Ce vendredi 23 janvier 2026, Casquette Verte a pris le départ de l’Arc of Attrition, un ultra-trail britannique de cent soixante et un kilomètres pour cinq mille trois cents mètres de dénivelé positif. La course se déroule en bord d’océan, dans des conditions hivernales réputées difficiles, et cette année, une tempête complique encore davantage les choses.
Malgré une préparation sans blessure – une rareté dans sa carrière – Alexandre Boucheix a partagé sur ses réseaux sociaux de nombreux signes d’inquiétude à l’approche de l’épreuve.
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« Je vais souffrir. Je le sais. Je vais souffrir d’usure. »
Dans une série de publications Instagram, le traileur français s’est montré particulièrement lucide sur les spécificités du parcours. Il a souligné le caractère atypique du dénivelé, avec seulement une montée au-dessus de cent mètres, mais surtout un enchaînement de quatre-vingt-quatorze petites bosses et autant de descentes, sur toute la longueur du parcours. Il décrit un « ultra d’usure », sans grande technicité, mais physiquement très exigeant. Il précise qu’il faudra « être très précautionneux sur le premier tiers de course, voire même sur la première moitié, pour pouvoir assumer à bon rythme les montées-descentes sur le dernier tiers ».
Dans ce contexte, il écrit très clairement : « Je ne pense pas avoir le niveau physique pour survoler cela. Je vais souffrir. Je le sais. Je vais souffrir d’usure. »
Une posture inhabituelle
Ce qui frappe avant l’Arc of Attrition, c’est le contraste entre la forme physique et le discours. Casquette Verte explique arriver sans blessure, tout en affirmant ne pas se sentir capable de dominer un format qu’il décrit comme un effort mental et physique en continu. Il évoque une course « pas compliquée, mais usante », et annonce un objectif secondaire : « accrocher la qualification pour l’UTMB 2027 », soit par un Top 3, soit par un index supérieur à sept cent soixante, comme il le formule lui-même.
Cette façon d’exposer les choses témoigne d’un déplacement de posture. Il ne dit pas « je suis diminué », il dit « je ne suis pas certain d’avoir le niveau pour dominer ce type d’épreuve ». Cela n’équivaut pas à une annonce de contre-performance, ni à une réponse implicite à des critiques. Il pose un diagnostic sur le parcours et sur sa propre capacité à l’affronter, en assumant publiquement l’incertitude.
Un coureur à la croisée des chemins entre amateur et pro
Casquette Verte occupe une position hybride dans le paysage du trail. Très suivi sur les réseaux, médiatisé, il s’est imposé comme une figure à part du trail français, avec une identité très construite. Il collabore visiblement avec Salomon, comme l’indique une interview publiée sur le site de la marque. Pour autant, il ne revendique pas un statut de professionnel à plein temps, et conserve une activité classique à côté de ses projets sportifs.
En résumé, il évolue dans un entre-deux : forte exposition, collaborations de marque, contenus très travaillés, mais pas de passage clairement revendiqué dans le monde du trail professionnel. Toute affirmation plus nette impliquerait une déclaration explicite ou des éléments contractuels qui ne sont pas publics.
Une communication plus sportive ?
Difficile d’affirmer qu’il répond à des critiques. En revanche, il est possible de constater un glissement éditorial : ses publications mettent davantage l’accent sur la difficulté du format, l’usure mentale, la peur, et un objectif à long terme, plutôt que sur la blessure. Cela donne un ton plus sobre et plus centré sur la dimension sportive. Mais aucune source ne permet d’établir un lien de cause à effet entre d’éventuelles critiques et ce changement de discours.
Entre rhétorique et sincérité : une prudence d’analyse
Comme toujours avant une course, la question de l’intention revient : est-ce de l’humilité, de la prudence stratégique, ou un mécanisme de gestion mentale ? Il n’est pas possible de trancher. Ce qui peut être dit objectivement, c’est que Casquette Verte pose le décor d’une course incertaine, difficile, où la souffrance est assumée d’avance. Ce type de communication prépare à tout scénario et rendrait, en cas de réussite, la performance encore plus marquante. C’est une stratégie narrative, pas une prédiction.
Casquette Verte veut décrocher sa qualification pour l’UTMB 2027
Malgré les doutes exprimés, l’objectif est clair : finir fort et décrocher un ticket pour l’UTMB. La qualification passe par un podium ou par un UTMB Index supérieur à sept cent soixante. Il glisse d’ailleurs qu’en cas de réussite, il se baignerait dans la mer pour fêter ça. Un clin d’œil qui mêle humour et détermination.
L’équipement trail de Casquette Verte
Pour affronter les sentiers de l’Arc of Attrition, il a opté pour les Salomon S/Lab Genesis, déjà utilisées sur l’UTMB 2024. Il emporte aussi une paire d’Aero Blaze 3 en secours. Côté sac, le modèle principal est un ADV Skin 5L, avec un S/Lab Ultra 12 en back-up. Il utilisera une montre Suunto Race 2 avec fond de carte UK et GPX intégré.
Niveau nutrition, il reste fidèle à ses habitudes : peu de sucre jusqu’à la moitié (compote salée Baouw, gaufres Naäk, gommes TA), puis accélération énergétique dans la seconde moitié. Il plaisante sur les vomissements, rappelant qu’il a déjà vomi en Angleterre à dix-huit ans lors d’une soirée londonienne.
Loïc Jalmin, fidèle compagnon de ses aventures « off », prendra aussi le départ (dossard 70). Casquette Verte portera le numéro 5.
uTrail assure un suivi live complet de la course. Une équipe de production est sur place pour réaliser un film et un projet photo. Un débrief vidéo est annoncé pour le mardi 27 janvier à 21 h.
En résumé, l’Arc of Attrition s’annonce comme un test d’endurance, de patience et de gestion pour Alexandre Boucheix.
Avec son style décalé, il aborde sans détour ses craintes, son absence de stratégie et la difficulté d’une course au bord de l’océan, en hiver, en plein cœur des Cornouailles. S’il atteint ses objectifs, ce sera sans doute en appliquant sa propre philosophie : avancer malgré la peur, et accepter de souffrir jusqu’au bout.
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