🎧 L’affaire opposant Julien Lyon aux organisateurs de Sierre-Zinal est loin d’être terminée.
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Alors qu’une récente décision de justice suisse lui a été favorable sur plusieurs aspects procéduraux, l’entraîneur français poursuit désormais son offensive et réclame environ 160 000 euros à l’organisation de la célèbre course valaisanne.
Derrière cette somme se cache l’un des dossiers les plus sensibles qu’ait connus le trail ces dernières années. Car au-delà du simple conflit entre un entraîneur et une course, cette affaire soulève des questions sur la réputation, la responsabilité et les conséquences financières des accusations liées au dopage.
Comment Julien Lyon s’est retrouvé au cœur de l’affaire
Le conflit trouve son origine dans le contrôle positif de la traileuse kényane Joyline Chepngeno après sa victoire à Sierre-Zinal en 2025.
À l’époque, l’affaire provoque une onde de choc dans le milieu du trail. Les organisateurs de Sierre-Zinal sont particulièrement marqués par ce nouveau cas puisque trois ans plus tôt, un autre vainqueur de l’épreuve, Mark Kangogo, également entraîné par Julien Lyon, avait lui aussi été suspendu pour dopage.
Face à cette répétition, Sierre-Zinal décide d’appliquer une politique particulièrement ferme. L’organisation souhaite alors responsabiliser les entraîneurs et managers des athlètes contrôlés positifs, considérant que la lutte contre le dopage ne peut pas reposer uniquement sur les sportifs eux-mêmes.
Julien Lyon conteste immédiatement cette position et engage plusieurs démarches judiciaires.
Pourquoi l’entraîneur réclame aujourd’hui 160 000 euros
Selon les informations publiées par Spe15, Julien Lyon estime avoir subi un préjudice important depuis le début de cette affaire.
L’entraîneur considère que les décisions prises par Sierre-Zinal et la manière dont son nom a été associé publiquement au dossier ont eu des conséquences sur son activité professionnelle, son image et ses revenus.
La somme réclamée, estimée à environ 160 000 euros, correspondrait notamment à des pertes financières et à un préjudice moral.
Pour Julien Lyon, l’enjeu dépasse désormais largement le cadre sportif. Il s’agit également d’obtenir réparation pour les dommages qu’il estime avoir subis depuis l’automne 2025.
Une menace financière pour Sierre-Zinal ?
Pour les organisateurs de Sierre-Zinal, cette procédure intervient dans un contexte délicat.
Comme l’ont indiqué les responsables de la course à plusieurs médias suisses, le litige n’est pas sans conséquence pour une organisation dont le budget annuel tourne autour de 1,1 million d’euros.
Pour autant, il est important de rappeler qu’aucune décision n’a encore été rendue sur le fond du dossier. Le montant réclamé par Julien Lyon ne constitue à ce stade qu’une demande. Les tribunaux devront encore examiner les arguments des différentes parties avant de déterminer si une indemnisation est justifiée et, le cas échéant, à quel niveau.
Autrement dit, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que Sierre-Zinal devra effectivement verser cette somme.
En résumé, c’est une décision attendue bien au-delà du trail
Au fil des mois, le dossier a pris une dimension beaucoup plus large que le contrôle positif de Joyline Chepngeno.
Selon Spe15, cette affaire s’inscrit désormais dans un contexte plus complexe mêlant procédures judiciaires, conflits avec certains anciens athlètes du groupe Milimani Runners, désaccords financiers et réorganisation du projet sportif développé par Julien Lyon au Kenya.
L’entraîneur est également resté très discret publiquement. Interrogé à plusieurs reprises par Spe15, il a indiqué ne pas souhaiter s’exprimer en raison des procédures en cours.
Cette prudence illustre l’importance que prend aujourd’hui le volet judiciaire du dossier.
Quelle que soit son issue, cette affaire pourrait laisser des traces durables dans le monde du trail.
Sierre-Zinal a tenté d’introduire une logique rarement appliquée dans le sport : celle consistant à engager la responsabilité d’un entraîneur à la suite du contrôle positif d’un athlète.
Julien Lyon, de son côté, estime avoir payé le prix d’accusations qu’il juge injustifiées.
Entre ces deux visions, les tribunaux suisses devront désormais trancher.
Et si les 160 000 euros réclamés attirent aujourd’hui l’attention, la véritable question dépasse largement l’aspect financier : jusqu’où peut-on tenir un entraîneur responsable des actes de ses athlètes ?





