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🎧 À Chamonix, il n’y a pas que le trail et l’ultra-trail. Capitale mondiale de l’alpinisme, la vallée du Mont-Blanc attire aussi des passionnés de sports extrêmes, prêts à évoluer sur des terrains particulièrement engagés. Parapente, ski de pente raide, alpinisme ou speed riding : la montagne est ici un immense terrain d’aventure, mais elle peut aussi devenir le théâtre de drames.
Vendredi 9 octobre 2026, un jeune homme de 23 ans a perdu la vie dans la face nord de l’aiguille du Midi alors qu’il pratiquait le speed riding, une discipline qui associe le ski et le vol sous une petite voile. Sa disparition provoque une vive émotion et rappelle combien la passion de la montagne peut être difficile à comprendre pour ceux qui ne la partagent pas.
COMPRENDRE : comment peut-on mourir en speed riding ?
Le speed riding est une discipline qui combine le ski et le parapente. Équipé de skis et d’une petite voile, le sportif descend une pente enneigée en alternant les phases de glisse sur la neige et les phases de vol dans les airs.
Le danger existe donc aussi bien sur la neige que dans les airs. Une perte de contrôle de la voile, une collision avec une paroi rocheuse, une avalanche ou une erreur de trajectoire peuvent entraîner une chute mortelle. Sur des pentes extrêmement raides, il suffit parfois d’un déséquilibre pour provoquer une chute de plusieurs centaines de mètres.
Dans le cas du jeune homme de 23 ans décédé à Chamonix le 9 octobre 2026, personne n’a assisté à l’accident. Les secouristes ignorent donc s’il était en train de skier ou de voler au moment du drame. Plusieurs hypothèses sont envisagées, notamment une avalanche, un problème de voile ou une mauvaise visibilité, mais aucune n’a été confirmée.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il n’est pas nécessaire de tomber de très haut dans les airs pour se tuer en speed riding : une chute sur une pente de montagne particulièrement exposée peut suffire.
Un jeune homme de 23 ans retrouvé mort dans la face nord de l’aiguille du Midi
Le drame s’est produit vendredi 9 octobre, dans l’après-midi, au-dessus de Chamonix, en Haute-Savoie. La victime, un Français âgé de 23 ans et originaire de la région du Mont-Blanc, participait à une sortie de speed riding avec plusieurs compagnons.
Alors que ses amis avaient rejoint le lieu d’atterrissage convenu, le jeune homme manquait à l’appel. Inquiets de ne pas le voir arriver, ils ont contacté les secours aux alentours de 14 heures.
Le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix a immédiatement engagé des recherches dans le secteur. Les secouristes ont finalement découvert le corps du jeune sportif dans la face nord de l’aiguille du Midi, un secteur particulièrement abrupt et exposé.
L’hélicoptère de la gendarmerie Choucas 74 a permis de récupérer la dépouille, ensuite transportée à la base des Bois, à Chamonix.
Selon les informations rapportées par Le Dauphiné Libéré, personne n’a directement assisté à l’accident.
Avalanche, problème de voile ou mauvaise visibilité : les circonstances restent inconnues
À ce stade, les circonstances exactes de la chute mortelle n’ont pas été déterminées.
Plusieurs hypothèses sont évoquées par les secouristes. La présence de neige fraîche, tombée la veille, pourrait avoir favorisé un départ d’avalanche. Un problème avec la voile constitue également une possibilité.
Les conditions météorologiques pourraient aussi avoir joué un rôle. Des nuages ont régulièrement enveloppé l’aiguille du Midi, réduisant potentiellement la visibilité et compliquant la lecture du terrain.
Cependant, aucune de ces pistes n’est confirmée. Il serait donc prématuré d’attribuer l’accident à une erreur humaine, à la météo ou à une défaillance du matériel.
Le speed riding, une discipline extrême entre ski et parapente
Moins connu du grand public que le trail ou l’alpinisme, le speed riding attire des sportifs qui recherchent une autre manière d’évoluer en haute montagne.
Le principe consiste à descendre une pente enneigée à skis tout en utilisant une petite voile permettant de décoller, de franchir certains obstacles et de retrouver ensuite le contact avec la neige.
Contrairement au parapente traditionnel, l’objectif n’est pas nécessairement de rester longtemps dans les airs. Le speed rider alterne les phases de glisse et de vol, souvent dans des environnements où la marge d’erreur est extrêmement réduite.
La face nord de l’aiguille du Midi est justement l’un de ces terrains où la technicité est essentielle. Les pentes y sont raides, le relief impressionnant et les conditions peuvent évoluer rapidement.
Cette discipline impose donc une excellente maîtrise du pilotage, du ski, mais aussi une connaissance précise des risques propres à la haute montagne.
« Qui n’est pas passionné, ne peut pas comprendre » : une réaction qui résume le rapport au risque
À la suite de l’annonce du décès sur la page Facebook du Dauphiné Libéré Savoie, un internaute a résumé le drame en quelques mots : « Les risques du plaisir ».
Une autre personne lui a répondu :
« Qui n’est pas passionné de speed riding ne peut pas comprendre … grande tristesse »
Avant d’adresser ses condoléances aux proches du jeune homme.
Cette réaction dit beaucoup du rapport particulier que les passionnés de sports de montagne entretiennent avec le risque.
Pour un observateur extérieur, s’engager sur une pente aussi exposée peut sembler difficilement compréhensible. Pourquoi prendre de tels risques pour quelques minutes de descente ? Pourquoi rechercher volontairement des situations dans lesquelles une erreur peut avoir des conséquences irréversibles ?
Mais pour ceux qui pratiquent le speed riding, comme pour certains alpinistes ou ultra-traileurs engagés dans des aventures extrêmes, l’expérience ne se résume pas à une recherche de sensations fortes.
Il y a aussi la maîtrise technique, la connaissance du milieu, le sentiment de liberté et cette relation intime avec la montagne qui pousse certains sportifs à consacrer une grande partie de leur existence à leur passion.
Cela ne signifie pas que le danger disparaît ou qu’il doit être banalisé. Simplement, le risque n’est pas toujours perçu de la même façon par celui qui pratique et par celui qui regarde.
En résumé, c’est une nouvelle tragédie dans un secteur déjà endeuillé
Ce décès intervient quelques mois seulement après un autre accident mortel dans le même secteur.
Le 26 avril 2026, un Américain de 35 ans avait perdu la vie dans la face nord de l’aiguille du Midi. D’après les témoignages recueillis à l’époque, il avait perdu le contrôle de sa voile avant de chuter. Son corps avait été retrouvé environ 1 000 mètres plus bas.
En mai 2025, un jeune sportif de 20 ans avait également trouvé la mort sur cette montagne, après une chute d’environ 1 000 mètres sous les yeux de ses compagnons.
Ces accidents rappellent que le speed riding, malgré la progression des équipements et des techniques, reste une pratique dans laquelle les conséquences d’un incident peuvent être dramatiques.
La montagne ne fait pas de distinction entre un sportif expérimenté et un débutant. Et même avec une préparation sérieuse, une bonne connaissance du terrain et du matériel adapté, le risque zéro n’existe pas.
Source
Le Dauphiné Libéré, 9 octobre 2026. Citation issue des commentaires Facebook publiés sous l’article du Dauphiné Libéré Savoie.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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