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Le dernier post de Ludovic Pommeret relance le débat sur l’argent dans le trail
Ludovic Pommeret avait construit une partie de son image sur une forme de simplicité rare dans le trail moderne. Pas de storytelling permanent, peu de mise en scène, un mode de vie longtemps éloigné du modèle classique du traileur professionnel à plein temps. Alors forcément, sa dernière vidéo humoristique publiée sur les réseaux a surpris une partie de la communauté.
Un coureur longtemps perçu comme à part dans le système
Le décalage vient surtout de l’image que Ludovic Pommeret renvoie depuis des années dans le monde du trail.
À cinquante ans, le Savoyard n’a jamais vraiment incarné le modèle du coureur-influenceur. Pendant longtemps, il a mené de front son métier dans le contrôle aérien suisse, sa vie familiale et ses performances sur les plus grandes courses du monde. Même lorsqu’il remportait l’UTMB ou la Hardrock 100, il restait relativement discret médiatiquement.
L’an dernier encore, lors de la promotion de son livre À contretemps, Ludovic Pommeret expliquait avoir construit progressivement une forme d’indépendance financière avec sa compagne Céline.
Maison auto-construite, investissements locatifs, carrière stable dans le contrôle aérien suisse, retraite anticipée préparée depuis longtemps : le Savoyard donnait plutôt l’image d’un athlète ayant moins besoin que d’autres de transformer chaque publication Instagram en opération commerciale.
Il précisait d’ailleurs que le trail représentait déjà environ la moitié de ses revenus grâce à ses partenaires historiques comme Hoka.
C’est probablement ce contexte qui rend cette vidéo si particulière aux yeux de certains traileurs.
Dans le trail moderne, même les profils les plus indépendants finissent par monétiser leur image
La publication de Ludovic Pommeret raconte aussi quelque chose de plus large sur l’évolution du trail.
Aujourd’hui, même les athlètes les plus respectés doivent souvent multiplier les partenariats pour continuer à financer leur pratique, leurs déplacements, leur matériel ou simplement leur temps disponible pour s’entraîner. Les prize money restent faibles sur une grande partie des courses. Les carrières sont courtes. Les blessures fréquentes. Et contrairement à d’autres sports, très peu d’ultra-traileurs deviennent réellement riches grâce à leurs résultats.
Dans ce contexte, la frontière entre athlète et créateur de contenu devient de plus en plus floue.
Mathieu Blanchard, Casquette Verte, Kilian Jornet ou Vincent Bouillard développent désormais tous des formats vidéo, des collaborations commerciales ou des contenus sponsorisés plus ou moins assumés. Le phénomène touche progressivement toute la discipline.
Même Ludovic Pommeret, longtemps vu comme l’un des derniers représentants d’un trail « à l’ancienne », semble désormais entrer dans cette logique.
En rĂ©sumĂ© c’est certes une vidĂ©o humoristique… mais aussi un vrai signal
Reste que la vidéo de Pommeret conserve un ton très particulier.
Le trailer ne fait pas une publicité classique. Il choisit au contraire l’autodérision, avec un faux discours officiel totalement absurde validé par le « Ministrail », « Sky », « Tokyo » et « la première dame Céline ». Une manière probablement de désamorcer les critiques avant même qu’elles n’arrivent.
Et surtout, il précise que ces collaborations resteront « très sporadiques ».
Difficile donc d’y voir un basculement radical vers un modèle ultra-commercial. Mais le symbole reste fort dans une communauté où Ludovic Pommeret représente depuis longtemps une certaine idée du trail : discrète, humble, presque opposée à l’économie de l’influence.
Le voir entrer, mĂŞme avec humour, dans le jeu des collaborations commerciales montre Ă quel point le paysage du trail continue de changer.
Ce qui frappe surtout dans cette histoire, ce n’est pas qu’un coureur fasse de la publicité. C’est plutôt l’identité de celui qui le fait.
Parce que Ludovic Pommeret incarnait justement une forme de contre-modèle dans un sport devenu très médiatique. Un coureur capable de gagner la Hardrock à cinquante ans tout en donnant l’impression de rester éloigné du business du trail.
Sa vidéo ne remet évidemment pas cela totalement en cause. Mais elle montre que même les figures les plus respectées du peloton doivent aujourd’hui composer avec une nouvelle réalité économique et médiatique.
Et quelque part, les réactions « noooon pas lui 🥲🥲🥲 » racontent peut-être surtout la nostalgie d’un trail que beaucoup ont l’impression de voir disparaître petit à petit.
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