À l’origine, les chaussures Salomon n’étaient pas destinées à longer les trottoirs ni à affronter les passages piétons verglacés. Elles ont été conçues pour la montagne, la randonnée engagée et le trail en conditions difficiles, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige.
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Depuis quelques années, ces modèles techniques ont quitté les sentiers pour s’imposer sur le bitume, au point de devenir un marqueur esthétique à part entière dans les grandes villes.
À Paris, impossible aujourd’hui de traverser un quartier sans croiser une paire de Salomon aux pieds de passants qui ne reviennent ni d’un ultra-trail ni d’une sortie en forêt. Ce basculement, longtemps cantonné aux cercles fashion les plus pointus, s’est accéléré avec l’arrivée de l’hiver et les récentes chutes de neige.

Les chaussures Salomon, de la performance pure à l’objet de style ave
À l’origine, les modèles emblématiques de la marque haut-savoyarde sont pensés pour répondre à des contraintes très précises : accroche sur terrain instable, protection contre l’humidité, maintien du pied sur longues distances, résistance à l’abrasion. Des qualités essentielles pour les traileurs, mais longtemps perçues comme inutiles, voire excessives, dans un cadre urbain.
C’est précisément ce décalage qui a fait leur succès. Dans un paysage dominé par des baskets minimalistes et souvent peu adaptées aux intempéries, les Salomon ont apporté une réponse radicalement différente. Semelles agressives, matériaux techniques, membranes imperméables : ce qui était autrefois jugé trop « outdoor » est devenu synonyme de robustesse et de crédibilité fonctionnelle.
Quand la neige révèle l’utilité de certains achats
L’épisode neigeux du début janvier l’a rappelé brutalement. Avec plusieurs centimètres de neige tombés en région parisienne et des chaussées rendues glissantes par le gel, beaucoup d’usagers se sont retrouvés en difficulté avec des chaussures inadaptées. Dans ce contexte, les paires de Salomon dotées de semelles crantées et, pour certains modèles, de membranes imperméables, ont montré une efficacité redoutable.
Là où les baskets classiques glissaient ou laissaient passer l’humidité, ces chaussures conçues pour la montagne offraient une stabilité rassurante. Sans l’avoir anticipé, leurs propriétaires se sont retrouvés mieux équipés que nombre d’automobilistes ou de piétons pressés.
Une tendance qui a un coût
Ce succès urbain a cependant un revers : le prix. Les modèles les plus populaires, comme la XT-6, s’affichent autour de 180 euros. Un tarif élevé pour une paire portée majoritairement en ville, loin de son terrain de jeu originel. Ce positionnement n’a pourtant pas freiné la demande, bien au contraire. La rareté de certains coloris et l’image technique associée à la marque ont contribué à renforcer son attractivité.
Dans les faits, ces chaussures sont devenues un accessoire de mode à part entière, parfois plus choisies pour ce qu’elles racontent que pour ce qu’elles permettent de faire. Elles symbolisent une forme de préparation permanente, comme si l’aventure pouvait commencer à tout moment, même entre deux stations de métro.
Salomon assume son paradoxe
Ce glissement du sentier vers le trottoir interroge. Porter des chaussures pensées pour la montagne en milieu urbain peut sembler excessif, voire incohérent. Pourtant, les épisodes de neige, de verglas et de froid intense rappellent que la ville n’est pas toujours un environnement lisse et prévisible.
Sans l’avoir cherché, Salomon a trouvé un nouveau terrain d’expression pour ses produits. Entre utilité réelle en conditions hivernales et appropriation esthétique, la frontière est devenue floue. Ces chaussures ne sont plus seulement un outil de performance sportive, mais un objet hybride, à la croisée de la technique et du style.
En résumé, à l’heure où les conditions météo rendent parfois la circulation piétonne aussi délicate qu’un sentier de montagne, ce paradoxe prend tout son sens.
Ce qui était autrefois rangé au placard en dehors des sorties trail s’impose désormais comme une réponse pragmatique à un quotidien urbain de plus en plus imprévisible.
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