🎧 Sur le couloir du Goûte, la voie normale française du Mont-Blanc, quelques dizaines de mètres concentrent une part considérable du danger.
Traversé chaque année par des milliers d’alpinistes, le couloir du Goûter est devenu tristement célèbre pour ses chutes de pierres, ses accidents répétés et l’impossibilité d’y supprimer totalement le risque.
Son véritable nom est le Grand Couloir, mais sa réputation lui a valu plusieurs surnoms beaucoup plus inquiétants. Certains montagnards parlent du « bowling », en référence aux blocs qui dévalent la pente. D’autres utilisent une expression encore plus directe : le « couloir de la mort ».
Cette appellation n’a rien d’officiel. Elle s’est imposée au fil des accidents survenus dans ce passage incontournable de la voie normale du Mont-Blanc, entre le Nid d’Aigle et le refuge du Goûter.
Pourquoi parle-t-on de « couloir de la mort » au Mont-Blanc ?
Le couloir du Goûter est sans doute le passage le plus redouté de la voie normale française du Mont-Blanc. Long de quelques dizaines de mètres seulement, il est pourtant à l’origine d’une grande partie des accidents recensés sur cet itinéraire.
Son surnom de « couloir de la mort » n’a rien d’officiel. Il s’est imposé au fil des années en raison des nombreux drames qui s’y sont produits et des dangers objectifs auxquels les alpinistes sont confrontés. Plusieurs raisons expliquent cette réputation.
Parce que le danger vient des chutes de pierres, pas de la difficulté technique
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le couloir du Goûter n’est pas le passage le plus technique de l’ascension du Mont-Blanc.
Le véritable danger est ailleurs : les blocs rocheux qui se détachent spontanément des parois dominant le couloir. Ces pierres peuvent rebondir à grande vitesse et traverser l’itinéraire sans le moindre avertissement.
Même un alpiniste expérimenté, bien équipé et accompagné d’un guide ne peut empêcher une pierre de tomber. L’expérience permet de choisir le meilleur moment pour traverser, mais elle ne supprime jamais le risque.
Parce que les alpinistes restent directement exposés aux éboulements
Pour rejoindre le refuge du Goûter, il est impossible d’éviter ce passage.
Pendant quelques minutes, les alpinistes traversent une pente où ils peuvent se retrouver sur la trajectoire d’un bloc rocheux.
Plus ils restent longtemps dans cette zone, plus leur exposition augmente. C’est précisément cette impossibilité d’éliminer totalement le risque qui rend ce couloir si redouté.
Parce que les alpinistes sont obligés de le traverser en courant
La scène surprend souvent les personnes qui découvrent les images du Mont-Blanc.
Avant de s’engager, les cordées observent attentivement le couloir. Dès qu’elles estiment le passage possible, elles accélèrent le pas, voire courent, afin de réduire au maximum leur temps d’exposition.
Cette stratégie ne protège pas des chutes de pierres. Elle permet simplement de limiter les quelques minutes passées dans la zone la plus dangereuse de la voie normale.
Parce que les montagnards le surnomment aussi « le bowling »
Le terme peut sembler humoristique, mais il décrit parfaitement la réalité.
Les pierres se détachent des parois, accélèrent dans la pente puis rebondissent dans le couloir comme des boules de bowling lancées sur une piste.
Les alpinistes deviennent alors, malgré eux, les quilles. C’est cette image qui a donné naissance au surnom de « bowling », très utilisé par les guides et les habitués du massif.
Parce que la chaleur augmente le risque d’éboulements
Les fortes températures fragilisent progressivement les parois rocheuses.
La glace présente dans les fissures agit habituellement comme un ciment naturel. Lorsqu’elle fond, les blocs deviennent moins stables et peuvent se décrocher plus facilement.
C’est pourquoi les chutes de pierres sont généralement plus fréquentes lors des journées chaudes, notamment en milieu de journée. Les alpinistes cherchent donc à franchir le couloir très tôt le matin, lorsque les températures restent basses.
Parce que le réchauffement climatique aggrave progressivement la situation
Le couloir du Goûter a toujours été dangereux.
En revanche, de nombreux spécialistes constatent que le réchauffement climatique accentue son instabilité.
La fonte du permafrost, les épisodes de chaleur plus fréquents et les cycles répétés de gel et de dégel fragilisent les parois. Résultat : les chutes de pierres deviennent plus nombreuses et les périodes jugées favorables à une ascension se réduisent.
Parce qu’il est impossible de contourner ce passage sur la voie normale
Malgré sa réputation, le couloir du Goûter reste emprunté par des milliers d’alpinistes chaque année.
La raison est simple : il constitue le passage obligé de la voie normale française du Mont-Blanc.
Des aménagements ont été réalisés pour faciliter la traversée et les professionnels diffusent régulièrement des consignes de sécurité. En revanche, aucune infrastructure ne peut empêcher les éboulements naturels.
En résumé, le couloir du Goûter donne parfois une fausse impression de sécurité
Le couloir du Goûter se situe sur l’itinéraire le plus fréquenté du Mont-Blanc.
Cette popularité, la présence de refuges, de câbles et le passage quotidien de nombreuses cordées peuvent laisser penser que le risque est maîtrisé.
En réalité, la montagne reste totalement imprévisible. Une simple chute de pierre, une hausse brutale des températures ou une erreur de timing peuvent transformer une traversée de quelques minutes en accident dramatique.
C’est cette combinaison entre une fréquentation très importante, un danger naturel permanent et des accidents régulièrement recensés qui explique pourquoi le couloir du Goûter est aujourd’hui connu bien au-delà du monde de l’alpinisme sous le nom de « couloir de la mort »
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