Ecouter cet article sur les tendinites
Parmi les blessures qui plombent le moral des coureurs — du joggeur du dimanche au trailer confirmé — la tendinite reste l’une des plus sournoises.
Elle s’installe progressivement, s’amplifie avec l’effort, et peut freiner des semaines, voire des mois d’entraînement. Pourtant, malgré les conseils multiples qui circulent, le remède le plus puissant reste souvent sous-estimé : le repos.
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Qu’est‑ce qu’une tendinite chez le coureur ?
La tendinite, ou plutôt tendinopathie, est une réaction douloureuse d’un tendon à des sollicitations répétées. Chez le coureur, les zones les plus touchées sont typiquement le tendon d’Achille, le tendon rotulien ou encore la bandelette ilio‑tibiale autour du genou. Cette irritation apparaît généralement quand le tendon est soumis à un stress trop intense ou trop fréquent, sans période de récupération suffisante.
On peut la sentir comme une douleur progressive qui survient d’abord pendant la course, puis même au repos. Si elle n’est pas prise au sérieux, elle peut évoluer vers une tendinopathie chronique et devenir difficile à traiter.
La vraie origine : le sur‑entraînement
Chez les coureurs, le principal déclencheur d’une tendinite est une surcharge d’entraînement mal gérée. Quand on augmente trop vite le volume, l’intensité ou la durée des séances sans laisser de vraies phases de récupération, le tendon n’a pas le temps de s’adapter et fini par flancher.
Chaque foulée applique une contrainte sur les tendons. Sans repos adéquat entre deux séances, ces contraintes s’accumulent plus vite que les tissus ne peuvent se réparer. C’est ce déséquilibre entre charge et récupération qui déclenche la douleur.
Repos : le traitement numéro 1
On entend souvent parler d’étirements, d’anti‑inflammatoires, de compléments alimentaires ou encore d’exercices ciblés pour soulager une tendinite. Pourtant, aucun de ces outils n’est réellement efficace si le repos n’est pas au cœur de la stratégie. Le repos est ce qui permet de stopper le cercle vicieux de la sursollicitation, de calmer l’inflammation et de relancer le processus naturel de réparation des fibres tendineuses. C’est aussi lui qui évite que la douleur ne devienne chronique, avec des lésions irréversibles à la clé.
Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter toute activité physique de manière définitive. Il s’agit surtout d’alléger radicalement la charge d’entraînement, voire de suspendre temporairement les efforts intenses pour permettre au tendon de respirer. Cette pause active est souvent difficile à accepter pour un coureur passionné, mais elle est nécessaire pour éviter des mois de complications.
Nombreux sont ceux qui espèrent pouvoir continuer à courir « un peu », malgré la douleur. Mais cette attitude, si elle prolonge l’exposition au stress mécanique, peut compromettre durablement la guérison. Un tendon fragilisé qui continue de subir des microtraumatismes ne retrouve jamais sa pleine capacité d’absorption. C’est pourquoi il est essentiel de privilégier le repos total ou partiel, et de ne reprendre la course qu’une fois la douleur totalement disparue.
Comment gérer concrètement ce repos
Il ne s’agit pas d’abandonner toute activité physique, mais plutôt d’apprendre à écouter son corps et à ajuster intelligemment sa pratique. La première étape consiste à stopper immédiatement toute séance qui provoque une douleur franche au niveau du tendon concerné. Ensuite, il est essentiel de programmer des jours de repos complet, sans course à pied, afin de permettre aux tissus de se régénérer. Durant cette phase, certaines activités alternatives comme la marche, le vélo sur terrain plat ou la natation peuvent être envisagées, à condition qu’elles ne déclenchent aucune gêne ou douleur, même légère. La reprise de la course ne doit se faire que lorsque les symptômes ont totalement disparu, en commençant par des séances très courtes et très progressives, avec une attention particulière portée à chaque sensation. Ce retour doit se faire sur plusieurs semaines, sans précipitation, afin d’éviter toute rechute.
Prévenir plutôt que guérir
La meilleure stratégie reste d’éviter l’apparition des tendinites en adoptant une approche préventive à l’entraînement. Cela passe d’abord par une progression mesurée des charges, en augmentant progressivement les volumes et les intensités, sans chercher à brûler les étapes. Il est également fondamental d’intégrer des jours de repos complet chaque semaine, et de respecter ces pauses comme des moments aussi importants que les séances elles-mêmes. Être attentif aux signaux du corps joue un rôle clé : des raideurs inhabituelles, des douleurs dès le lever ou une gêne persistante doivent alerter avant que la blessure ne s’installe. Enfin, soigner son hygiène de vie, en particulier la qualité du sommeil et l’équilibre alimentaire, permet de soutenir les processus de récupération naturelle et de renforcer la résilience des tissus face aux contraintes mécaniques répétées.
En résumé, pour un coureur, une tendinite n’est pas simplement une douleur à gérer avec des remèdes miracles.
Elle est le signe que le corps est allé trop loin sans pause suffisante. Dans presque tous les cas, le repos reste le traitement le plus efficace et le seul capable de permettre une guérison durable. Écouter son corps, accepter de ralentir, et laisser le temps faire son œuvre : voilà le vrai secret pour revenir plus fort et plus sain sur les sentiers.
Sources
Les informations contenues dans cet article s’appuient sur plusieurs références consultées en janvier 2026 :
– Article “Complément alimentaire et tendinite” publié sur courirencharentemaritime.fr
– Fiches pédagogiques sur la tendinopathie disponibles sur toutpourmasante.fr
– Documentation médicale de Wikipedia sur les tendinopathies
– Articles de prévention des blessures chez le coureur publiés sur des blogs spécialisés comme Freeletics ou Movement-Based Therapy
– Témoignages et recommandations de kinésithérapeutes spécialisés en course à pied.
Lire nos précédents articles sur les tendinites et les blessures
- Sport, trail et course à pied : comment guérir le plus vite possible d’une tendinite ?
- Oulala il y a eu beaucoup de tendinites sur l’UTMB cette année..
- Remèdes anciens pour maux modernes
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