L’idée n’est pas de prétendre qu’une séance de HIIT puisse remplacer une vraie sortie trail.
ACHETER UN LIVRE SUR LE HIIT
Rien ne remplace le terrain, les appuis instables, les sentiers techniques, le dénivelé réel, la lecture du sol, ni même le plaisir de courir dehors. Le trail se construit sur le terrain, et c’est là que se forgent la technique, l’économie de course et l’expérience.
En revanche, l’enjeu est d’être souple dans son entraînement. Accepter que certaines journées, à cause de la météo, du froid, de la fatigue, du manque de temps ou d’une contrainte familiale, sortir courir n’est pas la meilleure option. Plutôt que de sauter la séance ou de s’entêter dans de mauvaises conditions, il est souvent plus intelligent de faire “autrement”, tout en conservant une vraie stimulation physique.
Dans ce cadre-là, le HIIT ne vient pas remplacer le trail, mais prendre le relais ponctuellement. Il permet de maintenir un niveau d’intensité élevé, de solliciter le cœur, les muscles et le mental, et de préserver une dynamique d’entraînement. C’est une solution de continuité, pas un substitut. Une façon de rester actif, engagé, structuré, même quand les sentiers sont impraticables.
Et c’est précisément parce que le HIIT est court, dense et exigeant qu’il peut s’intégrer intelligemment dans la préparation d’un traileur, à condition d’être orienté vers ses besoins réels et non vers une simple dépense énergétique générique.
Quand la météo rend les sentiers impraticables, inutile de forcer une sortie dégradée. Le HIIT peut devenir une alternative pertinente pour un traileur, à condition de le comprendre pour ce qu’il est vraiment : un travail très court, mais très intense.
Par définition, une séance de HIIT ne dure pas une heure. Le cœur du travail se situe entre 12 minutes pour un débutant et 15 à 20 minutes pour un coureur entraîné. Au-delà, l’intensité chute et on ne parle plus de HIIT, mais de cardio classique.
L’intérêt du HIIT dans votre entrainement trail
Reproduire l’intensité des montées avec le HIIT
En trail, ce sont les côtes qui font exploser le cardio. Le HIIT permet de retrouver cette zone rouge grâce à des efforts maximaux enchaînés avec des récupérations incomplètes. Burpees, squats sautés, montées de genoux, mountain climbers ou fentes explosives font grimper la fréquence cardiaque aussi vite qu’une rampe à 15 %.
L’alternance effort très violent / récupération courte reproduit fidèlement le profil d’une montée raide suivie d’une relance immédiate.
Travailler les muscles clés du traileur
Un HIIT orienté trail doit cibler :
-
Les quadriceps et fessiers pour la montée et la descente.
-
Les mollets pour la propulsion.
-
Le gainage pour la stabilité et la posture en fatigue.
Exercices unilatéraux, phases excentriques contrôlées et gainage dynamique permettent d’entretenir la résistance musculaire spécifique, même sans dénivelé réel.
Comment faire sa séance de HIIT à la maison
Une durée courte, mais une charge élevée
Contrairement à une sortie d’endurance, on ne cherche pas ici le volume. Quinze minutes de HIIT réel, menées proche du maximum, imposent au système cardiovasculaire et nerveux un stress comparable à une séance de côtes courte mais très engagée en extérieur.
C’est dense, brutal, et très efficace pour maintenir la VO2, la puissance et la capacité à relancer sous fatigue.
Exemple de format “remplacement sortie rythmée”
Après un échauffement complet :
Bloc de 40 s d’effort / 20 s de récupération, sur 4 à 5 exercices, répété 3 à 4 fois, pour un total de 12 à 20 minutes de travail effectif.
Le but n’est pas de durer, mais d’atteindre une intensité que l’on ne pourrait pas tenir plus longtemps, exactement comme dans une montée courue à bloc.
Il permet de maintenir une intensité très élevée sur chaque répétition, avec une récupération suffisante pour repartir fort, un peu comme des répétitions en côte courte ou des 30/30 sur piste.
Le 40/20 est plus typé fitness, très lactique, très essoufflant, mais parfois au détriment de la qualité d’exécution et de la puissance réelle sur la fin des séries. Pour un traileur qui cherche à travailler le moteur et la capacité à relancer, le 30/30 est souvent plus pertinent.
Ce que le HIIT ne remplace pas
Le HIIT n’imite ni les appuis techniques, ni l’économie de course en descente, ni l’endurance des sorties longues. Mais lorsque la pluie, le verglas ou le vent empêchent de sortir, il permet de préserver l’essentiel : moteur cardio, puissance musculaire, tolérance à l’effort violent et mental de relance.
Quand les sentiers sont noyés, le trail continue parfois entre quatre murs. Court, dur, précis. Comme une côte qu’on ne peut pas tricher.






