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🎧 La PICaPICA est déjà une épreuve à part dans le paysage du trail français.
Organisée à Auzat, en Ariège, au cœur du massif du Montcalm, elle propose 109 km et environ 11 500 mètres de dénivelé positif, avec plusieurs passages en haute montagne et quatre sommets à plus de 3 000 mètres. Ce week-end, la difficulté va encore monter d’un cran : face à la chaleur et surtout au risque d’orages annoncé samedi après-midi, l’organisation du Challenge du Montcalm a décidé de durcir plusieurs barrières horaires. Une mesure prise pour la sécurité des coureurs, mais qui va obliger les participants à progresser plus rapidement sur une course où le simple fait d’avancer constitue déjà un défi.
Des barrières horaires avancées sur la PICaPICA pour éviter les orages
Dans un communiqué publié à quelques jours du départ, l’organisation annonce plusieurs changements en raison d’une vigilance jaune canicule et d’un risque d’orages attendu samedi après-midi.
Pour la PICaPICA, quatre nouvelles barrières horaires sont fixées :
- La Crouts : 3 h
- Soulcem 2 : 4 h
- Lartigue : 7 h
- Refuge de Bassiès : 10 h
L’objectif est clair : éviter que des coureurs restent exposés en altitude au moment où les orages sont susceptibles de se développer.
Le règlement initial prévoyait déjà des barrières horaires sur ce type d’épreuve, mais les contraintes annoncées cette semaine resserrent nettement la fenêtre laissée aux concurrents. Le règlement 2026 publié par l’organisation confirme d’ailleurs à quel point la gestion du temps fait partie intégrante de la course, avec plusieurs points de contrôle répartis tout au long du parcours.
La météo montre pourquoi l’organisation ne veut pas attendre
Les prévisions disponibles pour le secteur montrent une situation assez claire.
Vendredi 14 août, les températures devraient encore atteindre 30 à 31 °C en journée, avant une dégradation progressive dans la soirée. Les premières précipitations apparaissent vendredi soir.
Samedi 15 août, le risque devient nettement plus sérieux : les prévisions montrent des températures encore élevées le matin, puis des orages à partir du début d’après-midi, avec notamment des cumuls de pluie plus importants en fin de journée.
Autrement dit, la difficulté ne vient pas seulement de la chaleur. Sur un terrain de haute montagne, un orage peut rapidement devenir problématique : exposition sur les crêtes et les sommets, baisse brutale de visibilité, pluie intense et terrain rendu beaucoup plus glissant.
C’est précisément pour éviter que le gros du peloton reste engagé dans les secteurs les plus exposés au mauvais moment que l’organisation serre les barrières horaires.
Sur la PICaPICA, gagner une heure n’a rien d’anodin
Sur un trail classique, avancer une barrière horaire peut sembler être un simple ajustement. Sur la PICaPICA, la situation est différente.
Les 109 km et 11 500 m D+ ne racontent qu’une partie de la difficulté. Le parcours est conçu comme une véritable course de montagne, avec des passages techniques, de l’altitude et une vitesse moyenne naturellement très faible. L’organisation présente elle-même l’épreuve comme destinée à des pratiquants particulièrement aguerris et impose un matériel obligatoire plus conséquent que sur de nombreux ultras.
Pour les meilleurs, ces nouvelles barrières ne devraient probablement pas changer grand-chose.
Pour les coureurs qui évoluent habituellement près des limites horaires, en revanche, la stratégie peut être complètement bouleversée. Ils auront moins de marge pour gérer la chaleur, ralentir dans les portions techniques ou simplement récupérer aux ravitaillements.
Et c’est là tout le paradoxe : les conditions météo devraient inciter à gérer davantage son effort, alors que les nouvelles barrières vont obliger certains participants à aller plus vite.
Une deuxième question se pose pour les coureurs du Défi du Montcalm
La modification du programme entraîne également une interrogation soulevée par un participant sur les réseaux sociaux.
Le Défi du Montcalm consiste à enchaîner quatre courses sur quatre jours : le Kilomètre Vertical du Sarrasi, la PicAriège, le Marathon du Montcalm et le Trail des Novis, pour un total de 140 km et 12 100 m D+.
Or le Marathon du Montcalm, initialement prévu samedi matin à 7 h, partira exceptionnellement à 5 h.
Dans le même temps, le communiqué précise que le départ de la PicAriège reste inchangé.
Cela crée une situation particulière pour les participants au Défi. Jusqu’ici, ils disposaient de 25 heures entre le départ de la PicAriège et celui du Marathon. Avec un Marathon avancé de deux heures, cet intervalle tombe mécaniquement à 23 heures, sauf dispositif spécifique annoncé par l’organisation.
Un internaute a immédiatement posé la question : faudra-t-il donc terminer la PicAriège en moins de 23 heures pour pouvoir prendre le départ du Marathon ?
À ce stade, le communiqué ne précise pas comment ce cas sera géré.
La sécurité avant tout, mais une course encore plus sélective
Il serait injuste de présenter ces changements comme une volonté de rendre volontairement la course plus difficile.
L’organisation explique suivre quotidiennement la situation avec les météorologues de Météo-France et indique avoir prévu un scénario alternatif si les conditions venaient encore à se dégrader.
Elle prévoit même une possibilité inhabituelle sur la PICaPICA : si la météo le permet, les coureurs arrêtés à cause des nouvelles barrières pourront éventuellement repartir de Lartigue à 20 h 30. Le temps effectué après cette reprise sera alors ajouté au temps réalisé avant l’interruption.
La logique est donc clairement sécuritaire.
Mais sportivement, la conséquence reste la même : une PICaPICA déjà réputée parmi les épreuves les plus difficiles de France va devenir encore plus exigeante pour une partie du peloton.
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