Marathon de Paris : Gabriel Ayuso, influenceur révélé en 2023 par la télé-réalité et suivi par plus de 241 000 abonnés sur Instagram, se retrouve au cœur d’une double polémique.
1) Le Marathon de Paris lui attribue un chrono officiel de 5h37, alors qu’il affirme avoir couru en 3h36.
2) Sur les réseaux, certains l’accusent d’être un mytho… voire d’avoir triché.
Mais en analysant les données, une autre lecture apparaît. Et tout laisse penser que le problème vient du chronométrage, pas de la performance.
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Qui est Gabriel Ayuso ?
Gabriel Ayuso est un candidat de télé-réalité révélé au grand public en 2023 dans Love Island 2. Il a ensuite enchaîné plusieurs programmes populaires comme Les Cinquante 2, Les Apprentis Aventuriers, The Power, Les Apprentis Champions ou encore La Villa des Cœurs Brisés.
Avant la télévision, il a suivi des études en STAPS et évoluait notamment dans le rugby. Aujourd’hui, il développe une activité d’influenceur sur les réseaux sociaux.
Il ne vient pas du monde du trail ni de la course à pied compétitive. Sa participation au Marathon de Paris s’inscrit donc dans une démarche personnelle, comme celle de milliers d’amateurs au départ.
Les réseaux sociaux s’enflamment… alors qu’il y a visiblement eu un bug de puce
L’influenceur annonce 3h36 sur Strava, mais le site officiel affiche 5h37. Résultat : les accusations partent immédiatement.

Sur les réseaux, les commentaires s’enchaînent : « mytho », « il a pris le métro », « bravo pour tes 5h36 »… Comme souvent, l’écart suffit à déclencher une tempête.
Sauf qu’ici, les données racontent autre chose.
Une anomalie massive entre le km 5 et le km 10
Le cœur du problème se trouve dans les temps intermédiaires.
- km 5 en 21:53 (4:23/km) → cohérent
- km 10 en 2h28 → 29:40/km → aberrant
Autrement dit, le système indique plus de 2 heures pour parcourir 5 km.
Impossible physiologiquement. Aucun coureur ne peut courir à 4:23/km, puis mettre 2 heures pour 5 km… avant de repartir normalement.
Ce n’est pas une performance suspecte. C’est une donnée bugguée.
Une fin de course totalement cohérente… et même solide
Une fois l’anomalie isolée entre le km 5 et le km 10, l’analyse des temps intermédiaires montre que l’ensemble des indicateurs retrouve immédiatement une forme de normalité, avec des allures qui se stabilisent autour de 5:10 à 5:20/km et une progression régulière sur toute la seconde moitié de course. Du km 15 au km 35, le rythme reste constant, traduisant une gestion maîtrisée de l’effort, avant de laisser place à une accélération finale notable, avec un dernier segment couru à 4:54/km.
Dans le détail, ce type de profil correspond précisément à ce que l’on observe chez des coureurs capables de bien gérer leur marathon, en posant une base régulière, en maintenant leur allure dans la durée et en conservant suffisamment de ressources pour relancer sur les derniers kilomètres. Cette capacité à finir plus vite, loin d’être anormale, constitue même un indicateur classique d’une course bien construite.
On se trouve donc ici à l’opposé d’un effort incohérent ou suspect, et bien davantage face à une performance structurée, progressive et globalement maîtrisée.
Un profil incompatible avec une triche
Si l’on envisage l’hypothèse d’une triche, celle-ci devrait logiquement se traduire par des incohérences visibles à plusieurs niveaux des données, avec des ruptures répétées dans l’effort, des segments manquants ou encore un profil d’allure instable sur l’ensemble du parcours. Autrement dit, les anomalies ne seraient pas isolées, mais réparties tout au long de la course, donnant une impression générale de déséquilibre et de manque de cohérence.
Or, l’analyse détaillée des temps intermédiaires montre exactement l’inverse. Une seule anomalie apparaît clairement sur un segment précis, tandis que le reste de la course demeure parfaitement lisible, structuré et cohérent dans sa progression. Les allures s’enchaînent de manière logique, sans rupture notable, et la fin de course s’inscrit dans une continuité qui correspond à un effort maîtrisé.
Dans ce contexte, l’ensemble des éléments converge vers l’hypothèse d’un incident technique isolé, bien plus que vers celle d’une quelconque manipulation volontaire.
Des données Strava qui confirment la logique de course

La trace Strava va d’ailleurs dans le même sens, en mettant en évidence une allure globalement régulière, comprise entre 5:00 et 5:20/km, avec une progression cohérente sur l’ensemble du parcours. Si l’on observe bien quelques anomalies autour des kilomètres 28 et 29, avec des passages très rapides, celles-ci correspondent à des variations classiques liées aux imprécisions du GPS en environnement urbain, notamment sur un parcours comme celui de Paris. Ces écarts restent ponctuels et n’altèrent en rien la lecture globale de la performance.
L’explication la plus logique : un bug de puce
Dans ce contexte, l’hypothèse avancée par le coureur d’un problème de puce entre le km 5 et le km 10 apparaît non seulement crédible, mais surtout parfaitement cohérente avec les données observées. Sur les grandes épreuves, le chronométrage repose sur des tapis de détection qui enregistrent les passages des participants. Lorsqu’un point de passage n’est pas correctement capté, le système peut alors reconstituer un temps aberrant entre deux sections, ce qui fausse mécaniquement le chrono final.
C’est précisément ce qui semble s’être produit ici, avec un point intermédiaire non détecté, entraînant la création d’un segment artificiellement allongé et totalement incohérent. Ce type d’incident, bien que rare, reste connu sur les grandes courses et ne remet pas en cause la validité globale de l’organisation, mais illustre plutôt une défaillance ponctuelle du système de mesure.
Une polémique née d’une mauvaise lecture des données
En prenant du recul sur l’ensemble des éléments disponibles, une chose apparaît clairement : la course présente une cohérence globale du début à la fin, à l’exception d’un seul segment qui concentre toute l’anomalie.
Une fois cette erreur isolée, les données retrouvent immédiatement une logique d’ensemble, avec une allure régulière, une gestion progressive de l’effort et une fin de course maîtrisée. Autant d’éléments qui correspondent au profil classique d’un marathon bien couru, et non à celui d’une performance incohérente ou manipulée.
Dans ce contexte, l’écart entre les 3h36 annoncées et les 5h37 affichées officiellement s’explique beaucoup plus naturellement par un problème de chronométrage que par une quelconque triche.
La polémique, elle, semble surtout s’être construite sur une lecture partielle et immédiate des données, là où une analyse complète permet de remettre les faits en perspective.
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Cet article repose uniquement sur l’analyse des données publiques disponibles (temps intermédiaires officiels et trace GPS). Il ne remet pas en cause l’organisation du Marathon de Paris ni la fiabilité globale de son système de chronométrage.
Les anomalies évoquées ici peuvent survenir ponctuellement sur ce type d’événement et doivent être interprétées comme des incidents techniques isolés, et non comme une défaillance générale.






