Video de présentation de la Vortex Race
Vortex Race 2026 : 3 km en tournant autour d’un immeuble
La formule historique de la Vortex Race consiste à courir à l’intérieur du Vortex, bâtiment emblématique du campus lausannois construit à l’occasion des Jeux olympiques de la Jeunesse d’hiver 2020. Sa longue rampe circulaire permet de rejoindre progressivement les étages supérieurs sans emprunter d’escaliers, ce qui a donné aux organisateurs l’idée d’en faire un parcours de course à pied.
Pour l’édition 2026, le règlement prévoit une 3KM Race disputée sous forme de contre-la-montre. Les participants s’élancent par blocs de cinq toutes les quinze secondes et parcourent 2,6 km de coursive intérieure jusqu’au sommet du bâtiment. Une version par équipes ainsi qu’un format Any Pace, chronométré mais sans classement, figurent également au programme.
L’événement s’élargit même cette année avec la Vortex Race Campus, un parcours de 7 km qui traverse d’abord le campus de l’UNIL avant de rejoindre l’ascension finale du Vortex. Cette sixième édition sera par ailleurs la première organisée un week-end, le samedi 17 octobre, alors que la course se déroulait auparavant en semaine.
Le concept reste pourtant difficile à vendre sur le papier à un amoureux des grands espaces : ici, aucun sommet, aucun sentier et aucune succession de paysages. Il faut essentiellement tourner autour du même bâtiment jusqu’à arriver en haut. Lors d’une précédente édition, un étudiant avait trouvé la formule parfaite pour décrire l’expérience : « Il y a un petit côté Vortex où on tourne en rond jusqu’au toit. » Texte collé
Et pourtant, la Vortex Race affiche complet
C’est précisément ce qui rend le phénomène intéressant. Courir plusieurs kilomètres en rond dans un immeuble pourrait sembler franchement absurde, et pourtant les coureurs se ruent sur les inscriptions.
En 2025 déjà, alors que 2 000 participants étaient attendus, l’organisation expliquait avoir dû arrêter les inscriptions plusieurs semaines avant la course. Sa responsable logistique, Sara Vallélian, résumait alors la situation avec une formule devenue particulièrement parlante : « On a dû fermer les inscriptions trois semaines avant la date, donc clairement, on a un succès de dingue. » Texte collé
En 2026, le phénomène prend encore de l’ampleur. L’organisation avait annoncé 2 500 dossards disponibles pour cette sixième édition et indique désormais que la Vortex Race est complète. Les inscriptions avaient ouvert le 1er septembre, ce qui signifie que l’événement a rempli sa capacité en quelques semaines.
Pourquoi les coureurs veulent-ils absolument tourner en rond ?
La réponse tient sans doute moins aux trois kilomètres eux-mêmes qu’à ce qui les entoure. La Vortex Race transforme un bâtiment résidentiel en véritable stade, avec des spectateurs installés tout au long de la rampe et une proximité permanente entre ceux qui courent et ceux qui les encouragent. Lors des éditions précédentes, les étudiants sortaient tables et drapeaux devant leurs logements tandis que les concurrents défilaient à quelques mètres d’eux. Texte collé
Le format coche aussi plusieurs cases du running actuel : une distance courte et accessible, une expérience immédiatement identifiable, un décor que l’on ne retrouve sur aucune autre course et un concept suffisamment étrange pour donner envie de le raconter ensuite.
C’est probablement là que se trouve le paradoxe de la Vortex Race. Sportivement, courir en spirale dans un immeuble pendant trois kilomètres peut sembler parfaitement vain ; événementiellement, c’est précisément cette absurdité qui rend la course désirable.
La compétition reste pourtant bien réelle. En 2024, lorsque l’épreuve comptait encore 1 500 participants, la Suissesse Estelle Perriard avait remporté la course féminine en 9 min 29 s, tandis que le Français Victor Amiot avait signé le meilleur temps masculin en 8 min 03 s. Texte collé
À savoir : le « vertical running », la course à pied dans les immeubles
Courir dans un immeuble, grimper des étages ou avaler des centaines de marches porte un nom : le vertical running, aussi appelé tower running lorsqu’il se pratique dans les escaliers de grandes tours.
Cette discipline transforme les bâtiments en véritables terrains de course, avec des formats qui privilégient la montée, l’effort intense et la répétition des étages. L
a Vortex Race s’en rapproche, même si son parcours présente une particularité importante : les participants progressent surtout sur une rampe en spirale plutôt que dans une cage d’escalier classique.
En résumé, c’est un succès qui en dit beaucoup sur la course à pied actuelle
À mesure que les calendriers se remplissent de trails, de 10 km, de semi-marathons et d’ultras, certaines organisations choisissent de se différencier par le lieu ou par le concept plutôt que par la distance. La Vortex Race pousse cette logique presque jusqu’à la caricature : quelques kilomètres, un seul bâtiment et des coureurs qui tournent en rond.
Mais les chiffres sont difficiles à contester. Après 300 participants lors de la première édition puis 1 500 en 2024 et 2 000 annoncés en 2025, 2 500 dossards ont été proposés en 2026 et l’épreuve est désormais complète.
Ce qui ressemble de loin à une idée complètement débile est donc devenu une course pour laquelle il faut désormais s’y prendre tôt.
Et c’est peut-être justement parce qu’elle n’a aucun équivalent que tout le monde veut la faire.
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