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🎧 Le record du monde lui a longtemps tendu les bras. Pendant plus de 40 kilomètres, Tigst Assefa a couru avec les 2 h 09 min 56 s de Ruth Chepngetich en ligne de mire, au point d’être encore projetée sous cette marque à l’approche du final.
Puis, à environ deux kilomètres de l’arrivée, tout a basculé : son pied gauche l’a trahie, sa foulée s’est désunie et l’Éthiopienne s’est effondrée avant de se relever pour terminer en boitant.
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L’image est forcément cruelle, parce qu’elle intervient au moment précis où la course semblait encore pouvoir entrer dans l’histoire. Assefa n’était pas venue à Berlin simplement pour gagner : elle cherchait à reprendre le record du monde qu’elle avait déjà possédé en 2023, et sa tentative est restée crédible presque jusqu’au bout.
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Le record du monde de marathon était encore à portée après 40 kilomètres
À mi-course, Tigst Assefa était passée en 1 h 04 min 57 s, un chrono parfaitement compatible avec une tentative de record du monde. À 40 km, le suivi officiel affichait encore un passage en 2 h 03 min 00 s et une projection finale autour de 2 h 09 min 44 s.
Autrement dit, à un peu plus de deux kilomètres de l’arrivée, elle évoluait encore virtuellement sous le record mondial de Ruth Chepngetich, fixé à 2 h 09 min 56 s à Chicago en 2024.
C’est précisément ce qui donne autant de relief à cette fin de course : le record n’avait pas été perdu sur une défaillance progressive depuis le 30e kilomètre, mais dans les toutes dernières minutes d’un marathon jusque-là exceptionnel.
Son pied gauche la trahit au pire moment
Dans le dernier tronçon, Assefa commence à montrer des signes de faiblesse au niveau du pied gauche. Sa mécanique se dégrade, son appui devient visiblement douloureux et elle finit par s’effondrer.
Elle repart pourtant, mais sans retrouver une foulée normale. La championne continue en boitant, tandis que le chrono poursuit sa course et que les secondes d’avance virtuelles sur le record disparaissent.
Cette scène résume toute la brutalité du marathon au plus haut niveau : après plus de 40 kilomètres courus à une allure historique, quelques centaines de mètres peuvent suffire à faire basculer une tentative de record mondial.
Une performance qui reste exceptionnelle
Même si le record du monde lui échappe, Tigst Assefa signe une performance majeure et améliore très nettement son ancien record personnel de 2 h 11 min 53 s, établi à Berlin en 2023.
Ce chrono de 2023 avait déjà marqué une rupture dans l’histoire du marathon féminin. À l’époque, Assefa avait pulvérisé le record du monde et était devenue la première femme à courir sous les 2 h 12. Trois ans plus tard, elle montre que ce niveau n’était pas un accident : elle est revenue à Berlin avec l’ambition de courir encore beaucoup plus vite, et elle a tenu cette allure presque jusqu’à la ligne.
La frustration est donc immense, mais elle ne doit pas masquer la qualité de la performance. Assefa a encore repoussé son propre niveau et confirmé qu’elle restait l’une des rares marathoniennes capables d’approcher la barrière des 2 h 10.
Berlin reste au cœur de son histoire
Tigst Assefa entretient une relation particulière avec Berlin. C’est ici qu’elle avait remporté le marathon en 2022, puis qu’elle avait établi son record du monde en 2 h 11 min 53 s en 2023.
Un an plus tard, Ruth Chepngetich lui avait pris ce record à Chicago avec 2 h 09 min 56 s. En revenant à Berlin en 2026, Assefa avait donc l’occasion de reprendre sur le même parcours ce qu’elle avait perdu deux ans plus tôt.
Le scénario semblait presque écrit d’avance. Berlin lui avait offert le record, Chicago le lui avait pris, et Berlin pouvait le lui rendre. Il aura finalement manqué deux kilomètres sans incident pour que cette histoire se referme parfaitement.
Le record très controversé de Ruth Chepngetich reste debout
La référence mondiale reste donc celle de Ruth Chepngetich, avec ses 2 h 09 min 56 s réalisés à Chicago en 2024.
Ce record reste officiellement homologué malgré la suspension ultérieure de la Kényane pour une violation des règles antidopage. Le contrôle positif à l’hydrochlorothiazide avait été enregistré en 2025, plusieurs mois après sa performance de Chicago, ce qui explique pourquoi son chrono n’a pas été annulé.
Assefa avait donc l’occasion de reprendre sportivement un record encore parfaitement valable. Elle est passée tout près de le faire.
En résumé, c’est un résultat plein de panache mais avec beaucoup de regrets
Au-delà du chrono, c’est probablement cette image qui restera de Berlin 2026 : celle d’une athlète encore dans la course au record mondial après 40 kilomètres, puis brutalement stoppée par un pied gauche qui ne répond plus, avant de se relever et de poursuivre malgré la douleur.
Il y a du panache dans cette fin de course, mais aussi une forme de cruauté. Assefa a touché le record du monde du bout des doigts avant de le voir s’échapper dans les derniers instants.
Et c’est peut-être ce qui rend cette performance encore plus marquante : elle ne repart pas avec le record, mais avec la preuve qu’il était réellement à sa portée.
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