L’ultra le plus extrême, le plus froid et le plus exigeant du monde, la Montane Yukon Arctic Ultra, se déroule actuellement dans l’hiver du grand nord canadien. Cette course de 600 ou 350 km peut être parcourue à pied (en tirant une pulka), en fatbike ou en skis. L’édition 2025 est considérée comme particulièrement difficile et plusieurs participants ont partagé leurs retours sur les conditions rencontrées.
Yukon Ultra
L’organisation du Yukon Arctic Ultra fait l’objet de retours contrastés
En termes d’organisation, 11 check-points (l’équivalent des ravitaillements) sont répartis sur les 600 km. Il s’agit le plus souvent de cabanes en bois. Parmi ces 11 points, seuls 2 permettent de dormir au chaud. Pour les autres périodes de repos, les coureurs doivent utiliser un sac de couchage ou une tente.
Ces check-points sont situés dans des zones très isolées du Yukon et ne sont pas occupés en continu, y compris pendant la course. Les bénévoles se déplacent d’un point à l’autre afin de préparer les lieux et d’apporter certains services (check-up médical, soupe, eau chaude, etc.).
Cette course s’effectue en autonomie technique et alimentaire. Trois sacs de délestage peuvent être déposés sur les check-points et constituent le principal ravitaillement personnel (en dehors de la soupe). L’eau est obtenue en faisant fondre de la glace.
Le reste du parcours doit être effectué avec tout le nécessaire pour évoluer en autonomie. Les participants doivent parfois gérer leurs ressources avec précision afin d’aller au bout. À ces températures extrêmes, l’alimentation devient une source essentielle de chaleur.
Une édition 2025 particulièrement difficile
Cette 21e édition est marquée par un changement majeur. La rivière Yukon ayant fortement débordé, notamment dans la zone de McCabe Creek, les organisateurs ont modifié le parcours à la dernière minute.
Au lieu de suivre la rivière sur une grande partie du tracé, les coureurs sont passés plus au nord, le long de la South Canol Road, avant de rejoindre Ross River, sur un itinéraire également utilisé par le Yukon Quest.
Pour atteindre les 600 km, le parcours a été prolongé par un aller-retour vers le nord sur la North Canol Road.
Cette portion, particulièrement isolée, s’est révélée très exigeante sur les plans physique et mental.
Un changement annoncé tardivement
Ce nouveau tracé a été communiqué peu de temps avant le départ.
Pour une épreuve où la préparation est essentielle, ce type d’ajustement a été perçu comme perturbant par certains participants. L’aventurier Loury Lag a notamment réagi :
« Aberrant mais vrai ! »
Il ajoute :
« La trace a complètement changé par rapport aux années précédentes, passant de 640 à 600 km, mais avec 7000 m de dénivelé sur un terrain non préparé à 70 %. »
Plusieurs coureurs ont également signalé des conditions de progression très difficiles, notamment une neige molle rendant l’avancée particulièrement éprouvante.
Des interrogations sur certains aspects de l’organisation
Certains retours concernent également la gestion des check-points.
« À chaque check-point, tu as normalement un check médical et un repas […] pas toujours le cas », rapporte un participant.
D’autres participants ont indiqué être arrivés à des check-points sans assistance immédiate, ce qui peut susciter des interrogations au regard des conditions extrêmes de l’épreuve.
Certains coureurs ont également exprimé des interrogations sur la reconnaissance du parcours.
Du côté de la direction de course, le directeur Robert Pollhammer reconnaît lui-même la difficulté de cette édition :
« Cette année, la Montane Yukon Arctic Ultra est presque une nouvelle course », avec un parcours différent et des conditions météo particulièrement difficiles.
Il précise également que la vitesse moyenne est plus lente que d’habitude, en raison du dénivelé et des conditions de terrain.
Des conditions qui entraînent de nombreux abandons
Ces conditions extrêmes ont conduit à de nombreux abandons.
« Au check-point 1, après 45 km à -41°C, il y a eu 20 abandons sur 46 participants. Au check-point 2, il restait moins de 20 coureurs. »
La question reste ouverte : s’agit-il d’une aventure extrême assumée ou de limites organisationnelles dans un environnement particulièrement hostile ?
En attendant, la communauté du trail suit avec attention les athlètes encore en course. Ils ne sont plus qu’une poignée dans l’immensité du nord canadien, confrontés à des conditions parmi les plus exigeantes au monde.





