Le métabolisme de base : la fondation invisible de ton endurance
On parle souvent de gels, de barres, de boissons énergétiques.
On compare les stratégies nutritionnelles comme on compare des plaques carbone. Mais la base, la vraie, commence bien plus bas : ton métabolisme de base.
Le métabolisme de base correspond à l’énergie minimale dont ton corps a besoin pour fonctionner au repos. Respirer, faire battre ton cœur, maintenir ta température corporelle, faire fonctionner tes organes. Même allongé sur ton canapé, tu dépenses des calories.
Et là, première réalité importante pour un traileur : nous ne partons pas tous avec le même moteur.
Certaines personnes ont un métabolisme de base autour de 1500 kcal par jour. D’autres dépassent 1900 ou 2000 kcal. Cette différence change tout quand on parle d’ultra-trail, de stages chocs ou de semaines à fort volume.
Sur un ultra, celui qui a un métabolisme élevé consomme plus, même à intensité égale. Il devra donc ravitailler plus régulièrement et plus intelligemment. À l’inverse, un coureur avec un métabolisme plus bas pourra parfois tenir plus longtemps avec moins d’apports, à condition que sa stratégie soit cohérente.
Comprendre ton métabolisme, c’est comprendre ton carburant.
L’impact de l’entraînement sur le métabolisme
Bonne nouvelle pour les passionnés de trail : l’activité physique régulière peut augmenter ton métabolisme de base.
Plus tu développes ta masse musculaire, plus ton corps consomme au repos. Le muscle est un tissu énergivore. Un traileur qui enchaîne les sorties longues, le renforcement, le travail en côte, modifie progressivement son profil énergétique.
C’est aussi pour cela qu’un plan d’entraînement structuré ne sert pas seulement à améliorer la VMA ou le seuil. Il transforme ton organisme. Il modifie ta dépense énergétique quotidienne. Et donc, indirectement, tes besoins alimentaires.
Si tu augmentes ton volume d’entraînement sans adapter ton alimentation, tu creuses un déficit. Sur le court terme, cela peut sembler anodin. Sur le long terme, cela peut mener à de la fatigue chronique, des blessures à répétition ou une stagnation des performances.
En trail, l’endurance ne se construit pas uniquement sur les sentiers. Elle se construit aussi dans l’assiette.
La balance à segmentation : un outil pour mieux se connaître
Pour affiner cette compréhension, il existe un outil accessible : la balance à segmentation.
Ce type de balance utilise de faibles courants électriques pour estimer plusieurs paramètres corporels :
– Le métabolisme de base
– Le taux de masse grasse
– Le taux de masse hydrique
– La masse musculaire
– La masse osseuse
Ce ne sont pas des mesures médicales de laboratoire, mais elles donnent des tendances intéressantes. Suivies dans le temps, elles permettent d’observer des évolutions.
Par exemple, si ton taux de masse grasse diminue mais que ta masse musculaire chute aussi, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Si ta masse hydrique varie fortement, cela peut indiquer un problème d’hydratation ou de récupération.
Pour un traileur, ces données prennent du sens dans la durée. Elles permettent d’ajuster l’entraînement, l’alimentation et la récupération.
Pourquoi c’est crucial en ultra-trail
En ultra, la question n’est pas seulement de savoir combien tu manges pendant la course. La vraie question est : dans quel état énergétique arrives-tu sur la ligne de départ ?
Un coureur en déficit chronique aura plus de mal à encaisser les heures d’effort. Son organisme sera déjà fragilisé. À l’inverse, un athlète qui connaît ses besoins, qui ajuste ses apports et qui surveille ses indicateurs arrive plus solide.
Le métabolisme de base joue aussi un rôle dans la gestion des ravitaillements. Si tu sais que tu as des besoins élevés, tu anticipes. Tu planifies des apports réguliers. Tu évites les longues périodes sans énergie qui mènent au fameux “mur”.
En trail long, les erreurs alimentaires se paient toujours. Parfois au 60e kilomètre. Parfois au 120e.
L’erreur classique consiste à copier la stratégie d’un autre coureur. Parce qu’il a fini un 100 km avec tel protocole, tu penses que cela marchera pour toi.
Mais nous ne sommes pas tous construits de la même manière. Métabolisme, masse musculaire, expérience digestive, tolérance aux glucides, habitudes alimentaires. Tout varie.
Comme pour les chaussures, il n’existe pas de solution universelle. Ce qui fonctionne pour un élite de 65 kg avec un faible taux de masse grasse ne conviendra pas forcément à un amateur de 85 kg avec un métabolisme plus élevé.
L’objectif n’est pas de manger plus. L’objectif est de manger juste.
Le bon réflexe pour progresser
Si tu veux franchir un cap en trail, commence par te connaître.
Évalue ton métabolisme de base. Observe ton évolution corporelle sur plusieurs mois. Ajuste ton alimentation à ton volume d’entraînement. Teste tes stratégies en conditions réelles, à l’entraînement, jamais le jour J.
L’alimentation n’est pas un détail. C’est un levier de performance au même titre que le fractionné ou le travail en dénivelé.
En trail, le moteur ne se voit pas. Mais c’est lui qui te porte jusqu’à la ligne d’arrivée.
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