Courir de nuit avec une frontale sur la tête n’a rien d’illégal.
Aucun article de loi n’interdit explicitement de s’entraîner ou de faire son footing après la tombée du jour. Pourtant, certains coureurs se sont récemment fait contrôler, voire verbaliser. De là à dire qu’on peut être arrêté pour un simple footing nocturne ? Pas tout à fait… mais oui, dans certains cas, les gendarmes sont parfaitement en droit de vous arrêter ou de dresser une contravention.
L’explication est à chercher non pas dans une loi spécifique au running ou au trail, mais dans le Code de la route, qui s’applique à tout piéton circulant sur la voie publique — de jour comme de nuit.
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Ce que dit la loi : courir de nuit n’est pas une infraction
La course à pied nocturne est autorisée partout en France. Il n’existe aucune obligation légale de porter une lampe frontale, un gilet fluo ou un équipement réfléchissant, même en pleine nuit. Courir sans être visible n’est donc pas une infraction en soi.
Mais selon le lieu où vous courez, certaines règles s’appliquent — et peuvent déboucher sur une verbalisation si elles ne sont pas respectées.
En ville (en agglomération)
Tant que vous courez sur un trottoir, une voie verte ou un espace piétonnier, vous ne risquez rien légalement, même vêtu de noir. Mais si vous êtes contraint de circuler sur la chaussée faute d’infrastructure dédiée, l’article R412-6 du Code de la route impose un comportement prudent. En cas de situation jugée dangereuse ou perturbatrice pour la circulation, les forces de l’ordre peuvent intervenir.
Hors agglomération : attention au sens de circulation
C’est là que le risque de contravention devient bien réel. En dehors des villes, un coureur est considéré comme un piéton circulant sur la voie publique. Il est donc obligatoire de courir sur le côté gauche de la chaussée (face à la circulation), comme le prévoit l’article R412-36.
C’est la contravention la plus probable en cas de contrôle nocturne. Elle ne tient ni à la luminosité ni à la tenue du coureur, mais au non-respect du sens de circulation.
Les cas où l’amende peut monter à 135 €
Le montant de 135 €, souvent cité sur les réseaux sociaux, ne concerne pas le simple fait de courir de nuit. Il s’agit d’une amende de quatrième classe, applicable uniquement dans des contextes spécifiques :
Quand l’amende de 135 € peut tomber
Vous franchissez un périmètre de sécurité (accident, intervention, manifestation).
Vous refusez de vous identifier ou d’obtempérer à une injonction des forces de l’ordre.
Vous créez une entrave manifeste à la circulation (ex : vous courez en groupe sur la route, sans visibilité).❗️Ces cas ne concernent qu’une minorité de situations extrêmes, sans lien direct avec la course nocturne classique.
Les rappels de la gendarmerie : prévention, pas répression
Face à la recrudescence des entraînements nocturnes (notamment chez les traileurs en hiver), la gendarmerie publie régulièrement des messages de prévention sur les réseaux sociaux.
Le ton est rarement accusateur. Il s’agit plutôt de rappeler les bons réflexes : visibilité, itinéraire connu, écouteurs limités, téléphone chargé. Mais ces recommandations ne sont pas des obligations légales, sauf arrêté local.
Conclusion : oui, les gendarmes peuvent vous arrêter… mais pas pour n’importe quoi
Courir de nuit n’est pas interdit.
Ne pas porter de gilet fluo n’est pas une infraction.
Mais courir sur le mauvais côté de la route, hors agglomération, peut vous coûter 11 €.
Et dans des cas extrêmes, vous pouvez risquer 135 €, mais seulement si vous enfreignez un arrêté ou refusez un contrôle.
En résumé : la course à pied nocturne reste une pratique libre. Mais connaître les règles du Code de la route peut éviter de mauvaises surprises. S’entraîner intelligemment, c’est aussi respecter la loi — même à la frontale.






