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🎧 Depuis plusieurs mois, l’UTMB fait l’objet de critiques récurrentes à Chamonix, notamment sur la saturation de la vallée, le nombre de bénévoles, la présence des marques ou encore l’affluence générée pendant la semaine de course. Mais l’organisation ne valide pas l’ensemble de ces reproches et vient de répondre point par point avec ses propres chiffres.
Si la direction de l’UTMB reconnaît certaines nuisances, en particulier le bruit nocturne et les problèmes de mobilité, elle considère que plusieurs affirmations diffusées ces derniers mois donnent une image exagérée de l’impact réel de l’événement. Sur la fréquentation, les accompagnants, les bénévoles ou encore le nombre de coureurs, l’organisation entend désormais défendre sa version.
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L’UTMB reconnaît certaines nuisances, mais conteste l’idée d’un événement devenu incontrôlable
La position de l’organisation n’est pas de nier tous les problèmes soulevés par les habitants ou par la municipalité de Chamonix. Isabelle Viseux-Poletti, directrice de l’UTMB, reconnaît notamment que certains habitants du centre-ville peuvent être excédés par les animations et les passages de coureurs qui se prolongent tard dans la nuit.
L’organisation admet également qu’un événement de cette ampleur génère nécessairement des nuisances et estime qu’elle doit continuer à travailler sur des sujets concrets comme le bruit, la mobilité ou les concentrations de spectateurs.
En revanche, la direction de l’UTMB se montre beaucoup plus réservée lorsque les critiques portent sur la taille globale de l’événement ou sur la supposée saturation de Chamonix pendant toute la semaine.
La fréquentation pendant l’UTMB ne serait pas la plus élevée de l’année
C’est l’un des arguments avancés par l’organisation pour répondre à ceux qui estiment que Chamonix ne peut plus absorber l’événement.
Selon les données citées par l’UTMB, la fréquentation observée pendant la semaine de course serait légèrement inférieure aux plus importants pics touristiques enregistrés à d’autres moments de l’année dans la vallée.
L’organisation conteste donc l’idée selon laquelle la seule semaine de l’UTMB placerait Chamonix dans une situation de fréquentation totalement exceptionnelle.
Cela ne signifie pas qu’il n’existe aucun problème de concentration à certains endroits ou à certaines heures, mais l’UTMB estime que ces difficultés doivent être distinguées de la fréquentation globale de la vallée.
0,89 accompagnant par coureur selon l’organisation
Autre chiffre mis en avant : celui des accompagnants.
L’UTMB indique qu’un participant vient en moyenne avec 0,89 accompagnant, un chiffre utilisé pour relativiser l’idée selon laquelle les quelque 10 000 coureurs présents sur les différentes épreuves entraîneraient mécaniquement l’arrivée de dizaines de milliers de personnes supplémentaires.
L’organisation rappelle également que l’épreuve reine rassemble environ 2 500 coureurs, tandis que l’ensemble des courses organisées pendant la semaine représente environ 10 000 participants.
Pour l’UTMB, réduire simplement le nombre de dossards ne suffirait donc pas nécessairement à régler les problèmes de fréquentation observés dans certains secteurs de Chamonix.
2 600 bénévoles, et non 20 000
La question des bénévoles fait elle aussi partie des chiffres que l’organisation souhaite corriger.
Selon Isabelle Viseux-Poletti, environ 2 600 bénévoles participent actuellement à l’organisation de la semaine UTMB. La direction réfute ainsi le chiffre de 20 000 bénévoles qui aurait circulé au cours de l’été.
Elle précise également que le nombre de bénévoles n’aurait pas augmenté de manière significative depuis plusieurs années et affirme même disposer d’une liste d’attente de personnes souhaitant participer à l’organisation.
Là encore, l’objectif est clair : répondre à l’idée d’un événement qui aurait continué à grossir de manière incontrôlée sur tous les plans.
L’UTMB reconnaît en revanche l’explosion de la présence des marques
Sur ce sujet, le discours est beaucoup moins défensif.
L’organisation reconnaît que l’écosystème commercial autour de l’UTMB s’est fortement développé ces dernières années. Aujourd’hui, plus d’une centaine de marques seraient actives dans la vallée pendant la semaine de course.
Cette présence dépasse largement les seuls partenaires officiels de l’événement. Boutiques temporaires, événements privés, opérations marketing, animations ou rencontres avec des athlètes se multiplient à Chamonix pendant plusieurs jours.
Mais l’UTMB souligne aussi qu’il ne contrôle pas nécessairement toutes ces initiatives, certaines marques organisant leurs opérations indépendamment de la course et parfois directement sur le domaine public.
C’est l’un des points sur lesquels l’organisation et la mairie devront travailler ensemble, notamment pour déterminer ce qui peut être encadré et dans quelles conditions.
Selon l’UTMB, ce sont surtout les élites qui attirent les foules
L’un des arguments les plus intéressants avancés par l’organisation concerne la provenance réelle de l’affluence.
Selon ses analyses, les plus fortes concentrations de spectateurs ne seraient pas directement liées au nombre total de coureurs mais surtout à la présence des meilleurs traileurs mondiaux.
Les départs, les arrivées et certains points de passage des élites attirent naturellement des foules importantes, indépendamment du nombre de participants amateurs engagés sur les différentes courses.
Cet argument permet à l’UTMB de défendre l’idée qu’une réduction du nombre de coureurs pourrait avoir un effet limité sur la fréquentation globale, si les mêmes stars internationales continuent d’attirer des milliers de personnes à Chamonix.
L’organisation ne prévoit pas de continuer à grossir
Enfin, la direction de l’UTMB assure ne pas avoir pour objectif d’augmenter encore le nombre de participants ou la taille générale de l’événement.
Elle rappelle que les jauges appliquées en 2026 respectaient les autorisations accordées et considère l’événement comme correctement dimensionné par rapport aux espaces disponibles.
Pour autant, l’organisation accepte désormais de discuter avec la municipalité sur plusieurs évolutions possibles, notamment concernant les flux de spectateurs, le bruit, la mobilité ou la présence des marques.
En résumé, l’UTMB ne nie pas tous les problèmes soulevés à Chamonix, mais refuse également d’endosser l’ensemble des critiques formulées ces derniers mois.
L’organisation reconnaît certaines nuisances concrètes et accepte d’engager des changements, tout en contestant plusieurs chiffres et interprétations utilisés pour décrire son impact.
Avec 0,89 accompagnant par coureur, 2 600 bénévoles, une fréquentation qui ne serait pas supérieure aux plus gros pics touristiques de l’année et une affluence largement tirée par les élites, l’UTMB cherche désormais à replacer le débat sur des données qu’il estime plus proches de la réalité.
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