressivement du paysage.
Une élite plus diverse… mais une base uniforme
Certes, les podiums des grandes courses sont désormais plus internationaux que jamais. Des coureurs venus d’Afrique ou d’Asie brillent sur les sentiers européens. Mais ce vernis de diversité ne doit pas masquer une réalité moins reluisante : les coureurs amateurs, eux, appartiennent de plus en plus à une même catégorie socioéconomique. Kilian déplore la marginalisation des jeunes, des étudiants, des débutants ou de ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer ni d’accumuler les fameux points de qualification.
Le paradoxe des courses techniques
Autre effet pervers de cette massification : la disparition des parcours techniques. Pour des raisons de sécurité, mais aussi de gestion logistique, les organisateurs tendent à lisser les difficultés, à baliser, sécuriser, standardiser. Résultat : des parcours plus accessibles, mais aussi plus aseptisés.
La contradiction qui dérange : le cas NNormal
De nombreux commentaires sur les réseaux sociaux ont pointé un paradoxe évident : Kilian critique un modèle élitiste, tout en vendant des chaussures et des vêtements à des prix élevés via sa marque NNormal. Si certains défendent la durabilité des produits, d’autres y voient un discours en décalage avec ses actes. « C’est cher, mais ça dure », répondent les fans. « Encore faut-il pouvoir les acheter », rétorquent les sceptiques.
Ce n’est pas la première fois que Kilian Jornet s’enfonce dans ses contradictions.






