Sur un trail long, le dénivelé et la technicité donnent souvent l’impression de “faire la course”.
Pourtant, une grande partie des places se perd — ou se gagne — ailleurs : sur les portions roulantes. Pour de nombreux traileurs à l’aise en montée et en descente, le constat revient comme une frustration récurrente : des coureurs doublés dans le raide reviennent progressivement sur le plat, puis finissent par repasser.
Ce décalage n’a rien d’exceptionnel. Il traduit le plus souvent un manque de travail spécifique de la vitesse et, surtout, de la capacité à tenir une allure stable sur terrain régulier, sans exploser ni se désunir. L’objectif n’est pas de transformer une préparation trail en plan “route”, mais d’ajouter quelques leviers simples — VMA, séances tempo, courses courtes et relances — pour cesser de subir le plat et mieux rentabiliser la forme déjà construite sur le dénivelé.
Bonjour utrail. Que faut-il comme entraînement pour prendre de la vitesse sur le plat? Montée , descente et partie technique OK (je double) mais je me fais redoubler sur le plat….. je fais des trains de 60 à 100 kms. Merci pour vos conseils!
4 conseils pour s’améliorer sur le plat
1) Axer la préparation sur l’augmentation de la VMA (pendant 6 à 8 semaines loin de l’objectif) ;
2) Chercher à augmenter le rythme de course avec des séances tempo ;
3) Chercher à augmenter son allure en participant à des courses plus courtes ;
4) Travailler ses relances sur des séance des côtes (monter sur un rythme régulier, relancer sur 200mètres quand on est en haut).
En résumé, pour un traileur qui “double” en montée et en technique mais se fait reprendre sur le plat, consiste à traiter le plat comme une compétence à part entière, avec ses propres déterminants : économie de course, capacité à tenir une allure stable, et qualité de la foulée sous fatigue.
Concrètement, cela passe par l’intégration, sur un cycle de plusieurs semaines, d’un rendez-vous hebdomadaire dédié au travail d’allure sur terrain roulant (par exemple un bloc tempo progressif ou des fractions longues courues de façon contrôlée), et d’un second rendez-vous plus court orienté vitesse et efficacité (VMA, éducatifs, lignes droites, foulée relâchée), en veillant à rester compatible avec les “trains” de 60 à 100 km et la charge de dénivelé déjà importante.
L’objectif n’est pas de courir plus vite à tout prix, mais de stabiliser une allure sur plat sans surconsommation : apprendre à relancer sans se cramer, à rester gainé quand la fatigue s’installe, à garder une fréquence efficace plutôt que d’allonger la foulée, et à conserver une posture propre lorsque le terrain cesse d’aider.
Dans cette logique, les courses plus courtes servent aussi de répétitions générales : elles habituent à tenir une intensité plus élevée sur un sol régulier, à gérer le départ rapide, puis à maintenir un rythme constant sans l’appui du relief.
Enfin, la progression se joue souvent dans les détails : renforcer le pied et la chaîne postérieure, travailler la stabilité du bassin et le gainage, et accepter que l’amélioration du plat prenne du temps, car elle dépend autant du moteur que de la capacité à l’utiliser de manière rentable sur une longue durée, notamment quand les jambes sont déjà entamées par le dénivelé.
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