🎧 Résultat record Pacific Crest Trail : Aurélien Sanchez s’adjuge le FKT en 45 jours, 20 heures et 15 minutes
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Résultat du record du Pacific Crest Trail
Il l’a fait. Après 46 journées d’effort, de souffrance, de chaleur, de manque de sommeil et de lutte permanente contre le chronomètre, Aurélien Sanchez a rejoint l’extrémité nord du Pacific Crest Trail.
Aurélien Sanchez bat le record du Pacific Crest Trail
Le Français améliore le record détenu depuis 2023 par le Belge Karel Sabbe, qui avait parcouru le PCT en 46 jours, 12 heures et 50 minutes. Le premier temps communiqué pour Aurélien Sanchez est de 45 jours, 20 heures et 15 minutes. Ce chrono reste provisoire dans l’attente du relevé définitif et de la validation du dossier par Fastest Known Time.
Cette performance dépasse largement le seul cadre du trail français. Aurélien Sanchez vient de traverser les États-Unis du Mexique au Canada, à pied, en maintenant une moyenne proche de 90 kilomètres par jour pendant plus de six semaines.
Aurélien Sanchez a touché le monument situé à la frontière canadienne au terme d’une traversée d’environ 4 200 kilomètres et 130 000 mètres de dénivelé positif.
Le Français termine cette aventure en 45 jours, 20 heures et 15 minutes, selon le chrono provisoire annoncé quelques minutes après son arrivée.
Il améliore ainsi de plus de seize heures le précédent record de Karel Sabbe. Le Belge avait établi en 2023 un temps de 46 jours, 12 heures et 50 minutes dans la même catégorie avec assistance.
La tentative apparaît encore comme « en cours » sur la plateforme Fastest Known Time au moment de la rédaction. Aurélien Sanchez devra transmettre ses traces GPS, ses horaires, ses photos et les autres éléments de preuve avant que le nouveau FKT soit officiellement validé.
Le récit de Pacific Crest Trail
Il a traversé les États-Unis à pied en seulement 46 journées
Le Pacific Crest Trail relie la frontière mexicaine à la frontière canadienne en traversant la Californie, l’Oregon et l’État de Washington.
Le sentier mesure environ 4 250 kilomètres et cumule près de 150 000 mètres de dénivelé positif selon les itinéraires et les déviations empruntées. Il traverse successivement le désert californien, la Sierra Nevada, les immenses forêts de l’Oregon et les montagnes sauvages du nord de l’État de Washington.
Les randonneurs classiques consacrent généralement plusieurs mois à cette traversée. Aurélien Sanchez l’a bouclée en un mois et demi, en enchaînant quotidiennement l’équivalent de plus de deux marathons.
Sur la dernière partie de son aventure, il a encore augmenté son volume pour dépasser régulièrement les 95 kilomètres par jour et reprendre définitivement l’avantage sur le record. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
Son départ avait pourtant été marqué par les galères
Aurélien Sanchez avait lancé sa tentative avec une énorme avance. Dès la première journée, il avait parcouru 119 kilomètres et comptait déjà une douzaine d’heures d’avance sur les temps de passage de Karel Sabbe.
Le PCT lui avait pourtant immédiatement rappelé sa brutalité. Au cours des premiers jours, il avait affronté le manque de sommeil, les coups de fatigue, une crevaison du véhicule d’assistance et même une rencontre dangereuse avec un serpent à sonnette.
Après six jours, le Français avait porté son avance à près de 14 heures. Mais cette marge avait ensuite fondu brutalement. Au huitième jour, après 724 kilomètres, il avait perdu toute son avance et accusé jusqu’à deux heures de retard sur le record.
La chaleur et la déshydratation ont failli briser sa tentative
La traversée du désert californien a placé Aurélien Sanchez dans une situation extrêmement dangereuse.
Au onzième jour, il avait affronté une journée cauchemardesque marquée par la canicule, la déshydratation et les vertiges. Il devait alors se battre autant contre son propre corps que contre le chrono.
Quelques jours plus tard, il avait repris le dessus et effectué une première remontée spectaculaire dans la Sierra Nevada. Mais cette reconstruction restait fragile. Après plus de 1 500 kilomètres, le Français s’était retrouvé à deux doigts de l’abandon avant de parvenir une nouvelle fois à repartir.
Une infection au pied l’a conduit aux urgences
La blessure la plus inquiétante de son aventure est apparue au niveau du pied. Une infection sérieuse avait nécessité un passage aux urgences et placé toute la tentative sous la menace d’un arrêt définitif.
Aurélien Sanchez a pourtant repris sa progression. Malgré les douleurs, les soins quotidiens et l’usure générale de son corps, il a continué à parcourir près de 90 kilomètres par jour.
Dans les derniers jours, sa compagne et paceuse Lucille Malgouyres évoquait encore des douleurs importantes aux pieds et un organisme totalement épuisé. Aurélien avançait néanmoins pendant environ seize heures par jour, avec des nuits raccourcies et un temps de récupération réduit au strict minimum. :
Il a longtemps couru derrière le fantôme de Karel Sabbe
Le record ne s’est pas construit sur une domination régulière.
Aurélien Sanchez a alterné les périodes d’avance et de retard pendant plus d’un mois. À mi-parcours, il restait dans les temps, mais chaque problème physique ou logistique pouvait lui coûter plusieurs heures.
Après 2 500 kilomètres, il comptait environ trois heures de retard. Lors de son entrée dans l’Oregon, après près de 3 000 kilomètres, il évoluait toujours légèrement derrière la progression virtuelle de Karel Sabbe.
À quatre jours de l’arrivée, son avance ne dépassait encore qu’un kilomètre. Le record pouvait se jouer sur une erreur, une blessure ou un simple arrêt prolongé.
Mais le Français a changé de dimension dans la dernière partie du parcours. Il a progressivement repris le contrôle, puis creusé une avance de plusieurs dizaines de kilomètres dans l’État de Washington.
Son sprint final a définitivement renversé le record
Alors que son corps était épuisé, Aurélien Sanchez a signé ses plus grosses journées dans la dernière semaine.
Il a dépassé les 95 kilomètres quotidiens pendant plusieurs jours et a transformé un duel virtuel encore indécis en une avance confortable. Le Français est passé d’une dizaine de kilomètres d’avance à plus de cinquante kilomètres sur la trace de Karel Sabbe.
Le suivi GPS a semé le doute jusqu’au bout en raison d’un bug sur le kilométrage affiché. La position de la balise restait toutefois correcte sur la carte et montrait Aurélien de plus en plus proche de la frontière.
À 22 h 57, heure française, le tracker affichait 99,9 % de progression. Quelques instants plus tard, Aurélien Sanchez atteignait enfin le monument marquant la fin du Pacific Crest Trail.
Cette victoire est aussi celle de son équipe d’assistance
Le record appartient à Aurélien Sanchez, mais la réussite est profondément collective.
Sa compagne Lucille Malgouyres et son cousin Martin ont constitué le noyau de son équipe d’assistance. Pendant plus de six semaines, ils ont organisé les ravitaillements, les repas, les soins, les changements de matériel, les temps de repos et les déplacements entre les rares accès au sentier.
Cette petite équipe a également subi le manque de sommeil, les pannes mécaniques, les difficultés de réseau et la pression permanente du chronomètre.
Sans cette assistance, Aurélien Sanchez n’aurait pas pu tenir un tel rythme. Sur une tentative « supported », l’équipe fait pleinement partie de la performance.
Qui est Aurélien Sanchez ?
Aurélien Sanchez est un ingénieur et ultra-traileur français âgé de 35 ans, originaire de Toulouse.
Il s’était déjà fait connaître en établissant un record sur le John Muir Trail en 2018. Il avait ensuite traversé les Pyrénées sur le GR10 avant de marquer l’histoire du trail français en 2023 en devenant le premier Français à terminer la Barkley Marathons.
Cette course américaine, réputée comme l’une des plus difficiles au monde, avait déjà révélé sa capacité à supporter la fatigue, le manque de sommeil, l’incertitude et les efforts interminables. :contentReference[oaicite:8]{index=8}
Le Pacific Crest Trail représentait toutefois une autre échelle. Il ne fallait plus tenir soixante heures, mais avancer pendant plus de six semaines sans véritable journée de repos.
En résumé, c’est un exploit monumental pour le trail français
Aurélien Sanchez ne remporte pas une course classique. Il établit un Fastest Known Time sur l’un des itinéraires d’ultra-endurance les plus connus et les plus disputés au monde.
Il a traversé trois États américains, parcouru environ 4 200 kilomètres, gravi près de 130 000 mètres de dénivelé positif et maintenu une moyenne proche de 90 kilomètres par jour.
Il a surtout réussi après avoir connu le retard, les blessures, une infection, les urgences, la déshydratation, les pannes et plusieurs moments où l’abandon paraissait presque inévitable.
Le chrono provisoire s’établit à 45 jours, 20 heures et 15 minutes. Le temps définitif et l’homologation doivent encore être confirmés, mais le résultat sportif ne fait plus de doute : Aurélien Sanchez a parcouru le Pacific Crest Trail plus vite que Karel Sabbe.
Une aventure documentaire consacrée à cette traversée doit prochainement être proposée sur Uptrack.
Sources
Cet article s’appuie sur le suivi quotidien publié par uTrail depuis le départ d’Aurélien Sanchez, sur les données de son tracker officiel, sur les informations communiquées au moment de son arrivée et sur les pages de référence de Fastest Known Time. Les éléments concernant le parcours, le précédent record de Karel Sabbe, les principales difficultés rencontrées et le fonctionnement de son équipe d’assistance proviennent également du suivi complet de la tentative et des informations publiées par le San Francisco Chronicle. Le chrono de 45 jours, 20 heures et 15 minutes reste provisoire dans l’attente du temps officiel.
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