Une traversée mythique bouclée en moins d’une journée
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Record féminin de la traversée Chamonix-Zermatt : 22 h 35 min et 20 s
Relier Chamonix à Zermatt à skis fait partie des défis les plus emblématiques de la haute montagne. Habituellement, cette traversée de la Haute Route se réalise en plusieurs jours, avec nuits en refuge et progression prudente entre glaciers et cols alpins.
Mais Hillary Gerardi et Valentine Fabre ont choisi une autre approche. Parties de Chamonix, elles ont enchaîné les sections en courant et en skiant jusqu’à rejoindre Zermatt sans interruption, en un peu plus de vingt-deux heures d’effort continu.
Le chrono est sans appel : 22 h 35 min et 20 s. Une marque qui redéfinit les standards féminins sur cet itinéraire de plus de cent kilomètres et environ huit mille mètres de dénivelé positif.
Des conditions idéales et une préparation millimétrée
Cette performance ne doit rien au hasard. Les conditions de neige ont joué un rôle clé. Le manteau neigeux, présent à basse altitude sans être excessif en haute montagne, a limité les portions à pied et les transitions, souvent coûteuses en énergie.
Mais au-delà des conditions, c’est la préparation qui fait la différence. Les trois athlètes impliquées dans le projet ont effectué un repérage complet du parcours quelques semaines auparavant. Elles ont également vérifié l’état des glaciers en amont, afin d’anticiper les passages techniques et sécuriser la progression.
Tout au long de la traversée, elles ont bénéficié d’un accompagnement logistique et de ravitaillements sur certaines sections. Un élément déterminant sur ce type d’effort, où la moindre erreur de gestion peut coûter plusieurs dizaines de minutes… voire bien plus.
Une performance collective, au-delà du duo
Si le record est attribué à Hillary Gerardi et Valentine Fabre, leur tentative s’inscrit dans une dynamique collective. Élise Poncet, spécialiste du ski-alpinisme, les a accompagnées sur la quasi-totalité du parcours, malgré une gêne physique qui l’a contrainte à manquer le début.
Cette approche en équipe, de plus en plus fréquente sur les records en montagne, permet d’optimiser le rythme, la sécurité et la gestion de l’effort. Elle rappelle aussi que ces performances, même individuelles en apparence, reposent souvent sur une coordination très fine entre plusieurs acteurs.
Un record effacé… et une nouvelle référence
Ce nouveau temps améliore nettement la marque précédente, établie moins d’un an plus tôt par un duo suisse. L’écart est significatif, avec environ une heure gagnée sur un itinéraire où chaque minute est habituellement disputée.
Ce résultat confirme aussi la progression rapide du niveau féminin en montagne. De plus en plus d’athlètes s’attaquent à des formats longs, techniques et engagés, avec des performances qui rivalisent désormais avec les références historiques.
Ce record s’inscrit dans une dynamique plus large. Ces dernières semaines, plusieurs performances majeures ont été réalisées sur cet itinéraire, notamment chez les hommes, avec des chronos toujours plus rapides.
Cette évolution traduit une transformation profonde des pratiques. Entre matériel plus performant, meilleure connaissance du terrain et préparation inspirée du trail et de l’ultra-endurance, les frontières entre disciplines deviennent de plus en plus floues.
Et c’est sans doute là que réside l’intérêt de ce type d’exploit : à la croisée du ski-alpinisme et du trail, il incarne une nouvelle manière d’aborder la montagne. Plus rapide, plus engagée, mais aussi plus exigeante dans la gestion de l’effort.
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