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🎧 À moins d’une semaine de Sierre-Zinal, l’affiche masculine a perdu deux de ses figures les plus attendues.
Kilian Jornet, indissociable de l’histoire de l’épreuve, ne sera pas présent. Rémi Bonnet, qui devait porter les espoirs du public suisse, a également déclaré forfait en raison d’une blessure au mollet.
Ces deux absences ne feront pas de l’édition 2026 une course au rabais. Plusieurs des meilleurs coureurs de montagne du monde seront encore au départ le 8 août. Mais sans son maître historique et sans son principal représentant local, Sierre-Zinal perd une partie du récit qui devait accompagner la bataille pour la victoire.
Sans Kilian Jornet, Sierre-Zinal perd son principal repère
L’absence de Kilian Jornet ne correspond pas au forfait ordinaire d’un favori. Dix fois vainqueur de Sierre-Zinal et détenteur du record de l’épreuve en 2 h 25 min 34 s, le Catalan est devenu une partie de l’histoire de la course.
Même lorsqu’il ne possède plus une marge évidente sur ses adversaires, sa présence suffit à transformer l’événement. Chacune de ses accélérations est comparée à ses anciennes victoires, chaque temps intermédiaire au rythme de son record et chaque passage à Chandolin ou à l’hôtel Weisshorn rappelle les éditions qu’il a dominées.
Sans lui, la course reste prestigieuse, mais elle perd son principal point de comparaison.
Le forfait de Rémi Bonnet prive le public suisse de son grand espoir
Le retrait de Rémi Bonnet crée un manque très différent. Le Suisse n’a pas encore remporté Sierre-Zinal, mais il devait être l’un des hommes les plus suivis de cette édition.
Sa puissance dans les montées, sa connaissance du terrain et son statut de coureur local lui permettaient d’incarner une véritable possibilité de victoire suisse. Face aux meilleurs athlètes kényans, il représentait surtout l’un des rares coureurs capables de bouleverser la course dès sa première partie ascendante.
Une petite déchirure musculaire au mollet l’a finalement contraint à renoncer. Après des examens médicaux, Rémi Bonnet a préféré ne pas risquer d’aggraver la blessure. Sa priorité est désormais de récupérer avant l’OCC, programmée quelques semaines plus tard pendant l’UTMB Mont-Blanc.
Sierre-Zinal perd donc l’homme que le public valaisan espérait voir lutter pour la victoire jusqu’à Zinal.
La course conserve pourtant un plateau de niveau mondial
L’absence de deux champions aussi médiatiques ne signifie pas que la victoire devient plus facile.
Philemon Kiriago sera notamment au départ avec un statut encore renforcé.
Le Kényan s’est déjà imposé à Sierre-Zinal en 2023 puis en 2025. Sa puissance dans la longue montée depuis Sierre et sa vitesse dans la seconde moitié du parcours font de lui le coureur le plus naturellement adapté à cette épreuve. Sans Kilian Jornet ni Rémi Bonnet, il devient plus clairement encore l’homme à battre.
Patrick Kipngeno possède lui aussi les qualités nécessaires pour gagner.
Son défi sera de renverser une hiérarchie qui l’a souvent placé derrière Kiriago et de conserver suffisamment de vitesse une fois terminées les principales difficultés ascendantes.
Elhousine Elazzaoui ne peut plus être considéré comme un simple outsider.
Le Marocain fait désormais partie des meilleurs spécialistes mondiaux des courses rapides en montagne. Si plusieurs hommes arrivent encore groupés dans les portions les plus roulantes, sa vitesse peut lui permettre de faire la différence.
Troisième en 2025, Michael Selelo Saoli apporte une profondeur supplémentaire au contingent kényan.
Le plateau conserve ainsi plusieurs athlètes capables de produire un chrono de très haut niveau et de remporter Sierre-Zinal sans que leur victoire puisse être relativisée.
Le niveau ne baisse pas autant que la force de l’affiche
La nuance est importante. Sportivement, Sierre-Zinal reste l’une des courses les plus difficiles à gagner du calendrier international. Médiatiquement et émotionnellement, son affiche devient en revanche moins puissante.
Kilian Jornet représente l’histoire de l’épreuve. Rémi Bonnet représente l’attente du public suisse. Leur confrontation avec les meilleurs coureurs africains devait constituer l’un des grands récits de cette édition.
Sans eux, la course ne perd ni ses 31 kilomètres, ni ses quelque 2 200 mètres de dénivelé positif, ni la vitesse imposée dans sa seconde moitié. Elle perd deux trajectoires que les spectateurs pouvaient immédiatement identifier.
Le futur vainqueur devra toujours battre des athlètes exceptionnels. Mais la course sera racontée différemment.
En résumé, ces forfaits rendent Sierre-Zinal plus ouverte, pas plus accessible
Sur les réseaux sociaux, certains plaisantent déjà en affirmant que l’absence de Kilian Jornet et de Rémi Bonnet pourrait leur permettre de venir gagner eux-mêmes.
La réalité sera évidemment beaucoup moins généreuse. Pour s’imposer à Zinal, il faudra encore devancer Philemon Kiriago, Patrick Kipngeno, Elhousine Elazzaoui, Michael Selelo Saoli et plusieurs autres spécialistes internationaux.
Il faudra surtout maîtriser un parcours très particulier : ne pas perdre trop de temps dans la longue montée, conserver une allure élevée sur les portions courantes et disposer encore de suffisamment de vitesse pour la fin de course.
Les deux forfaits modifient la hiérarchie et retirent deux noms majeurs de l’affiche. Ils ne rendent pas Sierre-Zinal plus facile.
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