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🎥 Karl Bushby a marché 50 000 km pendant 28 ans pour rentrer chez lui
@bfmtv 50.000 km à pied en 28 ans: l’aventurier Karl Bushby achève son tour du monde et rentre chez lui en héros #sinformersurtiktok #royaumeuni #tourdumonde #voyageur ♬ son original – BFMTV
C’est une aventure qui dépasse les distances les plus folles de l’ultra-trail. Après 28 ans d’expédition, 50 000 km parcourus et près de 30 pays traversés, le Britannique Karl Bushby est enfin rentré chez lui, lundi 2 novembre 2026. À 57 ans, cet ancien militaire a achevé un défi commencé en 1998, avec une seule idée en tête : rejoindre son pays par ses propres moyens, sans utiliser de transport pour progresser.
Dans le monde de l’ultra-endurance, où les coureurs repoussent régulièrement leurs limites sur des courses de plusieurs centaines de kilomètres, cette aventure rappelle qu’il existe une autre manière d’aborder les très longues distances : avancer pendant des années, malgré les obstacles, sans jamais abandonner son objectif.
50 000 km à pied : une distance qui dépasse l’imagination
Pour mesurer l’ampleur de cette expédition, il suffit de convertir la distance parcourue en une référence familière aux coureurs : 50 000 km représentent l’équivalent d’environ 1 185 marathons.
Mais Karl Bushby n’a pas cherché à courir contre la montre. Son défi reposait sur une autre forme d’endurance, celle qui consiste à progresser sur des milliers de kilomètres, dans des environnements parfois hostiles, en acceptant que l’arrivée puisse rester inaccessible pendant des années.
Son aventure, baptisée Goliath Expedition, débute le 1er novembre 1998 à Punta Arenas, dans le sud du Chili. Âgé de 29 ans, l’ancien parachutiste britannique se fixe alors deux règles : ne jamais utiliser de moyen de transport pour avancer sur son itinéraire et ne pas rentrer chez lui avant d’avoir terminé son parcours.
Il traverse ainsi les Amériques, affronte les régions tropicales d’Amérique centrale, rejoint l’Alaska, puis franchit le détroit de Béring pour gagner la Russie. Son itinéraire le conduit ensuite à travers l’Asie et l’Europe.
Au fil des années, il doit composer avec des températures extrêmes, des terrains difficiles et des conditions de progression qui n’ont parfois plus rien à voir avec celles d’une randonnée traditionnelle.
Son plus grand adversaire n’a pas été la distance
Dans une course d’ultra-trail, les difficultés viennent principalement du terrain, de la météo, de la fatigue et de la gestion de l’effort. Pour Karl Bushby, les obstacles les plus contraignants ont souvent été administratifs et géopolitiques.
Les refus de visas, notamment en Russie, l’ont obligé à interrompre son voyage pendant de longues périodes. La crise financière de 2008, qui a compliqué son financement, puis la pandémie de Covid-19 ont également retardé son retour.
Les 28 années de son aventure ne correspondent donc pas à 28 années de marche ininterrompue. Lorsqu’il ne pouvait plus avancer, Bushby mettait son expédition en pause, parfois pendant plusieurs années, avant de reprendre exactement à l’endroit où il s’était arrêté.
Cette particularité donne une autre dimension à son exploit. Là où un coureur d’ultra-endurance doit généralement gérer une épreuve sur quelques heures ou quelques jours, le Britannique a dû conserver le même objectif pendant presque trois décennies.
Il lui a aussi fallu faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. Pour respecter sa règle interdisant les transports, il a notamment traversé la mer Caspienne à la nage, avant de franchir également la Manche en octobre 2026 pour rejoindre le Royaume-Uni depuis la France.
Après 28 ans, Karl Bushby retrouve enfin sa famille
Le lundi 2 novembre 2026, son arrivée à Hull, dans le nord-est de l’Angleterre, a été accueillie par une foule venue célébrer la fin de cette expédition hors norme.
Mais au-delà des kilomètres, l’émotion se trouvait surtout dans les retrouvailles familiales.
Karl Bushby a retrouvé sa mère Angela, son fils Adam, aujourd’hui âgé de 36 ans, ainsi que sa petite-fille de 12 ans, qu’il n’avait encore jamais rencontrée.
Parti à 29 ans, il est revenu à 57 ans. Entre ces deux dates, une grande partie de sa vie s’est déroulée sur les routes du monde.
Son aventure devrait désormais faire l’objet d’un documentaire réalisé par le cinéaste allemand Werner Herzog, intitulé Walk of Life.
En résumé, Karl Bushby c’est une autre vision de l’ultra-endurance
Karl Bushby n’est pas un ultra-traileur et son expédition ne constitue pas une performance sportive chronométrée. Il serait donc trompeur de comparer directement son parcours à une compétition comme l’UTMB, la Diagonale des Fous ou la Barkley.
Pourtant, son histoire rejoint certaines des valeurs fondamentales de l’ultra-endurance : la patience, la capacité à gérer l’incertitude et la détermination nécessaire pour poursuivre un objectif lorsque les difficultés s’accumulent.
La différence tient principalement à l’échelle du temps. Quand un ultra-traileur doit parfois trouver les ressources nécessaires pour tenir une nuit supplémentaire, Karl Bushby a dû trouver les raisons de continuer pendant 28 ans.
Son exploit ne se résume donc pas aux 50 000 km parcourus. Il tient aussi à cette décision, prise en 1998, qu’il a réussi à respecter jusqu’au bout : ne rentrer chez lui qu’une fois son aventure terminée.
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