🎧 Lazarus Lake, le créateur de la Barkley Marathons et du format Backyard Ultra a atteint l’océan Pacifique à 71 ans, après une traversée commencée en 2024 et achevée en plusieurs étapes.
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Les chiffres de la traversée de Lazarus Lake
Départ : 1er mai 2024, depuis le Delaware
Arrivée : 31 mai 2026, à San Francisco
Distance totale : environ 4 800 km
Dénivelé positif : non communiqué officiellement
Âge de Lazarus Lake à l’arrivée : 71 ans
Dernière section reprise en 2026 : environ 1 600 km, depuis la frontière Colorado/Utah jusqu’à la côte Pacifique
Marcher 30 km par jour pendant des semaines, à 71 ans, relève d’une logique d’endurance très proche de ce que Lazarus Lake a toujours demandé aux autres : accepter que la difficulté ne soit pas spectaculaire à chaque instant, mais cumulative.
Lazarus Lake a terminé la Lazcon le 31 mai 2026 après environ 4 800 km à pied entre le Delaware et San Francisco
Gary Cantrell, plus connu sous le nom de Lazarus Lake, a terminé sa traversée des États-Unis à pied. Le créateur de la Barkley Marathons et du format Backyard Ultra est arrivé jusqu’à l’océan Pacifique, du côté de San Francisco, après un projet lancé en 2024 depuis le Delaware.
Le défi portait un nom simple : Lazcon. L’objectif était de rallier l’Est des États-Unis à la côte Ouest, sur environ 3 000 miles, soit près de 4 800 km. Le projet devait initialement se faire d’un seul tenant. Il s’est finalement construit en plusieurs parties, à cause de l’usure physique, des contraintes de route et des interruptions imposées par le corps.
Une traversée commencée en 2024 et terminée en 2026
Lazarus Lake avait commencé cette traversée le 1er mai 2024. Le départ avait été donné dans le Delaware, sur la côte Est des États-Unis. L’arrivée visée se situait à San Francisco, sur la côte Pacifique. Entre les deux, il y avait une diagonale immense, faite de routes, de petites villes, de longues journées solitaires, de fatigue et de répétition.
La première tentative en 2024 n’était pas allée jusqu’au bout.
En 2024, Gary Cantrell avait dû interrompre son avancée après plusieurs semaines de marche et environ 1 700 miles parcourus. À ce moment-là, l’arrêt n’avait pas été présenté comme un abandon définitif. Il s’agissait plutôt d’une suspension, avec l’idée de reprendre le fil là où il s’était arrêté.
C’est ce qu’il a fait.
En 2026, Lazarus Lake a repris la route pour terminer la partie manquante.
La dernière section, longue d’environ 1 000 miles, l’a mené depuis la frontière entre le Colorado et l’Utah jusqu’à la baie de San Francisco. La progression s’est faite à pied, dans une logique de régularité, avec des journées proches de 20 miles, soit un peu plus de 30 km.
Le 31 mai 2026, il a fini par atteindre l’océan Pacifique. Le symbole est fort : après deux ans et deux mois entre le départ initial et l’arrivée finale, Lazarus Lake a terminé ce qu’il avait commencé.
L’arrivée à San Francisco
La fin du parcours s’est jouée autour de San Francisco. Le Golden Gate Bridge est apparu dans les derniers jours, avant la descente finale vers l’océan Pacifique. Sur ses réseaux sociaux, Lazarus Lake a raconté une arrivée moins triomphale qu’intérieure. Il a évoqué la présence de plusieurs personnes venues l’accompagner, le passage du pont, puis le moment où il a enfin vu le Pacifique.
L’image finale est simple : un homme qui descend vers la plage, plante son bâton de marche dans l’océan, puis s’assoit pour comprendre que l’effort est terminé.
Cette sobriété correspond bien au personnage.
Qui est Lazarus Lake, portrait du créateur de la Barkley
Pour les amateurs d’ultra-trail, Lazarus Lake n’est pas un inconnu. Il est l’un des personnages les plus singuliers de l’endurance moderne.
Créateur de la Barkley Marathons
Son nom est d’abord associé à la Barkley Marathons, cette course mythique organisée dans le Tennessee, réputée pour sa difficulté extrême, son parcours non balisé, ses règles volontairement déroutantes et son taux de réussite presque nul.
Depuis sa création en 1986, la Barkley est devenue une référence mondiale. Elle fascine parce qu’elle échappe aux codes habituels du trail. Pas de grand village départ, pas de communication millimétrée, pas de parcours rendu facile à comprendre pour le public. Les coureurs doivent s’orienter, gérer le sommeil, encaisser le dénivelé, trouver des livres cachés sur le parcours et arracher des pages pour prouver leur passage.
Aussi à l’origine du format Backyard Ultra.
Le principe est devenu célèbre : les participants doivent boucler une boucle de 6,706 km chaque heure, encore et encore, jusqu’à ce qu’un seul coureur reste en course. Là encore, l’idée est simple en apparence, mais redoutable dans ses conséquences. Ce n’est pas la vitesse pure qui décide. C’est la capacité à recommencer, à gérer l’attente, à encaisser la privation de sommeil et à rester debout plus longtemps que les autres.
En résumé, c’est une leçon de résilience fidèle au personnage
Commencée le 1er mai 2024, interrompue en cours de route, puis reprise en 2026, cette Lazcon s’est achevée le 31 mai 2026 sur la côte Pacifique.
À 71 ans, le créateur de la Barkley Marathons et du format Backyard Ultra a bouclé un défi personnel d’environ 3 000 miles, soit près de 4 800 km. L’histoire n’est pas celle d’un record classique. C’est celle d’un homme qui a repris un projet arrêté, marché jusqu’au bout et rappelé, à sa manière, que l’endurance ne se joue pas toujours sur une ligne de départ.
Parfois, elle se joue deux ans plus tard, quand on décide simplement de repartir.
Lazarus Lake est souvent présenté comme le créateur de courses cruelles. C’est une image commode, mais incomplète. Ses formats ne sont pas seulement conçus pour faire échouer les coureurs. Ils sont construits pour tester la marge entre l’échec et l’accomplissement. La Barkley, comme la Backyard Ultra, repose sur cette frontière : jusqu’où peut-on aller quand tout invite à arrêter ?
Avec cette traversée, Lazarus Lake s’est appliqué à lui-même une version personnelle de cette question. Il n’a pas terminé en 2024. Il aurait pu en rester là. À son âge, avec son statut, personne n’aurait vraiment contesté l’arrêt. Mais il a choisi de reprendre. Pas pour prouver qu’il était encore le plus fort. Plutôt pour fermer une boucle.
C’est ce qui rend cette arrivée intéressante pour le trail. Elle ne parle pas de vitesse. Elle ne parle pas de domination. Elle ne parle pas de matériel dernier cri ni de professionnalisation du sport. Elle parle de continuité, d’entêtement, de patience et de rapport au corps.
Dans un univers où l’on célèbre souvent les records, la Lazcon rappelle qu’une performance peut aussi se mesurer à la capacité de revenir après une interruption. Finir deux ans après avoir commencé n’a pas la pureté d’un chrono parfait. Mais c’est peut-être plus proche de ce que vivent beaucoup de coureurs : des projets qu’on reprend, des blessures qu’on traverse, des objectifs qu’on repousse sans les abandonner.
Source
LAZARUS LAKE, 71, has stuck his cattle prod in the Pacific, finishing his third walk across America and his second Transcon. 💥
« hear me my friends
my feet are sick and sad
from where the sun now stands
i will walk no more
foreverapologies to chief joseph »#lazcon COMPLETE pic.twitter.com/QFfqrnoHzN
— Jared Beasley (@DbJared) May 30, 2026
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