đ§ On a tendance Ă mettre dans le mĂȘme panier la Western 100, la Hardrock et lâUTMB (et peut-ĂȘtre mĂȘme un peu la Diagâ).
Et pourtant, mĂȘme si ces courses sont les Grands Chelems du trail, seule la distance Ă parcourir est proche. Pour le reste, elles ont chacune leur personnalitĂ©. Et pas des moindres.
Alors si la Hardrock manque encore de visibilitĂ© auprĂšs du grand public en France (malgrĂ© les deux victoires de Pommeret), ce nâest sĂ»rement pas en raison de lâintĂ©rĂȘt de son parcours incroyable.
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La Hardrock, le plus rock’n’roll des trails
En France, on a tendance Ă regarder tous les trails internationaux Ă lâaune de lâUTMB. Mais câest une erreur fondamentale dans lâapproche des autres grandes courses, en particulier la Hardrock.
En France, on a le business dans la peau. RĂ©sultat : lâUTMB est passĂ© de course mythique Ă grosse boĂźte du trail, avec son lot de sponsors, de dossiers et de business plans.
Aux Ătats-Unis, certains ont compris que le trail nâavait pas besoin de devenir un business juteux. La Hardrock, elle, est restĂ©e fermĂ©e, sĂ©lective sur le plan sportif et de lâesprit du trail.
Les amateurs ne sây inscrivent pas aprĂšs avoir passĂ© une soirĂ©e un peu trop arrosĂ©e. Il faut au contraire participer Ă une course prĂ©-sĂ©lectionnĂ©e par lâorganisation de la Hardrock, et la terminer avant une barriĂšre horaire donnĂ©e.
Ensuite, il y a la nĂ©cessitĂ© de participer Ă la vie du trail, soit un systĂšme de 8 h de travaux gĂ©nĂ©raux dĂ©diĂ©s au bĂ©nĂ©volat en course au ou travail dâentretien des sentiers parcourus par les traileurs. Cela se fait aussi oĂč lâon veut, mais avec la nĂ©cessitĂ© dâen informer Ă©videmment lâorga de la Hardrock.
Et enfin, il faut ĂȘtre tirĂ© au sort, sachant que lâorganisation privilĂ©gie dans son systĂšme de loterie les personnes nâayant jamais participĂ© Ă la course. Si Ludovic Pommeret peut ĂȘtre comptĂ© parmi les 150 concurrents annuels pour la troisiĂšme fois dâaffilĂ©e, câest parce quâil est en est le vainqueur les deux Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes.
Cela dit en passant, câest le genre dâexploit que trĂšs peu dâathlĂštes ont rĂ©ussi sur cette course, Ă savoir Jornet et Karl Meltzer.
Participer Ă lâUTMB, câest participer Ă des courses qualificatives UTMB. Participer Ă la Hardrock, câest avoir survĂ©cu Ă lâenfer, et vouloir y retourner.
Pourquoi le parcours de la Hardrock est si différent des autres ?
4 grandes rĂ©fĂ©rences de lâultra-trail, 4 grandes courses aux profils totalement diffĂ©rents. Et celui de la Hardrock est peut-ĂȘtre le plus proche de celui que lâon peut imaginer du trail, de la course en montagne.
LâUTMB est technique, mais pas toujours. Et pour une course en montagne, on ne dĂ©passe pas vraiment les 2500 mĂštres dâaltitude. Du cĂŽtĂ© de la Western, on est sur une course qui privilĂ©gie la vitesse (en particulier Vincent Maillard et son record sous la barre des 14 heures !). Quant Ă la Diagonale des Fous, elle aussi est trĂšs particuliĂšre, avec son terrain parfois impraticable, avec sa chaleur et son humiditĂ©.
Lâimage que lâon se fait de la Hardrock, câest celle dâune course de montagne, celle oĂč lâon vit entre les cols, les descentes techniques et les lignes de crĂȘte. Et Ă la Hardrock, quand on parle dâaltitude, on parle de celle qui demande de lâacclimatation, de celle qui essouffle nâimporte qui, mĂȘme pour une simple balade. A l’altitude moyenne de la course, on est sur une densitĂ© de 30% infĂ©rieure au niveau de la mer pour lâoxygĂšne. Et les athlĂštes y courent presque comme si de rien nâĂ©tait.
Avec un passage Ă plus de 4300 mĂštres, et surtout une moyenne dâaltitude Ă 3400 mĂštres, la course est unique. Pour se faire une idĂ©e, elle est si haute quâelle passe son temps au-dessus de la ligne des arbres (autour de 3600 mĂštres dans le Colorado). Les coureurs ne sont pas embĂȘtĂ©s par les racines, mais par la roche et les pierriers Ă traverser, ainsi que la neige, mĂȘme en plein juillet.
Comparaison Hardrock, Western States, UTMB et Diagonale des Fous
1 course, 1 ambiance
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La Diagâ, câest la ferveur de la RĂ©union, la chaleur des rĂ©unionnais, ce sont ces ravitos improvisĂ©s dans les illets isolĂ©s.
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LâUTMB, câest la course des influenceurs comme le fait remarquer Clemquicourt, câest la course des sponsors qui viennent se montrer. Câest la course qui demande de parcourir souvent toute lâEurope pour rĂ©ussir Ă obtenir son dossard, et enfin câest la course la mieux mĂ©diatisĂ©e, avec un suivi live permanent entre autres.
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La Western, câest lâancĂȘtre de toutes ces courses, une ambiance western typiquement amĂ©ricaine avant le calme des montagnes.
La Hardrock, câest tout lâinverse. Pas de ligne formelle de dĂ©part, lâarrivĂ©e se fait avec un bisou sur le rocher Ă tĂȘte de bĂ©lier (façon barriĂšre jaune de la Barkley), les sentiers sont vides et il nây a que trĂšs peu de suivi en raison de conditions techniques loin dâĂȘtre optimales.
En rĂ©sumĂ©, la Hardrock, câest une anomalie dans le systĂšme.
DifficultĂ© extrĂȘme, altitude de fou, zĂ©ro paillette : câest sans doute la course qui ressemble le plus Ă ce quâon appelait âlâesprit trailâ avant que ça devienne une industrie. Et oui, câest prĂ©cisĂ©ment pour ça quâelle continue de faire rĂȘver.
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