Coup sur coup, ce sont deux annonces de suspension qui viennent d’être faites dans le monde de la course à pied. Deux affaires différentes mais aux mêmes conséquences et considérées de la même façon.
Et au milieu, il y a toujours la même question : est-ce que le système ne court pas après ses propres scandales ?
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Dopage, deux affaires de suspension, pour un même malaise
Albert Korir, un marathon au goût d’EPO ?
Albert Korir fait partie de ces coureurs sur route, ces marathoniens, que l’on surveille comme le lait sur le feu lorsqu’il est sur une start-list de course internationale. Il a gagné le marathon de New York en 2021, a pris la troisième place en 2023, et en a remporté quelques autres aux Etats-Unis. Son record personnel à 2h06 en fait un des meilleurs de sa discipline.
Mais est tombée le 30 mars sa sanction définitive, à savoir 5 ans de suspension totale de toute course officielle. Son tort ? Avoir été contrôlé positif à un dérivé synthétique de l’EPO de 3e génération, un dopant que l’on connaît si bien depuis les affaires cyclistes depuis la fin des années 1990.
Le Kenyan a reconnu d’ailleurs sa culpabilité au mois de janvier lors d’une audience, après 3 contrôles positifs effectués lors de sa préparation pour l’édition 2025 du marathon de New York. Et à 32 ans aujourd’hui, cette sanction correspond ni plus ni moins qu’à un retrait définitif du plus haut niveau pour lui. La troisième place obtenue à New-York est aussi invalidée, il conserve ses anciens titres.
Auriana Lazraq-Khlass, des manquements, une suspension
Auriana Lazraq-Khlass est la référence en France de l’heptathlon. La vice-championne d’Europe 2024 fait partie des grandes figures de l’athlé, de celles qui pourraient prendre la lumière pour ses performances et sa personnalité.
Néanmoins, l’athlète de 26 ans a été suspendu provisoirement cette semaine. Il ne s’agit pas là d’un cas de dopage, mais de manquements répétés (3 sur ces 12 derniers mois) à ses obligations de localisation.
Chaque athlète de ce niveau est soumis à une nécessité d’indiquer ses déplacements à l’avance afin de pouvoir être contrôlé. Les absences peuvent entraîner des contrôles manqués qui sont donc sanctionnés. Le fait de remplir de façon incorrecte ou en retard le logiciel Adams, le logiciel de suivi, peut aussi entraîner une sanction.
Aujourd’hui, l’athlète risque 2 ans de suspension. 2 ans à ce niveau de compétition représentent une éternité. La sanction n’est pas encore définitive, et elle va faire appel de la décision. Mais le mal est fait.
Deux histoires de dopage, une même affaire ?
En premier lieu, on aurait envie de faire de Korir et de Lazraq deux affaires identiques : encore deux dopés. Sauf que ce n’est pas ça. L’un est reconnu coupable, l’autre non. L’un est tombé pour dopage, l’autre a été mis en cause pour manquements de localisation. Et cette distinction n’est pas un détail, elle montre à quel point le terme de dopage ou de triche vient parasiter toute autre réflexion.
Le dopage assumé de Korir
Chez Albert Korir, on est sur une triche assumée, volontaire. Il y a même quelque chose de désespéré à vouloir consommer de l’EPO pour gagner. Avec les contrôles de plus en plus fréquents, et plus particulièrement la surveillance des athlètes Kényans, on ne peut plus passer au travers. Et c’est bien ce que cette affaire dit. Mais par désespoir, par besoin impérieux de sortir soi et sa famille de conditions de vie difficiles, on peut prendre tous les risques, jusqu’à se brûler inexorablement les ailes. Le seul espoir, c’est que ça tienne le plus longtemps possible. Pour Albert Korir, c’est fini.
Lazraq-Khlass, quand le problème n’est pas le produit mais le suivi
Dans le cas des manquements de localisation, on peut toujours fantasmer sur telle ou telle raison aux no-shows et aux défauts de données dans le logiciel de suivi. Sauf qu’il n’y a aucune preuve. Par contre, ce que tous les athlètes disent à haute voix, c’est à quel point ce système est dur à vivre. Entre le flicage permanent, la nécessité de contrôler et planifier à l’avance tous ses déplacements, et avec une sanction importante à la moindre incartade, la dose de stress n’est pas qu’une façon de parler. Cette surveillance permanente est anxiogène, kafkaïenne presque.
Et c’est là le piège. Car de nombreux sportifs tombent pour ces 3 manquements de localisation en 12 mois, 3 manquements qui, derrière, entachent une carrière ou une saison, mais sans révéler de dopage. Bien sûr que certains diront que le “vrai dopage” est forcément “là bas”, chez “eux”, pendant que “chez nous” on ne ferait que se tromper de fichier de localisation. Ce n’est pas vrai, les deux cas existent ici. Mais pour répondre aux trop nombreux cas de triche de certains pays coutumiers du fait, on fabrique ici artificiellement des victimes d’un système.
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