🎧 Au moment où nous rédigeons cet article, les annulations de compétitions liées à la chaleur se multiplient.
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Depuis l’annulation de plusieurs compétitions en raison de la canicule, les réactions sont souvent les mêmes. Beaucoup de sportifs dénoncent un excès de précaution et avancent immédiatement ce type exemple : « Au Marathon des Sables, ils courent bien par 50 °C. Pourquoi nous empêcher de courir en France ? »
À première vue, l’argument paraît imparable. Pourtant, il compare deux situations qui n’ont pratiquement rien en commun. Le Marathon des Sables n’est pas une course classique disputée malgré la chaleur. C’est une épreuve entièrement conçue pour évoluer dans un environnement désertique, avec une préparation, une organisation et des mesures de sécurité qui n’ont rien à voir avec celles d’un trail ou d’un marathon traditionnel.
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Le Marathon des Sables est conçu pour le désert
Le Marathon des Sables ne ressemble à aucune autre course.
Depuis sa création, les participants savent qu’ils vont courir plusieurs jours dans le Sahara marocain, avec des températures pouvant dépasser les 40 °C, et parfois davantage lors des journées les plus chaudes.
Toute l’épreuve est pensée en fonction de cette réalité.
Les horaires de départ, les ravitaillements, les postes médicaux, la logistique, le matériel obligatoire et même les stratégies de course sont construits autour d’un objectif : limiter autant que possible les effets de la chaleur.
Autrement dit, les organisateurs ne font pas comme si les températures extrêmes n’existaient pas. Ils bâtissent toute l’épreuve en tenant compte de ce risque.
Les participants se préparent pendant des mois
Les concurrents ne débarquent pas au départ du Marathon des Sables en espérant simplement « tenir ».
La plupart suivent pendant plusieurs mois une préparation spécifique.
Ils s’habituent progressivement à courir avec un sac chargé, modifient leur alimentation, travaillent leur hydratation et cherchent parfois à s’acclimater à la chaleur.
Même avec cette préparation, le Marathon des Sables reste considéré comme l’une des courses les plus exigeantes au monde.
Personne ne prétend que la chaleur n’est pas un problème. Au contraire, elle fait partie intégrante de la difficulté.
Malgré tout, les risques restent bien réels et il y des décès presque tous les ans
Cette préparation ne supprime pas les dangers. Chaque année, des dizaines de participants abandonnent à cause de la fatigue, de la déshydratation ou des blessures.
Au fil de son histoire, le Marathon des Sables a également connu plusieurs décès, malgré un dispositif médical particulièrement important. Ce constat est essentiel.
Si une organisation aussi expérimentée, avec un dispositif médical hors norme, considère que la chaleur constitue un risque majeur, comment imaginer qu’une course classique en France puisse faire comme si cette nouvelle réalité climatique n’existait pas ??
Une course dans le désert ne peut pas servir de comparaison
C’est probablement l’erreur la plus fréquente.
Comparer le Marathon des Sables à un trail français revient à comparer un rallye du Dakar avec un trajet quotidien sur autoroute.
Le Marathon des Sables est une aventure volontairement organisée dans un environnement extrême. Les participants connaissent les risques, les acceptent et s’y préparent spécifiquement.
À l’inverse, un trail ou un marathon en France n’est pas conçu pour être disputé sous des températures exceptionnellement élevées.
Les organisateurs, les secours et les collectivités n’ont ni les mêmes contraintes ni les mêmes moyens.
En résumé, citer le Marathon des Sables pour dénoncer les annulations de courses en France est sans doute le pire exemple possible.
D’abord parce qu’il s’agit d’une épreuve conçue depuis plus de quarante ans pour évoluer dans un environnement désertique, avec une préparation spécifique, un règlement adapté et un dispositif médical hors norme. Ensuite parce que cette course n’a jamais prétendu que la chaleur n’était pas dangereuse. Bien au contraire, toute son organisation repose sur la gestion permanente de ce risque.
Enfin, le Marathon des Sables soulève aujourd’hui une autre question, tout aussi importante : celle de sa cohérence environnementale. Faire venir plus d’un millier de coureurs du monde entier en avion pour courir dans le désert représente une empreinte carbone considérable. Nous avons d’ailleurs consacré un éditorial entier à ce sujet il y a quelques mois.
Autrement dit, utiliser le Marathon des Sables pour expliquer qu’il faudrait courir coûte que coûte malgré les canicules revient à choisir un exemple qui cumule précisément toutes les problématiques actuelles : chaleur extrême, sécurité des participants et impact environnemental.
Le débat mérite mieux que des comparaisons simplistes. Car ce que montre réellement le Marathon des Sables, ce n’est pas que l’homme peut courir sans limite sous la chaleur. C’est qu’à partir d’un certain niveau de risque, tout doit être pensé, adapté et organisé autour de cette contrainte.
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