Guidon recourbé, poste de pilotage ultra‑plat, cintre extra‑large : le VTT a vu arriver ces dernières années des équipements issus du monde de la route et du gravel. Le cintre, c’est simplement la barre que l’on tient pour diriger le vélo, ce que l’on appelle couramment le guidon. Sa forme, sa largeur et sa hauteur conditionnent la position du corps, l’équilibre et la capacité à contrôler le vélo dans les passages techniques. En cherchant à gagner en vitesse, en confort ou en rendement sur les portions roulantes, certains montages ont progressivement brouillé la frontière entre disciplines. Mais cette évolution a un revers. Dans plusieurs grandes compétitions, certaines de ces pièces sont désormais interdites, non pour des raisons esthétiques, mais parce qu’elles posent de vrais problèmes de sécurité et de cohérence avec la pratique du VTT.
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Les pièces interdites en VTT
Les guidons de type dropbar
Il s’agit des guidons recourbés vers le bas que l’on retrouve sur les vélos de route et de gravel. Ils offrent plusieurs positions de mains et une posture plus basse, favorable à l’aérodynamisme.
Les extensions et bar‑ends
Ce sont des appendices fixés aux extrémités du guidon, permettant de changer de prise ou de tirer plus fort en montée.
Les cintres aux dimensions extrêmes
Certains guidons très plats, très larges ou très profilés, pensés pour la stabilité ou l’aérodynamisme, sortent des standards du VTT classique.
Pourquoi ces pièces sont interdites
Le cas des dropbars
Monté sur un VTT, un guidon route impose une position plus basse et plus étroite des bras. Sur terrain accidenté, cela réduit la capacité à corriger une trajectoire, à absorber un choc et à réagir rapidement dans une descente technique. Ce type de guidon peut faire gagner quelques watts sur une piste roulante, mais il augmente clairement le risque de perte de contrôle dès que le sol devient instable.
Le problème des extensions
Les bar‑ends modifient la largeur réelle du poste de pilotage et peuvent s’accrocher dans la végétation ou dans un autre vélo en course groupée. En cas de chute, ils augmentent aussi le risque de blessure, car ils créent des points saillants susceptibles d’aggraver un impact.
Les cintres hors normes
Des guidons excessivement larges ou extrêmement plats peuvent déséquilibrer la posture, tendre exagérément les épaules et réduire la précision de pilotage sur sentiers étroits. Dans certaines configurations, ils favorisent la vitesse en ligne droite mais pénalisent la maniabilité, ce qui est contraire à l’essence même du VTT.
L’exemple aux États‑Unis
Le motif est double.
– D’une part, ces courses se déroulent en montagne, sur des pistes rapides mais aussi sur des portions techniques, où le contrôle du vélo est prioritaire sur l’aérodynamisme.
– D’autre part, les organisateurs souhaitent préserver une identité VTT claire et éviter que ces épreuves ne se transforment en courses hybrides dictées uniquement par la recherche du rendement sur le plat.
Le règlement impose désormais l’usage de cintres droits ou légèrement relevés, avec des contrôles avant course et des sanctions pouvant aller jusqu’à la disqualification.
Quel type de VTT choisir quand on pratique aussi le trail
Pour un coureur qui utilise le vélo comme complément d’entraînement, l’objectif n’est pas de gagner des secondes sur une piste roulante, mais de développer des qualités utiles à la course en montagne. Un VTT équipé d’un guidon droit, d’une position relativement haute et d’une géométrie stable permet de travailler la puissance en montée, le gainage et la coordination, tout en restant proche des sensations corporelles du trail. Un hardtail, c’est-à-dire un VTT avec une suspension uniquement à l’avant et un cadre rigide à l’arrière, convient très bien à cet usage. Il est plus léger, plus direct, et offre de bonnes sensations sans alourdir le pédalage. C’est un excellent choix pour les profils roulants ou vallonnés. Sur des terrains plus accidentés, un tout-suspendu (avec suspension avant et arrière) peut apporter un confort et un contrôle supplémentaires. Dans les deux cas, l’idéal reste un vélo avec des pneus adaptés aux sentiers, une transmission fluide, et un poste de pilotage classique orienté maniabilité plutôt que performance aérodynamique.
Comment intégrer le VTT dans un entraînement trail
Le VTT peut devenir un outil précieux pour développer l’endurance et la force sans subir l’impact répété de la course à pied. Les longues montées à vélo reproduisent très bien l’effort musculaire et cardiaque d’une ascension en trail, tout en ménageant les articulations. Les descentes, lorsqu’elles sont techniques, renforcent la proprioception, la stabilité du tronc et la capacité à gérer la vitesse sur terrain irrégulier. Utilisé ainsi, le VTT complète idéalement les sorties à pied, notamment en période de forte charge ou lors des phases de récupération active. L’essentiel est de conserver une position naturelle et un matériel orienté contrôle plutôt que rendement pur.
En résumé, les interdictions récentes de certaines pièces en compétition VTT ne traduisent pas un rejet de l’innovation, mais un rappel fondamental : chaque discipline a ses contraintes et son geste propre.
Un guidon ou un composant peut être parfaitement adapté à la route ou au gravel, tout en devenant inapproprié, voire dangereux, dès que le terrain se complique. Pour les traileurs qui s’entraînent en VTT, cette logique est la même. Le matériel doit servir la maîtrise, la sécurité et le transfert vers la course à pied, bien plus que la recherche d’une vitesse théorique. Que l’on roule ou que l’on court, la performance durable commence toujours par une adéquation entre le corps, le terrain et l’outil.






