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đ§ Alors que les Grands Trails dâAuvergne battent leur plein ce samedi 10 octobre 2026, des images transmises Ă la rĂ©daction de u-Trail montrent plusieurs quads circulant sur un sentier boueux, au milieu de participants engagĂ©s dans la compĂ©tition.
Une situation qui interroge sur le respect des coureurs, leur sécurité et la préservation des chemins naturels.
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Les Grands Trails dâAuvergne se dĂ©roulent les 9 et 10 octobre 2026 dans le massif du Livradois-Forez, avec un dĂ©part et une arrivĂ©e autour du lac dâAubusson-dâAuvergne, dans le Puy-de-DĂŽme.
LâĂ©vĂ©nement rassemble prĂšs de 5 200 participants rĂ©partis sur six Ă©preuves, allant du Speed Trail de 16 kilomĂštres Ă lâIntĂ©gral de 175 kilomĂštres, avec environ 7 000 mĂštres de dĂ©nivelĂ© positif.
Parmi les formats les plus exigeants figurent également un ultra-trail de 130 kilomÚtres et une course de 80 kilomÚtres. Durant tout le week-end, les participants évoluent sur les sentiers auvergnats, parfois dans des conditions rendues difficiles par la pluie et la boue.
Photo uTrail du 10 octobre de quads sur le parcours des Grands Trails d’Auvergne

Des quads sur les Grands Trails dâAuvergne
Câest dans ce contexte que lâune de nos sources, prĂ©sente sur lâĂ©vĂ©nement, nous a transmis des images montrant plusieurs quads motorisĂ©s empruntant un chemin particuliĂšrement Ă©troit, alors que des traileurs sont encore en course.
Sur la photographie, on distingue au moins deux quads, dont les conducteurs sont casqués, ainsi que plusieurs coureurs évoluant sur le cÎté du sentier. Le sol est détrempé, marqué par des orniÚres, et le passage disponible paraßt limité.
Selon notre source, les participants visibles seraient engagĂ©s sur lâune des deux plus longues distances, 130 ou 175 kilomĂštres, sans quâil soit possible de dĂ©terminer prĂ©cisĂ©ment laquelle Ă partir des images.
Il reste Ă©galement Ă Ă©tablir si les quads participaient Ă une randonnĂ©e indĂ©pendante ou sâils avaient un lien avec lâorganisation de lâĂ©vĂ©nement. Mais quelle que soit leur prĂ©sence sur ce chemin, la scĂšne pose une question essentielle : comment peut-on laisser des coureurs et des vĂ©hicules motorisĂ©s se croiser dans de telles conditions ?
En quoi est-ce un manque de respect pour les traileurs en course ?
Participer Ă un ultra-trail de 130 ou 175 kilomĂštres demande plusieurs mois de prĂ©paration, un investissement financier et une rĂ©sistance physique considĂ©rable. Certains participants passent plus de vingt heures sur les sentiers, enchaĂźnant les montĂ©es, les descentes et les portions techniques, avec une fatigue qui sâaccumule au fil des kilomĂštres.
Ă ce niveau dâeffort, chaque difficultĂ© supplĂ©mentaire compte. Et lorsquâun coureur doit composer avec le passage dâun vĂ©hicule motorisĂ© sur un chemin Ă©troit et boueux, ce nâest plus seulement une question de confort.
Sur les images transmises Ă u-Trail, les traileurs se trouvent sur le bord du sentier tandis quâun quad occupe une grande partie du passage. La pente sur le cĂŽtĂ© et lâĂ©tat du sol rendent cette cohabitation particuliĂšrement dĂ©licate.
Pour un participant dĂ©jĂ Ă©prouvĂ©, devoir sâĂ©carter sur un terrain instable peut augmenter le risque de glissade ou de chute. Ă cela sâajoutent les nuisances liĂ©es au bruit des moteurs et aux gaz dâĂ©chappement, qui contrastent fortement avec lâexpĂ©rience recherchĂ©e dans une Ă©preuve de trail.
Bien entendu, les coureurs ne sont pas propriĂ©taires des chemins quâils empruntent. Une compĂ©tition ne leur donne pas automatiquement lâexclusivitĂ© des sentiers. Mais cela ne dispense pas les autres usagers de tenir compte de leur prĂ©sence, particuliĂšrement lorsquâil sâagit dâune manifestation sportive annoncĂ©e et balisĂ©e.
Le respect ne consiste pas à revendiquer la priorité à tout prix, mais à adapter son comportement à la situation. Et sur un passage aussi étroit, face à des participants engagés dans un effort de longue durée, cette attention devrait aller de soi.
Provocation ou simple coĂŻncidence : pourquoi circuler en quad pendant un ultra-trail ?
Câest justement cette absence apparente de considĂ©ration qui peut donner Ă la scĂšne une dimension provocatrice. Pourquoi circuler Ă plusieurs quads sur un chemin empruntĂ© au mĂȘme moment par les participants dâune grande compĂ©tition de trail ?
Il serait excessif dâaffirmer que les conducteurs cherchaient dĂ©libĂ©rĂ©ment Ă provoquer les coureurs. Les images ne permettent pas de connaĂźtre leurs intentions, ni de savoir sâils avaient Ă©tĂ© informĂ©s de la course. Il est tout Ă fait possible que les deux activitĂ©s se soient croisĂ©es par hasard, sur un chemin habituellement partagĂ© entre plusieurs catĂ©gories dâusagers.
Mais une rencontre fortuite nâempĂȘche pas de faire preuve de bon sens.
Lorsquâun groupe de vĂ©hicules motorisĂ©s arrive face Ă des personnes Ă pied sur une portion Ă©troite et dĂ©gradĂ©e, chacun devrait chercher Ă faciliter le passage des autres. Un conducteur de quad peut ralentir, sâarrĂȘter quelques instants ou attendre quâun groupe de coureurs franchisse une zone dĂ©licate.
La photographie ne permet pas de dĂ©terminer si ces prĂ©cautions ont Ă©tĂ© prises avant ou aprĂšs lâinstant capturĂ©. Elle illustre nĂ©anmoins une situation qui aurait pu devenir dangereuse en cas de mauvaise manĆuvre, de perte dâadhĂ©rence ou de chute.
Faut-il vraiment attendre un accident pour considĂ©rer que la circulation simultanĂ©e de quads et dâultra-traileurs sur certains passages pose un problĂšme ?
La question mĂ©rite aussi dâĂȘtre posĂ©e aux organisateurs et aux gestionnaires des chemins concernĂ©s. Ătaient-ils informĂ©s de cette circulation motorisĂ©e ? Des dispositions particuliĂšres avaient-elles Ă©tĂ© prĂ©vues pour Ă©viter les croisements sur les portions les plus difficiles ?
Ă ce stade, nous ne disposons pas de ces rĂ©ponses. Mais cet Ă©pisode montre Ă quel point la cohabitation entre les diffĂ©rentes pratiques de pleine nature peut devenir problĂ©matique lorsquâelle nâest pas suffisamment anticipĂ©e.
Ăcologie : les quads ont-ils leur place sur des sentiers dĂ©jĂ fragilisĂ©s ?
Au-delĂ de la sĂ©curitĂ© des participants, cette scĂšne soulĂšve une autre question, tout aussi importante : celle de lâĂ©tat de nos chemins et de la responsabilitĂ© de ceux qui les empruntent.
Le Livradois-Forez est un territoire de forĂȘts, de reliefs et de sentiers naturels qui constitue un formidable terrain de jeu pour les amateurs de trail, de randonnĂ©e et dâactivitĂ©s de pleine nature. Mais cet environnement, aussi vaste puisse-t-il paraĂźtre, reste fragile.
Sur les images transmises Ă u-Trail, le chemin apparaĂźt particuliĂšrement boueux, avec des orniĂšres bien visibles. Les quads circulent sur une surface dĂ©jĂ dĂ©gradĂ©e par lâhumiditĂ© et les passages rĂ©pĂ©tĂ©s.
Une photographie ne permet Ă©videmment pas dâattribuer ces dĂ©gradations aux vĂ©hicules prĂ©sents. Elles peuvent rĂ©sulter de passages antĂ©rieurs, de la mĂ©tĂ©o ou dâautres usages du chemin.
En revanche, les effets du passage rĂ©pĂ©tĂ© dâengins motorisĂ©s sur des sols dĂ©trempĂ©s sont bien connus. Le poids des vĂ©hicules et lâaction des roues peuvent accentuer les orniĂšres, compacter les sols et favoriser le ruissellement de lâeau.
Ces dĂ©gradations ne disparaissent pas nĂ©cessairement lorsque la pluie sâarrĂȘte. Un chemin profondĂ©ment creusĂ© peut rester difficile Ă emprunter pendant plusieurs semaines, voire davantage. Les randonneurs et les traileurs sont alors tentĂ©s de contourner les portions impraticables, ce qui contribue parfois Ă Ă©largir progressivement les sentiers et Ă piĂ©tiner la vĂ©gĂ©tation voisine.
Il serait toutefois injuste de présenter les pratiquants de trail comme totalement exempts de responsabilité environnementale. Une compétition réunissant plusieurs milliers de personnes exerce elle aussi une pression sur les milieux naturels, notamment par le piétinement, les déplacements et les déchets éventuels.
Mais tous les usages nâont pas le mĂȘme impact. Entre une personne qui progresse Ă pied et un vĂ©hicule motorisĂ© qui traverse un chemin boueux, les contraintes exercĂ©es sur le terrain sont diffĂ©rentes.
Ă lâheure oĂč les organisateurs de trails doivent intĂ©grer des exigences environnementales de plus en plus importantes, il paraĂźt donc cohĂ©rent de sâinterroger Ă©galement sur la place des activitĂ©s motorisĂ©es dans les espaces naturels sensibles.
La pratique du quad nâest dâailleurs pas systĂ©matiquement interdite sur les chemins ruraux. Sa lĂ©galitĂ© dĂ©pend notamment du statut de la voie, de son ouverture Ă la circulation et des Ă©ventuelles restrictions locales. Rien, dans les photographies reçues, ne permet dâaffirmer que les conducteurs Ă©taient en infraction.
Mais la lĂ©galitĂ© dâune pratique ne suffit pas toujours Ă rĂ©pondre Ă la question de son opportunitĂ©, surtout lorsque les conditions mĂ©tĂ©orologiques ont dĂ©jĂ fragilisĂ© les chemins.
Les sentiers appartiennent Ă tout le monde, mais le respect devrait ĂȘtre partagĂ©
Câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que se trouve le fond du problĂšme. DerriĂšre cet Ă©pisode survenu pendant les Grands Trails dâAuvergne se dessine une question beaucoup plus large : comment faire cohabiter des activitĂ©s qui nâont ni le mĂȘme rythme, ni les mĂȘmes contraintes, ni les mĂȘmes consĂ©quences sur lâenvironnement ?
Traileurs, randonneurs, vĂ©tĂ©tistes, chasseurs, cavaliers et conducteurs de vĂ©hicules motorisĂ©s frĂ©quentent parfois les mĂȘmes espaces. Chacun dĂ©fend ses habitudes, ses libertĂ©s et sa maniĂšre de profiter de la nature.
Cette diversitĂ© des pratiques nâa rien de problĂ©matique en soi. Elle devient source de tensions lorsque certains usagers ont le sentiment que leur sĂ©curitĂ©, leur tranquillitĂ© ou leur activitĂ© passent systĂ©matiquement aprĂšs celles des autres.
Une compĂ©tition de trail ne privatise pas automatiquement les chemins quâelle emprunte. Inversement, disposer du droit dây circuler en vĂ©hicule motorisĂ© ne dispense pas de prudence et de courtoisie.
Le respect doit fonctionner dans les deux sens. Les coureurs doivent accepter de partager certains passages, ralentir lorsque la situation lâexige et rester attentifs aux autres usagers. Mais les conducteurs dâengins motorisĂ©s doivent Ă©galement mesurer les contraintes imposĂ©es aux personnes qui Ă©voluent Ă pied.
Sur un chemin Ă©troit, glissant et dĂ©jĂ trĂšs frĂ©quentĂ©, ce principe prend une importance particuliĂšre. La diffĂ©rence de vitesse, de poids et d’encombrement entre un quad et un traileur rend la vigilance indispensable.
Voir des ultra-traileurs contraints de composer avec plusieurs quads dans de telles conditions donne une image regrettable de la cohabitation en pleine nature. Et rappelle que les conflits dâusage ne se rĂšglent pas uniquement par des rĂšglements, mais aussi par le comportement de chacun.
ĂCOLOGIE : des frontales rouges obligatoires Ă l’UTMB pour protĂ©ger la faune⊠et pendant ce temps, des quads sur les sentiers
En 2026, l’UTMB a rendu obligatoire l’utilisation d’une lumiĂšre rouge sur une portion de son parcours traversant la rĂ©serve naturelle des Contamines-Montjoie, afin de limiter les perturbations de la faune sauvage. Une mesure qui a mĂȘme conduit Petzl Ă dĂ©velopper un filtre rouge spĂ©cifique pour ses frontales.
Et pendant ce temps, sur les Grands Trails d’Auvergne, les images transmises Ă u-Trail montrent plusieurs quads circulant sur un sentier boueux, au milieu de coureurs.
Difficile de ne pas relever le contraste : on en arrive à réglementer la couleur de la lumiÚre des frontales pour préserver les animaux, tandis que des véhicules motorisés circulent sur les chemins empruntés par les traileurs.
Cela ne signifie pas que les conducteurs photographiés étaient en infraction. Mais cette juxtaposition pose une véritable question de cohérence dans notre maniÚre de protéger les espaces naturels.
En rĂ©sumĂ©, la montagne nâest pas un circuit de quad
Ce qui nous dĂ©range dans ces images, ce nâest pas lâexistence du quad comme loisir. Câest ce quâelles symbolisent.
Dâun cĂŽtĂ©, des hommes et des femmes qui avancent Ă la force de leurs jambes depuis des heures, parfois depuis la veille, sur des chemins rendus difficiles par la mĂ©tĂ©o. De lâautre, des engins motorisĂ©s qui occupent une grande partie dâun passage dĂ©jĂ malmenĂ© par la boue.
Et au milieu, cette question : est-il devenu si compliquĂ© de faire preuve dâun minimum de considĂ©ration pour les autres ?
Personne ne demande que les forĂȘts soient rĂ©servĂ©es aux traileurs. Personne ne prĂ©tend non plus que les sportifs Ă pied seraient les seuls Ă aimer la nature. Mais lorsquâune grande compĂ©tition rassemble plusieurs milliers de participants, il devrait ĂȘtre possible dâanticiper les situations dans lesquelles les diffĂ©rents usages risquent de se gĂȘner, voire de se mettre mutuellement en danger.
Les conducteurs photographiĂ©s avaient peut-ĂȘtre parfaitement le droit de circuler Ă cet endroit. Leur prĂ©sence Ă©tait peut-ĂȘtre autorisĂ©e, voire liĂ©e Ă une mission prĂ©cise. Nous ne disposons pas des Ă©lĂ©ments permettant de trancher.
Pour autant, cela nâempĂȘche pas de poser la question du bon sens.
Nos sentiers ne sont pas des espaces illimitĂ©s dans lesquels chaque activitĂ© peut sâimposer aux autres sans consĂ©quence. Ils constituent un patrimoine naturel commun, dont lâentretien et la prĂ©servation concernent tout le monde.
Ă lâheure oĂč les Grands Trails dâAuvergne cĂ©lĂšbrent lâeffort, lâendurance et lâattachement aux grands espaces, ces images rappellent finalement une Ă©vidence : aimer la nature, câest aussi respecter ceux qui la parcourent autrement que nous.
Et parfois, quelques secondes de patience valent beaucoup mieux quâun grand coup dâaccĂ©lĂ©rateur.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.
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