Lampe rouge obligatoire sur l’UTMB – mesure utile ou dérisoire?
La lampe frontale de secours Petzl e+ Lite propose le mode lumière rouge obligatoire sur l’UTMB
Lampe à lumière rouge obligatoire sur l’UTMB – une nouvelle mesure utile mais dérisoire face à l’impact global de l’événement
L’UTMB vient d’annoncer une mesure imposant

Sur le principe, difficile de contester l’imposition de nouvelles règles. La pratique du trail, surtout à l’échelle d’un événement comme l’UTMB, pose de vraies questions environnementales. Encadrer certains comportements, comme l’éclairage nocturne, va donc dans le bon sens, mais cette mesure est-elle la plus pertinente à mettre en place ?
Une logique de préservation déjà entamée : l’exemple du ravitaillement de la Balme
Ce n’est pas la première fois que l’organisation agit dans cette zone sensible. L’an dernier, le ravitaillement de la Balme, en pleine réserve naturelle des Contamines-Montjoie, avait été supprimé, justement pour limiter l’impact humain dans cette zone.
Moins de structures, moins de logistique, moins de déchets, et moins de bruit, cette décision avait une vraie cohérence écologique, même si elle avait demandé aux coureurs de s’adapter.
Cette nouvelle règle sur la lumière rouge s’inscrit donc dans cette volonté affichée de mieux protéger cet espace naturel.
Une incohérence difficile à ignorer
Mais ce raisonnement ne nous p
Juste avant d’entrer dans cette zone naturelle protégée, ou le silence et la discrétion lumineuse deviennent la règle, les coureurs traversent un passage avec une ambiance radicalement différente. Dans la montée de Notre-Dame de la Gorge, les coureurs traversent une fan zone bruyante, avec musique, encouragements massifs, corne de brume, éclairages puissants, parfois même fumigènes.


Le contraste est frappant. D’un côté, on demande aux coureurs de basculer en lumière rouge pour minimiser leur impact. De l’autre, on met en place ou on laisse s’installer des dispositifs bruyants et lumineux, à quelques minutes seulement de cette zone sensible.
Une goutte d’eau dans une problématique beaucoup plus large
Des recherches scientifiques ont démontré que la lumière artificielle nocturne constitue un facteur important de perturbation pour la faune. La lumière rouge serait la stratégie la plus efficace pour limiter les perturbations sur la biodiversité.
Imposer la lumière rouge est donc une mesure symbolique et surement utile, mais mettre en place cette mesure sur quelques kilomètres, cela reste marginal à l’échelle globale de l’événement.
Les vrais points d’impact sont ailleurs, notamment dans le
On ne juge pas la mesure inutile mais on souligne qu’elle est insuffisante et pas forcément adaptée, surtout si elle reste isolée.
La lumière rouge : utile, mais techniquement limitée
Au-delà du débat, cette règle va avoir des conséquences pour les coureurs.
Une lumière rouge fonctionne avec une LED spécifique qui préserve la vision nocturne et réduit l’éblouissement. Elle est moins perceptible par la faune, ce qui en fait un bon choix en environnement sensible, et elle consomme également moins d’énergie et augmente l’autonomie de la lampe, ce qui peut être utile lors d’une utilisation prolongée. Mais elle est surtout idéale lorsque l’on n’a pas besoin d’un éclairage puissant, comme lors de pauses, tout en restant discret.
Elle a une limite importante car elle éclaire moins bien. Concrètement, dans cette portion de la réserve naturelle des Contamines, qui est une montée longue et technique et qui se fait en pleine obscurité, cela impliquera forcément d’être plus attentif à ses appuis, le relief étant forcément moins visible.
ATTENTION toutes les frontales ne sont pas adaptées et ne proposent pas cette lumière rouge
Tous les modes rouges ne se valent pas. Beaucoup de frontales proposent un éclairage rouge très faible, pensé pour un usage statique (bivouac ou lecture de carte), mais insuffisant pour progresser efficacement en montagne.
Pour une utilisation en ultra trail, il faut privilégier des modèles avec un faisceau rouge homogène, une intensité suffisante, un accès facile au mode rouge et surtout une bonne autonomie.
Pour prendre le départ de l’UTMB, le matériel obligatoire comprend deux lampes frontales avec leurs batteries de secours. Avec cette nouvelle mesure, au moins l’une des deux doit être équipée d’une lumière rouge.
Reste à savoir si votre modèle de frontale actuel est adapté ou non, et comment mettre en route le mode lumière rouge. Nous y reviendrons dans un prochain article.
En résumé, il va falloir s’adapter plutôt que subir cette nouvelle règle
Si on applique cette règle, il faudra probablement accepter
L’obligation d’avoir une lampe frontale à lumière rouge sur une portion de l’UTMB montre une prise de conscience, et c’est une bonne chose. Elle s’inscrit dans une série de mesures, comme la suppression du ravitaillement de la Balme, qui vont dans le sens d’une meilleure préservation des milieux naturels.
Mais pour être crédible et réellement efficace, cette démarche devra aller plus loin, et surtout gagner en cohérence globale. L’impact majeur de l’évènement reste lié aux déplacements de milliers de participants et d’accompagnants, mais également sur le système de sélection qui pousse les coureurs à accumuler les kilomètres en multipliant les courses pour obtenir davantage de chances au tirage au sort, et c’est là-dessus qu’il faudrait concentrer les points d’amélioration et non pas sur l’équipement des coureurs.
Protéger une réserve naturelle sur quelques kilomètres tout en encourageant une mobilité internationale massive nous interroge sur la hiérarchie réelle des priorités environnementales.
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