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Le marathon de Paris va changer d’époque.
Après presque 30 ans d’organisation par Amaury Sport Organisation, la Ville de Paris a officiellement attribué ce mercredi 20 mai la concession du Marathon et du Semi-Marathon de Paris pour la période 2027-2030 à un nouveau groupement baptisé Cadence.
Et parmi les annonces qui accompagnent ce changement, une mesure a immédiatement retenu l’attention : des tarifs réduits, voire une gratuité, pour les allocataires du RSA.
Derrière cette annonce se cache en réalité un mélange de sport, de politique, d’inclusivité sociale et de communication publique. Car si l’idée paraît généreuse sur le papier, elle soulève aussi des questions très concrètes sur l’accès réel au marathon pour les publics les plus précaires.
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Le marathon de Paris gratuit pour les allocataires du RSA : une mesure symbolique pour casser l’image du running rĂ©servĂ©e aux classes urbaines favorisĂ©es
Dans l’absolu, la mesure paraît difficilement critiquable.
Le marathon de Paris coûte cher. Entre le dossard, le transport, l’équipement, l’alimentation sportive et parfois l’hébergement, participer à un marathon majeur représente souvent plusieurs centaines d’euros.
Dans ce contexte, proposer une gratuité ou un accès facilité aux personnes les plus modestes peut être vu comme une tentative de casser l’image d’un running réservé aux classes urbaines favorisées.
Car depuis plusieurs années, le marathon change sociologiquement. Les études sur la course à pied montrent que les grandes courses attirent surtout des populations diplômées, urbaines et relativement aisées. Le prix des chaussures carbone, des montres GPS ou des inscriptions à plus de 150 euros renforce cette impression d’un sport devenu parfois très coûteux.
Mais les personnes au RSA ont-elles réellement les moyens de courir un marathon ?
C’est probablement là que le débat devient plus complexe.
Car offrir un dossard ne suffit pas forcément à rendre le marathon accessible.
Courir 42,195 km demande du temps, une certaine stabilité de vie, une alimentation adaptée, des semaines d’entraînement et un minimum de sécurité matérielle. Même avec un dossard gratuit, il reste de nombreuses dépenses : les chaussures, les vêtements techniques, les déplacements, les examens médicaux éventuels ou encore la nutrition sportive.
Le marathon n’est pas seulement un sport. C’est aussi un projet de vie temporaire qui demande une certaine stabilité.
Une vraie politique sociale de la nouvelle mairie de Paris ou une opération de communication ?
C’est l’autre interrogation soulevée par cette annonce.
Dans les grandes villes de gauche, les politiques sportives cherchent de plus en plus à afficher des objectifs d’inclusivité. Après les Jeux olympiques de Paris 2024, le sport est devenu un outil politique fort : santé publique, mixité sociale, mobilité douce, écologie, inclusion.
Dans ce contexte, la gratuité pour les allocataires du RSA coche beaucoup de cases symboliques. Elle permet d’envoyer un message d’ouverture et d’accessibilité.
Mais certains y verront aussi une mesure très visible médiatiquement, dont l’impact réel reste difficile à mesurer. Car la principale barrière au marathon n’est peut-être pas uniquement le prix du dossard.
Pour beaucoup de Français, le problème vient surtout du coût global de la pratique du running moderne.
Le marathon devient un sujet politique
Ce dossier montre surtout à quel point le marathon de Paris dépasse désormais largement le simple cadre sportif.
Autour d’une course à pied, on parle désormais d’écologie, de multinationales, d’influence politique, d’inclusion sociale, de transition énergétique, de tourisme sportif et même de lutte idéologique entre partis politiques.
Le marathon devient un miroir des tensions de la société française. Et c’est peut-être cela le plus frappant dans cette histoire : un événement qui réunit 66 000 coureurs se retrouve désormais au cœur d’un débat sur la place du sport dans la société, sur l’accès aux loisirs et sur la manière dont les villes veulent construire leur image publique.
En résumé, la gratuité du marathon de Paris pour certains allocataires du RSA représente une mesure symboliquement forte et probablement sincère dans son intention d’ouvrir davantage la course à pied aux publics modestes.
Mais cette décision soulève aussi des questions très concrètes sur le coût réel du marathon, sur les obstacles sociaux à la pratique sportive et sur la frontière parfois floue entre politique sociale et communication publique. Le vrai test arrivera en 2027 : combien de personnes concernées participeront réellement au marathon grâce à cette mesure ? Et surtout, cette ouverture changera-t-elle vraiment le profil social des coureurs parisiens ?
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