🎧 Aurélien Sanchez a 4 heures de retard sur le record du Pacific Crest Trail
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Pacific Crest Trail en direct
Adieu la Californie, bienvenue dans l’Oregon !
Une page immense vient de se tourner sur le Pacific Crest Trail. Après plus d’un mois d’une lutte compliquée, Aurélien Sanchez et sa team ont enfin franchi la frontière pour passer dans l’Oregon. Cette trace invisible sur le papier représente énormément pour le trio. Entre soulagement infini, larmes d’émotion et retour immédiat aux réalités logistiques, ces trois derniers jours marquent un véritable tournant mental et géographique dans cette quête de record.
L’esprit méthodique d’Aurélien Sanchez
Pour comprendre la régularité d’Aurélien Sanchez sur ce défi, il faut se pencher sur sa double casquette d’ingénieur et d’ultra-traileur de l’extrême. Reconnu en 2023 par sa victoire historique en étant le premier et seul Français à venir à bout de la Barkley, il aborde les sentiers américains comme un immense problème logistique à résoudre, où la gestion du sommeil et la résistance thermique sont des variables à optimiser. Déjà détenteur de records marquants en autonomie (John Muir Trail) ou sur des formats d’ultras XXL (comme le Tor des Géants et la SwissPeaks) il applique sur le PCT sa science de la gestion de crise. Aurélien est capable de s’adapter aux pires imprévus.
Le terrain de jeu – Les trois chapitres du Pacific Crest Trail
Le Pacific Crest Trail (PCT) n’est pas qu’un long ruban de 4 265 kilomètres (150 000 m D+), c’est une aventure découpée en trois grands actes géographiques bien distincts.
La Californie
Le premier et le plus long morceau, caractérisé par les déserts surchauffés du Sud puis la haute altitude technique de la Sierra Nevada.
L’Oregon : La deuxième section, réputée plus roulante, boisée et volcanique, mais qui exige une grande vitesse de course.
L’État de Washington
Le bouquet final, sauvage, humide et très montagneux jusqu’à la frontière canadienne.
C’est le record du Belge Karel Sabbe (46 jours, 12 heures et 50 minutes) qu’Aurélien tente de faire tomber en maintenant un rythme infernal.
L’émotion de la frontière et le sacrifice d’un mois de vie
Le passage de la frontière entre la Californie et l’Oregon a provoqué une immense décharge émotionnelle pour toute l’équipe. Aurélien a avoué être « très très très très soulagé et content » de changer enfin d’État. Il faut dire que la Californie a bien failli être le tombeau de ses ambitions. Il y a tout juste deux semaines, dans la Sierra Nevada, le Toulousain avait été tout proche de l’abandon.
Franchir cette ligne, ce n’est pas seulement passer une frontière mais c’est laisser derrière soi un mois entier de sacrifices absolus, de nuits beaucoup trop courtes et d’une chaleur étouffante qui a brûlé les organismes. Au moment de basculer dans l’Oregon, Aurélien, et son assistance se sont tous effondrés dans les bras les uns des autres pour savourer ce bonheur pur. Une transition indispensable pour le mental.
Retour à la réalité : Batailles invisibles et départ ému
Le soulagement a pourtant été de courte durée, le PCT rappelant immédiatement que les records se construisent aussi dans l’ombre des galères quotidiennes. À peine arrivés dans l’Oregon, le retour à la réalité a été brutal pour l’assistance : une vidange urgente du véhicule à organiser, un téléphone cassé à gérer et une réorganisation logistique de dernière minute.
Surtout, l’équipe a dû faire face à un moment chargé d’émotion : le départ du papa de Lucille, qui rentre en France. Pendant un mois complet, sa présence et son aide précieuse ont été un pilier indispensable pour le duo. Le voir repartir laisse un grand vide. Désormais, Lucille et Martin se retrouvent de nouveau à deux pour assumer seuls toute la logistique du van. Il va falloir s’adapter, encore et toujours, pour que la machine continue d’avancer un jour après l’autre.
Le point des Jours 31, 32 & 33 – 2940 km parcourus sur 4 265
Changement de décor, rythme intact
Sur le suivi live de la balise d’Aurélien, la transition géographique n’a pas perturbé son rythme. Aurélien est toujours parfaitement dans les temps pour s’offrir le record, et reste en permanence proche du chrono de référence de Karel Sabbe.
Pour le Jour 31 :
Distance du jour : 97,3 kilomètres
Dénivelé positif du jour : 2897 mètres de D+
Pour le Jour 32 :
Distance du jour : 100,8 kilomètres
Dénivelé positif du jour : 2541 mètres de D+
Pour le Jour 33 :
Distance du jour : 100,1 kilomètres
Dénivelé positif du jour : 2041 mètres de D+
L’écart virtuel reste minime, confirmant que le Toulousain maîtrise son défi alors qu’il entame la traversée des forêts de l’Oregon.
En résumé, en laissant la poussière et la chaleur de la Californie derrière lui, Aurélien Sanchez s’offre un nouveau départ.
Si l’assistance se retrouve réduite à deux et doit composer avec les pépins matériels habituels, la force mentale du trio reste leur meilleur atout. L’Oregon promet un terrain différent, peut-être plus fluide, mais qui demandera une vigilance et un rythme soutenu. La bataille face au chrono de Karel Sabbe entre dans sa deuxième phase.
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