🎧 0 finisher – La chartreuse Terminorum conserve son mythe de course impossible à finir Boîte de réception
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Alors que l’on pensait voir l’impossible se reproduire avec un athlète aller jusqu’au bout, la difficulté de la course a été plus forte que les coureurs du jours. Le couperet est tombé, il y a zéro finisher. Face à une canicule suffocante, la « Barkley française » nous rappelle pourquoi elle est considérée comme l’épreuve la plus impitoyable d’Europe.
Le concept de la Chartreuse Terminorum – 300 km de sadisme en forêt
Pour comprendre la difficulté de ce chantier, il faut rappeler les règles de ce chef-d’œuvre sadique imaginé par Benoît Laval, et directement inspiré de la Barkley.
Les coureurs doivent effectuer 5 boucles de 60 km, pour un total de 300 km et 25 000 m de dénivelé positif, le tout en moins de 80 heures (16 heures maximum par tour).
Pour corser les choses, la course se déroule avec zéro assistance, zéro GPS, et zéro balisage…. Les coureurs avancent uniquement à la carte et au roadbook.
Pour prouver qu’ils ont bien effectué le tracé secret, les participants doivent trouver des livres cachés dans la forêt et arracher la page correspondant à leur numéro de dossard.
La course ne coûte que 3 euros l’inscription (soit 1 centime par kilomètre) et les inscrits doivent apporter au camp de base une bouteille d’alcool local.
Pourquoi la Terminorum est quasi impossible à finir
Si la course affiche un taux d’échec proche de 99 % depuis sa création en 2017, ce n’est pas seulement à cause des barrières horaires mais surtout à cause de l’accumulation de facteurs destructeurs :
– S’orienter de nuit, à la boussole, dans la végétation dense et les à-pics du massif de la Chartreuse relève du miracle. Une seule erreur de lecture de carte suffit à être éliminé.
– Gérer 80 heures de course sans dormir (ou par micro-siestes de 10 minutes au bord d’un sentier) rend difficile la lucidité nécessaire pour chercher les livres.
– Après le record historique de 5 finishers en 2023, l’organisation a considérablement resserré la vis et a choisi de rendre le sentier encore plus difficile pour les éditions suivantes.
François Devaux – Le dernier survivant de cette édition
Tous nos espoirs d’un finisher cette année étaient en lui. En 2024, et avec des conditions dantesques (pluie continue et froid polaire), le Grenoblois François Devaux avait réussi un exploit monumental en devenant le 6ème finisher de l’histoire de la course, et le seul cette année-là.
Revenu cette année pour tenter un doublé historique, il a une nouvelle fois prouvé qu’il était d’une autre planète. Alors que la majorité des coureurs explosait en plein vol dès les premières heures, il a parfaitement géré sa course, en commençant la 4ème boucle avec 6 heures d’avance sur la barrière horaire. Une gestion presque parfaite puisqu’il était seul à partir sur cette 4ème boucle. Mais il s’est finalement fait rattraper par les conditions caniculaires et l’épuisement.
La Fun Run 2026 – Trois hommes au bout de 3 boucles
Boucler 3 tours (soit 180 km et 15 000 m D+) constitue une « Fun Run ». Avec les températures extrêmes de ce week-end de juin, atteindre ce stade était déjà un exploit. Ils sont trois à l’avoir réussi : François Devaux et Damien Longuet, arrivés ensemble au camp de base avec une avance confortable, et David Barranger, qui a loupé sa qualification pour le 4ème tour à quelques secondes seulement de la barrière horaire des 48 heures.
L’effet dévastateur de la canicule
Si les éditions précédentes avaient été marquées par la boue et le gel, 2026 restera comme l’année de la canicule. Avec 35°C à l’ombre dans la cuvette de la Chartreuse, la gestion de l’eau est devenue le facteur déterminant. Sans assistance, porter des litres d’eau sous une chaleur étouffante a transformé les montées en calvaires. Les organismes ont surchauffé, et enlevé la lucidité des coureurs en provoquant des abandons plus précoces que d’habitude. Damien Longuet, bien que reparti pour un 4ème tour, a rapidement fait demi-tour, ne tenant pas face aux conditions du jour.
En résumé, la Chartreuse Terminorum a donc ce week end retrouvé son statut de course interminable.
Après avoir eu quelques rares finishers ces dernières années, cette édition 2026 est un rappel à l’ordre. Entre le durcissement du parcours voulu par l’organisation et une météo tropicale, même Damien Longuet, finisher en 2024, n’aura pas réussi à en venir à bout. La Barkley française est simplement redevenue ce qu’elle a toujours été : une course impossible à finir.
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