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🎧 Tove Alexandersson : d’où vient celle qui domine le trail mondial ?
La Suédoise de 34 ans accumule les victoires avec des écarts rarement observés au plus haut niveau. Après Zegama, le Marathon du Mont-Blanc et les Templiers, elle a remporté le Tsaigu Trail en Chine, avec plus de 42 minutes d’avance sur Courtney Dauwalter. Mais son ascension n’a rien d’une apparition soudaine : la course d’orientation connaît son talent depuis longtemps.
Il ne suffit plus de regarder si Tove Alexandersson gagne. Depuis plusieurs mois, la question est surtout de savoir combien de minutes elle va prendre à ses adversaires. Sur des parcours montagneux exigeants, la Suédoise transforme des confrontations annoncées comme serrées en démonstrations de force. Ses résultats en 2026 interpellent d’autant plus qu’elle n’a commencé à concentrer davantage son attention sur le trail que récemment, après une carrière déjà immense dans d’autres disciplines.
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Sur le Tsaigu Trail en Chine, Tove Alexandersson vient de battre Courtney Dauwalter de 42 minutes
Le 30 octobre 2026, Tove Alexandersson a ajouté une nouvelle victoire à son palmarès sur le 50 km du Tsaigu Trail, en Chine. Sur un parcours d’environ 2 600 m de dénivelé positif, elle a franchi la ligne en 4 h 25 min 45 s. La Russe Varvara Shikanova a pris la deuxième place en 5 h 01 min 23 s et l’Américaine Courtney Dauwalter la troisième en 5 h 07 min 52 s.
L’écart est saisissant : 35 min 38 s sur la deuxième et 42 min 07 s sur Courtney Dauwalter. Alexandersson a également amélioré le record féminin du parcours de près de 38 minutes. Un résultat qui prend une autre dimension lorsqu’on sait que Dauwalter est l’une des plus grandes championnes de l’histoire de l’ultra-trail.
La comparaison mérite toutefois une nuance. Courtney Dauwalter a bâti son palmarès sur les très longues distances, notamment les courses de 100 miles, tandis que Tove Alexandersson excelle pour l’instant sur des formats plus courts, intenses et techniques. Ce résultat ne suffit donc pas à établir une hiérarchie entre les deux athlètes sur toutes les distances. Il confirme en revanche à quel point la Suédoise est difficile à suivre sur un trail d’environ 50 km.
Zegama, Mont-Blanc, Templiers : une saison 2026 impressionnante
Sa victoire en Chine n’est pas un exploit isolé. En mai, pour sa première participation à Zegama-Aizkorri, Alexandersson avait bouclé le parcours en 4 h 08 min 09 s, abaissant de 8 min 34 s le record féminin détenu par Nienke Brinkman depuis 2022. Malen Osa, deuxième, terminait à 15 min 47 s.
Le 28 juin, elle avait récidivé sur les 42 km du Marathon du Mont-Blanc. Avec un chrono de 3 h 55 min 07 s, elle devenait la première femme à passer sous les 4 heures sur cette épreuve. La Norvégienne Ida Amélie Robsahm, deuxième, arrivait 23 min 21 s plus tard.
En octobre, au Marathon des Causses, lors du Festival des Templiers, elle s’était imposée en 2 h 42 min 49 s, avec 14 min 24 s d’avance sur Vivien Bonzi. Elle terminait surtout quatrième du classement général, femmes et hommes confondus, à seulement 35 secondes du troisième homme. Elle avait également remporté le Mistral Marathon Trail du Grand Raid Ventoux en avril.
Ces succès, obtenus sur des terrains et face à des adversaires différents, donnent à sa saison une cohérence remarquable. Ils rendent difficile l’idée d’une simple réussite ponctuelle.
Une championne du monde que le trail n’a pas découverte
Née le 7 septembre 1992 en Suède, Tove Alexandersson ne vient pas de nulle part. Avant de s’imposer sur les sentiers balisés, elle était déjà une référence majeure en course d’orientation, discipline dans laquelle elle a accumulé 23 titres de championne du monde. Elle compte aussi 10 titres mondiaux en ski d’orientation et 2 titres mondiaux en ski-alpinisme.
Son entrée fracassante dans le trail international avait pris une dimension particulière lors des championnats du monde de trail court de Canfranc, en septembre 2025. Sur 45 km, elle s’était imposée en 5 h 04 min 20 s. L’Espagnole Sara Alonso, vice-championne du monde, avait terminé à 33 min 55 s. Face à un plateau mondial, la démonstration ne pouvait plus être attribuée à un manque d’opposition.
Pourquoi la course d’orientation lui donne un tel avantage
La course d’orientation exige bien davantage que de savoir lire une carte. Les meilleures athlètes doivent courir vite en terrain naturel, souvent hors des sentiers, franchir des obstacles, adapter leurs appuis à chaque foulée et décider d’un itinéraire tout en maintenant une intensité élevée. La moindre erreur de navigation peut coûter une course.
Ce bagage semble particulièrement bien se transférer au trail technique. Là où certains coureurs doivent ralentir pour négocier une descente ou retrouver leur équilibre sur un terrain instable, une spécialiste de l’orientation dispose de nombreuses années d’expérience dans ces conditions. À cela s’ajoutent, dans le cas d’Alexandersson, une très grande capacité physique et une habitude de la compétition internationale.
Il serait pourtant excessif d’expliquer toute sa domination par son seul passé d’orienteuse. D’autres champions issus de cette discipline, comme Frédéric Tranchand, montrent qu’elle constitue une formidable école pour la course en montagne, sans que chaque spécialiste devienne automatiquement imbattable. Alexandersson possède aussi une combinaison personnelle de vitesse, de technique et d’endurance qui la distingue.
En résumé, jusqu’où Tove Alexandersson peut-elle aller
Le plus frappant est peut-être qu’Alexandersson continue de découvrir certaines courses. Aux Templiers, elle a expliqué aux organisateurs n’avoir reconnu que les trois derniers kilomètres du parcours et ne pas avoir réalisé, pendant l’épreuve, qu’elle se rapprochait du podium masculin. À Zegama, en revanche, elle avait préparé minutieusement sa première participation : ses résultats tiennent autant de l’expérience que de l’adaptation.
La suite suscitera forcément des attentes, notamment sur les grandes classiques montagneuses où la technicité compte autant que la vitesse. Pour autant, sa supériorité actuelle sur les formats de 30 à 50 km ne permet pas de prédire ses performances sur un ultra de 100 miles.
Une chose est sûre : le trail ne vient pas d’assister à la naissance d’une championne. Il découvre, avec quelques années de retard, une athlète déjà exceptionnelle dans son sport d’origine.
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.










