Tous les favoris de l’Ultra Terrestre 2026 : une start list qui change complètement la dimension de la course
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L’Ultra Terrestre revient en 2026 avec une promesse claire : franchir un cap. Créée en 2025, cette épreuve XXL de 224 km pour plus de 14 000 m de dénivelé positif, tracée sur l’île de La Réunion, s’est déjà imposée comme une version encore plus extrême de la Diagonale des Fous. Mais cette année, au-delà du parcours, c’est bien le plateau qui attire l’attention et qui change la perception de la course.
Autour de François D’Haene, quadruple vainqueur de l’UTMB et de la Diagonale, la liste des engagés s’étoffe avec des profils très marqués, presque spécialisés, dans l’ultra long. On ne parle plus simplement de prétendants solides, mais d’athlètes capables d’enchaîner plusieurs jours d’effort à un niveau d’exigence rarement atteint. Ce qui apparaissait encore en 2025 comme une “grosse course” prend, en 2026, la forme d’un véritable affrontement entre différentes écoles de l’ultra.
Tous les favoris de l’Ultra Terrestre 2026
François D’Haene face à un terrain qui n’est pas forcément le sien
Sur le papier, François D’Haene reste la référence. Son palmarès, son expérience du terrain réunionnais et sa maîtrise des formats longs en font un favori naturel, presque évident. Pourtant, derrière cette évidence apparente, une question commence à émerger, y compris chez certains observateurs.
Ce format très étendu, qui se rapproche des standards des 200 miles, correspond-il réellement à son terrain d’expression optimal ?
Car face à lui, la concurrence n’est pas composée de coureurs polyvalents capables de briller un peu partout. Il s’agit, pour la plupart, de spécialistes du très long, habitués à gérer le manque de sommeil, la fatigue extrême et des conditions parfois dégradées sur plusieurs jours. Dans ce type de contexte, la hiérarchie classique peut rapidement se brouiller, et le rapport de force évoluer.
Les premières réactions de la communauté convergent vers une même idée : le niveau est exceptionnel, mais surtout extrêmement homogène dans la spécialisation. Certains placent encore François D’Haene au-dessus, à condition qu’il soit à son meilleur niveau. D’autres insistent sur la régularité de Raichon ou sur la capacité de certains profils à performer lorsque les conditions se dégradent.
Mais au-delà des pronostics, une tendance se dessine. Sur un format aussi long, dans un environnement aussi exigeant que celui de La Réunion, la course ne se gagnera probablement pas sur un simple écart de vitesse.
Les différences se feront ailleurs, dans la gestion, dans la lucidité, dans la capacité à encaisser les moments de rupture. Sur ce type d’épreuve, les écarts se construisent rarement sur une accélération, mais plutôt sur la manière dont chacun résiste lorsque tout commence à se dégrader.
Raichon, Sherpa, Richard… les machines du très long sont là
Parmi les noms annoncés, certains profils s’imposent immédiatement comme des repères. Sébastien Raichon, récent vainqueur de la Montane Spine Race, incarne parfaitement cette capacité à durer. Sa manière de courir, régulière et méthodique, lui permet d’aller au bout quelles que soient les conditions, avec une fiabilité rare sur ces formats.
Sangé Sherpa, de son côté, s’inscrit dans une dynamique similaire, en enchaînant les performances sur des distances extrêmes. Ses victoires sur des formats hors norme témoignent d’une capacité d’adaptation et d’une robustesse qui peuvent faire la différence lorsque la course s’étire dans le temps.
Victor Richard et Nicolas Lehmann représentent une autre approche, plus européenne, souvent plus collective et stratégique, mais tout aussi redoutable. Leur expérience sur des formats allant de 200 à 600 km les place naturellement parmi les profils à surveiller, notamment si la course bascule dans une logique de gestion pure.
Autour d’eux, Martin Perrier et Louis Calais complètent un ensemble particulièrement dense, avec des références solides sur des courses longues et techniques. Dans un tel contexte, il devient difficile d’identifier un point faible dans le plateau : chacun arrive avec des armes spécifiques, et aucune marge ne semble réellement possible.
Claire Bannwarth, le facteur imprévisible
Au milieu de cette confrontation très structurée entre spécialistes, la présence de Claire Bannwarth apporte une dimension différente. Habituée des formats hors normes, capable d’enchaîner les efforts et de repousser ses propres limites, elle échappe souvent aux cadres habituels d’analyse.
Son profil est difficile à situer, justement parce qu’il ne répond pas aux logiques classiques de performance. Mais c’est aussi ce qui fait sa force : dans une course aussi longue, cette capacité à sortir des schémas peut devenir un avantage.
Sa présence rappelle que cette édition 2026 ne se résumera pas à une opposition entre favoris clairement identifiés. Elle ouvre la porte à des scénarios plus ouverts, où la résistance mentale et la stratégie auront autant d’importance que la vitesse pure.
En résumé, l’Ultra Terrestre 2026 pourrait marquer un tournant.
D’un côté, un champion emblématique du trail, capable de dominer les formats classiques. De l’autre, une génération de spécialistes du très long, évoluant sur des terrains encore peu explorés par les grandes figures historiques.
Ce qui se joue ici dépasse la simple confrontation de noms. C’est un choc de profils, presque de visions du trail, qui va donner toute sa valeur à cette course.
Et c’est peut-être là que réside son intérêt principal. Pour la première fois, l’Ultra Terrestre ne se contente pas d’être une course extrême. Elle devient un révélateur : révélateur d’un basculement vers des formats toujours plus longs, révélateur d’une hiérarchie en train de se redessiner, et révélateur, surtout, de ce que signifie réellement performer lorsque la course dépasse largement les standards habituels.






