Depuis longtemps, courir un trail au Ventoux m’attirait. La Grande Epopée du Ventoux, une course de 87km du circuit UTMB cochait toutes les cases.
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Cette course, c’était une envie de découverte car je ne connaissais pas la région. Je voulais sortir de mes repères habituels, aller voir ailleurs si le terrain était aussi technique qu’on le racontait mais surtout me mesurer à ce géant mythique qu’est le Ventoux. Et comme elle tombait parfaitement dans le calendrier, pendant mes vacances, c’était l’occasion rêvée de joindre l’utile à l’agréable.
Le Ventoux, c’était plus qu’un dossard, c’était un rendez-vous, et je n’avais qu’une hâte, prendre le départ !
Photos de mon grand raid ventoux




Compte rendu de course du grand raid ventoux
Départ → KM 15
6h40, départ. Le jour se lève à peine et les jambes tournent bien. Comme à chaque départ d’ultra je suis étonnée par le rythme, tout le monde court en montée, et je peine à suivre. Je reste raisonnable, pas besoin de se cramer d’entrée, je reste à mon rythme et je laisse les autres avancer. Mon allure
Les sentiers sont plutôt corrects. Moi, l’habituée des Alpes à qui on avait dit que le Ventoux était technique, en fait c’est de la rigolade !
KM 15, “le bout du monde”, premier
KM 15 – KM 34
Une portion de presque 20KM avec le soleil qui commence à taper.
C’est là que la course démarre vraiment. Je découvre des singles atroces, des pentes à 25% dans lesquelles il y a tellement de cailloux que ça devient difficile d’y poser les pieds sans se tordre une cheville. Les bâtons ne servent à rien, ils sont même dangereux car ils se coincent entre les cailloux. Je vois que tout le monde est un peu en galère, mais il s’avère que c’est juste un échauffement avant la suite…
Le Mont Ventoux apparaît, disparaît, revient, mais j’aime bien cette idée de jouer à cache-cache avec le sommet.
La chaleur devient sérieuse. Les flasques descendent trop vite. Je bois, mais ça ne suffit pas. La bouche sèche, mes pensées qui tournent autour de l’eau.
Le terrain nous use déjà, sans en avoir l’air. Certains ralentissent. Moi, je continue à dérouler, mais je suis rouge écarlate. L’arrivée au ravitaillement d’Entrechaux
KM 34- KM 47
Pas une seule zone d’ombre dans ce pays…. Pour moi la nordiste, pas encore habituée aux premières chaleurs de l’année, c’est vraiment une épreuve. Les jambes répondent bien, mais ma température interne avoisine certainement les 45 degrés.
Les sentiers sont toujours aussi techniques, comment c’est possible autant de cailloux sur des chemins ?
Entre coureurs on s’observe, mais je commence
L’approche du géant se précise. Cette fois, il ne se cache presque plus. Il est là, posé, écrasant.
Arrivée au ravitaillement de Veaux, toujours assoiffée, j’engloutis ½ pastèque.
C’est la mi-course et je me sens bien physiquement pour la suite.
KM 47 – KM 57
Une montée sèche de 10km et 1200m de dénivelé qui nous emmène au Mont Serin. Elle va être impitoyable, et faire beaucoup de tri dans les coureurs. Je suis plutôt à l’aise, la chaleur cogne toujours malgré l’altitude mai
J’ai l’impression que la course ne commence que maintenant, et ce n’est pas désagréable de sentir que la forme est toujours là quand certains ont déjà trop donné.
Alors je reste dans ma bulle, dans mon rythme, concentrée, et je continue de remonter du monde.
Arrivée au Mont Serin, je dévore une assiette de pâtes-gruyères, je n’ai pas de temps à perdre. Le Mont Ventoux m’attend.
KM 57 – KM 72
Le sommet est là, à la fois si loin et si proche ! Il me parait magistral, et je comprends pourquoi on l’appelle le géant de Provence.
Il reste une dernière vraie montée de 5km et 600m de dénivelé pour enfin être récompensée de tous ces efforts. Le terrain est toujours aussi difficile, des cailloux bien sûr, mais aussi de la neige par endroits. Le contraste est amusant, j’ai le corps en feu, et les pieds dans le froid.
J’arrive au sommet et je découvre un paysage minéral presque lunaire, avec une vue incroyable, des sommets enneigés au loin. J’ai déjà gagné ma course, j’ai presque envie de rester là à admirer le paysage. Ce moment est suspendu.
Trève de plaisanterie, le vent arrache ma casquette et me rappelle à la réalité ! L’objectif est d’arriver avant la nuit, je n’ai pas de temps à perdre.
La descente attaque directement. Technique, instable, pleine de cailloux. Je manque de peu une belle chute dans la neige.
Les quadriceps se réveillent et brulent, car à force de contracter dans les descentes techniques, ils ont pris cher. Finalement la descente ne va pas être si facile que ça.
Et cette cheville… qui vrille. Une fois. Puis une autre. Je corrige à la volée, je m’adapte. Pas le choix. Je continue à descendre, à m’accrocher.
KM 72 – KM 80
Ne jamais sous-estimer une descente. Surtout quand il y a des cailloux, et des racines.
La fatigue commence à se faire sentir. Relancer devient compliqué. Mon corps hésite, refuse parfois. Mais je trouve un rythme, pas parfait, mais je continue à avancer. Je double encore. Moins facilement, mais sûrement. C’est là que la course se gagne, pas sur la vitesse, mais sur la résistance. Et dans le fond, je suis toujours en forme, même si mon corps a pris un coup avec la chaleur et le terrain.
Arrivée au ravitaillement de Plan de Laval, je ne m’attarde pas. Je n’ai pas vraiment faim, mon estomac ne peut plus rien digérer, je prends quand même un snickers histoire d’avoir un peu de sucre pour la fin.
KM 80 – Arrivée Malaucène
La fin est à la fois dure et douce. Facile à dire avec le recul, mais le sentier est légèrement vallonné, ce qui permet de se forcer à courir malgré l’envie de marcher. Je puise dans mes dernières ressources. Chaque tentative de relance demande un effort disproportionné. Mes jambes sont lourdes, usées par la chaleur, les montées, les descentes.
Mais je résiste, l’arrivée est proche, ce n’est pas le moment de se trainer comme une limace.
La ligne d’arrivée arrive presque doucement, comme une évidence, juste avant la tombée de la nuit. Mission accomplie ! 87 km et 4300 de d+, et une course enrichissante de plus au compteur.






