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🎧 Un coureur suisse suspendu âgé 39 ans, qui rêvait de participer aux Jeux olympiques sous les couleurs de la Suisse, a été sanctionné de 3 ans de suspension pour comportement antisportif. En cause : des chronos jugés invraisemblables, des photographies manquantes et des soupçons de raccourcis sur plusieurs semi-marathons internationaux. Le coureur conteste fermement les accusations.
Dans une course sur route, le chronomètre fait généralement foi. Mais encore faut-il être certain que les 21,1 km d’un semi-marathon ont réellement été parcourus. En Suisse, une affaire de tricherie présumée vient rappeler que les performances peuvent aussi être examinées à travers les temps intermédiaires, les images prises sur le parcours et les témoignages d’autres concurrents.
Au centre du dossier figure Adam S., un coureur de 39 ans installé en Suisse, dont l’identité complète n’a pas été rendue publique par le média suisse Watson. Après une enquête menée par Swiss Sport Integrity, le Tribunal du sport suisse l’a reconnu coupable de comportement antisportif et lui a infligé une suspension de 3 ans.
La décision, révélée en mars 2026, repose sur un ensemble d’indices concernant notamment les semi-marathons de Berlin en 2022 et de Barcelone en 2023.
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Les ambitions d’Adam S… coureur suisse suspendu
Avant cette affaire, Adam S. était connu dans le milieu de la course à pied suisse pour ses résultats et son investissement dans l’entraînement.
Originaire d’Afrique du Nord, il s’était installé en Suisse en 2015 avec l’ambition de progresser jusqu’au plus haut niveau international. Son objectif était notamment de pouvoir un jour participer aux Jeux olympiques sous les couleurs de son pays d’adoption.
Pour y parvenir, il s’imposait un programme particulièrement exigeant, pouvant atteindre 180 km de course à pied par semaine.
En 2017, il avait remporté son premier marathon. Il s’était également illustré sur plusieurs courses populaires suisses avant de réaliser des performances remarquées sur des semi-marathons européens.
À Berlin, en 2022, il avait ainsi terminé en un peu plus de 1 h 02. Deux ans plus tard, à Barcelone, il avait signé un temps légèrement supérieur à 1 h.
Mais ces résultats ont progressivement suscité des interrogations, notamment en raison de ses accélérations dans les derniers kilomètres.
Les irrégularités relevées
Un rythme qui correspondrait à un semi-marathon en 56 min 16 s
L’un des éléments les plus troublants du dossier concerne les temps intermédiaires enregistrés par le coureur.
Sur une course disputée en 2024, sa vitesse dans la seconde partie de l’épreuve aurait été tellement élevée que, si elle avait été maintenue sur l’ensemble des 21,1 km, elle aurait correspondu à un semi-marathon bouclé en 56 min 16 s.
Un chiffre considérable, puisqu’il aurait été inférieur au record du monde masculin en vigueur à cette époque.
Cette observation ne signifie évidemment pas qu’Adam S. a officiellement réalisé un tel chrono. Il s’agit d’une extrapolation calculée à partir de son allure sur une portion de course.
Mais cette différence entre ses temps intermédiaires a constitué l’un des éléments ayant conduit les enquêteurs à remettre en question la cohérence de ses performances.
L’ancien marathonien suisse Viktor Röthlin, champion d’Europe en 2010, a été sollicité pour examiner les données. Son analyse a notamment porté sur l’évolution des performances du coureur et sur la plausibilité de ses accélérations.
Ses conclusions ont renforcé les soupçons déjà formulés.
À Berlin, il disparaît de 4 points photographiques
L’enquête ne s’est pas limitée aux chronomètres.
Les organisateurs des grandes courses sur route disposent généralement de plusieurs dispositifs permettant de reconstituer le passage des participants : tapis de chronométrage, photographies automatiques et enregistrements vidéo.
Dans le cas d’Adam S., l’analyse du semi-marathon de Berlin 2022 a révélé une anomalie particulière.
Alors que son passage était documenté jusqu’au 15e kilomètre, le coureur n’apparaissait sur aucune des photographies prises à 4 emplacements situés entre les kilomètres 16,8 et 19,4.
Il réapparaissait ensuite à proximité de l’arrivée, au kilomètre 20,8.
Autre élément relevé : il ne portait plus de dossard visible sur les photographies prises à cet endroit.
Ces absences ont alimenté l’hypothèse selon laquelle il aurait quitté temporairement le parcours avant de le rejoindre plus loin.
Un autre coureur suisse, Adrian Lehmann, avait également été entendu durant l’enquête. Il avait expliqué avoir dépassé Adam S. pendant la course, sans le voir ensuite le doubler à nouveau, alors que celui-ci figurait finalement devant lui au classement.
Ces éléments ne constituent pas, pris séparément, une preuve directe de tricherie. Mais leur accumulation a pesé dans l’appréciation du tribunal.
À Barcelone, un raccourci possible au niveau d’un demi-tour
Le semi-marathon de Barcelone 2023 a également été examiné.
Sur une portion de l’avenue Diagonal, les coureurs devaient poursuivre jusqu’à un point de demi-tour avant de revenir sur la voie opposée.
Or, les deux sens de circulation n’étaient séparés que par un espace central relativement étroit.
Une spectatrice affirme avoir vu Adam S. changer de direction avant d’atteindre le point de retournement prévu.
Un tel raccourci aurait permis de réduire la distance réellement parcourue, tout en conservant une vitesse apparente particulièrement élevée sur les relevés de chronométrage.
Là encore, le témoignage a été rapproché d’anomalies dans les données de course.
L’Athletics Integrity Unit (AIU), l’organisme chargé de l’intégrité de l’athlétisme international, a été associée aux investigations. Des éléments suspects ont également été relevés concernant un semi-marathon disputé à Valence.
Le coureur nie toute tricherie
Adam S. rejette les accusations portées contre lui.
Il estime que la décision repose sur des soupçons et que les éléments présentés pour sa défense n’ont pas été suffisamment pris en compte.
Pour expliquer ses performances, il évoque notamment ses méthodes d’entraînement, ses stages effectués au Kenya et sa capacité à accélérer dans la seconde moitié des courses.
Il considère également que les analyses de son évolution sportive ne tiennent pas suffisamment compte de son parcours personnel et des périodes pendant lesquelles il avait été empêché de s’entraîner normalement.
Le coureur a par ailleurs évoqué la possibilité que les accusations soient liées à son projet d’obtenir la nationalité suisse et de pouvoir, à terme, prétendre à une sélection nationale.
Ces affirmations correspondent à sa version des faits et ne remettent pas, à ce stade, en cause l’existence de la sanction prononcée.
Pourquoi la suspension de 3 ans est particulièrement lourde
Swiss Sport Integrity avait initialement demandé une suspension de 8 ans.
Le Tribunal du sport suisse a finalement retenu une durée de 3 ans, après avoir estimé qu’il existait une probabilité suffisamment importante que le coureur ait raccourci les parcours de Berlin et de Barcelone.
L’originalité de cette affaire tient à la nature de l’infraction sanctionnée.
Il ne s’agit pas d’un dossier de dopage, mais d’un manquement aux règles d’éthique sportive.
Pour un athlète qui espérait encore poursuivre sa carrière internationale, une telle sanction représente un coup d’arrêt majeur.
En résumé, au-delà du cas individuel, cette décision pose une question importante pour les organisateurs de courses à pied.
Un classement officiel garantit-il toujours qu’un participant a effectué la totalité du parcours ?
Les grandes compétitions utilisent des systèmes de chronométrage de plus en plus précis, mais ces dispositifs ne permettent pas nécessairement de suivre chaque mètre parcouru.
Cette problématique existe également en trail, où les parcours traversent parfois des zones isolées et où les itinéraires peuvent comporter de nombreux changements de direction.
Les points de contrôle, les puces électroniques et les traces GPS constituent autant de moyens de vérification, sans pour autant offrir une surveillance continue et infaillible de chaque concurrent.
L’affaire suisse démontre aussi qu’une enquête peut être déclenchée plusieurs années après une compétition, lorsque des données sportives et des témoignages sont confrontés.
Elle rappelle enfin qu’un chrono exceptionnel ne suffit pas, à lui seul, à établir une tricherie : ce sont les circonstances de la performance et la convergence des éléments recueillis qui peuvent conduire à une sanction.
Dans le cas d’Adam S., le tribunal a considéré que les indices étaient suffisamment solides pour justifier 3 ans de suspension. Le coureur continue, lui, de défendre son innocence.
Source
- enquête de Simon Häring publiée par Watson Suisse le 6 mars 2026, relayée dans la presse française le 8 novembre 2026.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.









