La distance totale
La longueur du parcours reste le premier indicateur. Les formats cent kilomètres, cent vingt kilomètres ou cent miles (cent soixante kilomètres) exigent des efforts prolongés sur de nombreuses heures, voire plusieurs jours. Plus la distance augmente, plus la gestion du corps, du sommeil, de l’alimentation et du mental devient cruciale.
Le dénivelé positif cumulé
Le volume de dénivelé est un autre marqueur essentiel. Un ultra de cent kilomètres avec trois mille mètres de D+ n’a rien de comparable avec un format identique affichant sept ou huit mille mètres. L’effort musculaire, notamment dans les longues ascensions et descentes techniques, impose une préparation spécifique et pèse lourdement sur la fatigue globale.
Le taux d’abandon (DNF)
Le pourcentage d’abandons constitue un indicateur souvent plus révélateur que les chiffres bruts. Un taux élevé signifie que de nombreux participants, malgré leur entraînement, n’ont pas réussi à aller au bout. Cela peut être lié à la difficulté du parcours, à la météo, à la gestion du temps, ou à un enchaînement de facteurs physiques et mentaux. Certaines courses mythiques enregistrent régulièrement plus de 40 % d’abandons.
La technicité du terrain
La nature du sol influence fortement le ressenti de la difficulté. Une course roulante sur sentier forestier est beaucoup plus accessible qu’un parcours engagé sur des pierriers, des crêtes exposées ou des zones instables. Les sections hors sentier, les passages alpins ou les portions nocturnes techniques contribuent à faire monter d’un cran le niveau d’exigence.
Les conditions météo
Ce paramètre ne figure pas dans les données officielles, mais il joue un rôle déterminant. Pluie, boue, neige, chaleur extrême, vents violents ou nuits glaciales transforment parfois un trail classique en épreuve de survie. Même si ces conditions ne sont pas constantes d’une édition à l’autre, elles doivent être prises en compte dans l’évaluation globale d’une course.
Les barrières horaires
Le temps maximal accordé pour terminer une épreuve est un critère souvent négligé. Une course offrant cinquante heures pour cent soixante kilomètres laisse de la marge à une majorité de finishers. En revanche, des délais serrés imposent une cadence soutenue, une vigilance permanente, et une gestion optimisée des pauses et ravitaillements. Cela peut créer une pression supplémentaire, surtout pour les profils moins rapides.
En résumé, la difficulté d’un ultra trail ne peut être réduite à une seule donnée chiffrée.
Elle résulte d’une combinaison de plusieurs facteurs objectifs : distance, dénivelé, technicité, météo, taux d’abandon, barrières horaires. Ces éléments, analysés ensemble, permettent de mieux comprendre pourquoi certaines courses ont acquis une réputation d’inaccessibilité. Et pourquoi d’autres, parfois plus discrètes, réservent aussi de redoutables surprises.