En 2017, François D’Haene boucle l’UTMB en 19 heures, 1 minute et 54 secondes. Cela devrait être le record de l’UTMB.
Le « record UTMB » en 2017 par François d’Haene
À ce jour, personne n’a jamais été aussi rapide sur cette course mythique. Ni Kilian Jornet, ni Jim Walmsley. Pourtant, ce chrono n’est pas reconnu officiellement comme record. Il ne figure dans aucun tableau, n’est mentionné dans aucune stat officielle de l’organisation. Pourquoi ce temps historique a-t-il été écarté ? Et surtout, pourquoi cette décision soulève des questions profondes sur la manière dont le trail écrit sa propre légende ?
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Pourquoi le record UTMB de François d’Haene n’est pas reconnu
Parce que le parcours de 2017 n’était pas strictement identique
François D’Haene a été privé du record officiel car l’édition 2017 de l’UTMB n’a pas suivi à la lettre le tracé dit “de référence”. Des conditions météo défavorables ont obligé l’organisation à modifier légèrement certains passages. Même si la distance totale et le dénivelé restaient très proches, le parcours n’était plus considéré comme parfaitement conforme, ce qui a suffi à invalider toute reconnaissance statistique du chrono.
Parce que l’UTMB applique une logique de record héritée de la route
Il a été privé de ce statut car l’organisation raisonne comme en athlétisme ou en marathon, où un record n’est valable que si le tracé est strictement mesuré et inchangé. Or le trail n’est pas un stade ni une route plate : c’est un environnement naturel, mouvant, soumis aux avalanches, aux orages, aux chutes de pierres et aux fermetures de sentiers. Appliquer cette rigidité réglementaire à un sport d’aventure crée mécaniquement des injustices.
Parce que la notion de “parcours officiel” efface la réalité sportive
Son record n’est pas reconnu parce que seule compte la conformité cartographique, pas la réalité de l’effort. Pourtant, en 2017, François D’Haene a affronté les mêmes cols, les mêmes pentes, la même fatigue, les mêmes adversaires, et il les a dominés plus vite que quiconque avant ou après lui. Le terrain était peut‑être légèrement différent sur le GPS, mais la difficulté physiologique, mentale et stratégique était intacte, voire supérieure.
Parce que l’histoire se construit plus sur des tableaux que sur des courses
Il a été privé de son record parce que l’histoire officielle du trail est aujourd’hui écrite par des bases de données, des règlements et des cases à cocher, plus que par l’analyse fine des contextes de course. Ce qui ne rentre pas parfaitement dans la norme administrative disparaît des palmarès, même si, sportivement, l’exploit est incontestable.
Parce que reconnaître son record obligerait à admettre que le “temps absolu” n’existe pas
Reconnaître François D’Haene comme recordman obligerait à accepter une idée dérangeante : en trail, il n’existe pas de chrono totalement comparable d’une année sur l’autre. Météo, enneigement, chaleur, état des sentiers, densité du plateau, stratégie de course, tout varie. En refusant son record, on maintient l’illusion d’une mesure objective, alors que la performance réelle est toujours contextuelle.
Parce que le trail n’a pas encore tranché entre légende et normalisation
Enfin, il a été privé de ce record parce que le trail est en pleine transition. D’un côté, un sport d’aventure, d’histoires, de récits épiques. De l’autre, une machine événementielle mondialisée qui veut des chiffres clairs, comparables, marketables. Le chrono de François D’Haene appartient au premier monde. Les tableaux de records appartiennent au second. Entre les deux, il y a un frottement. Et c’est précisément là que naît le problème.
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