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đ§ Aux Pays-Bas, un salariĂ© licenciĂ© en avril 2025 aprĂšs avoir couru le marathon de Rotterdam en moins de 3 h 30 alors quâil Ă©tait en arrĂȘt maladie a obtenu gain de cause devant la justice.
La juridiction supĂ©rieure de La Haye vient de confirmer la dĂ©cision rendue en premiĂšre instance : son ancien employeur devra lui verser plus de 60 000 ⏠dâindemnitĂ©s.
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Il continue Ă courir malgrĂ© son arrĂȘt maladie
Lâaffaire dĂ©bute quelques mois aprĂšs lâembauche du salariĂ©, en juillet 2024, au sein dâune agence de voyages nĂ©erlandaise.
TouchĂ© par dâimportants problĂšmes oculaires, lâhomme est placĂ© en arrĂȘt maladie. Son Ă©tat rend notamment difficiles la conduite automobile et le travail prolongĂ© devant un Ă©cran.
En revanche, il explique au mĂ©decin du travail quâil souhaite continuer Ă courir rĂ©guliĂšrement, avec quatre sĂ©ances hebdomadaires.
Cette capacité à maintenir une activité sportive soutenue va rapidement susciter la méfiance de son employeur.
Lâentreprise estime quâun salariĂ© capable de sâentraĂźner plusieurs fois par semaine devrait Ă©galement pouvoir reprendre son poste. Elle lui demande donc de revenir travailler et Ă©voque mĂȘme une suspension de salaire ainsi que la restitution de sa voiture de fonction.
Les mĂ©decins considĂšrent pourtant quâil ne peut pas reprendre son travail
Les avis mĂ©dicaux successifs ne vont pourtant pas dans le sens de lâemployeur.
Plusieurs mĂ©decins du travail considĂšrent que le salariĂ© nâest toujours pas apte Ă reprendre son activitĂ© professionnelle.
Des examens mĂ©dicaux Ă©voquent Ă©galement une probable myasthĂ©nie, une maladie chronique susceptible dâentraĂźner notamment une faiblesse musculaire.
Autrement dit, sa capacitĂ© Ă courir ne permettait pas, Ă elle seule, de conclure quâil Ă©tait capable de reprendre son travail dans des conditions normales.
Son employeur engage des détectives privés
Convaincue que son salariĂ© exagĂšre ses difficultĂ©s, lâentreprise dĂ©cide dâaller beaucoup plus loin.
Une société de détectives privés est chargée de le surveiller.
En mars 2025, les enquĂȘteurs constatent notamment quâil effectue certains dĂ©placements en voiture, pour faire des courses ou accompagner son enfant Ă lâĂ©cole.
Pour lâemployeur, ces activitĂ©s renforcent les soupçons.
Mais câest surtout une course qui va faire basculer le dossier.
Il boucle le marathon de Rotterdam en moins de 3 h 30
Le 13 avril 2025, le salarié prend le départ du marathon de Rotterdam.
Il franchit la ligne dâarrivĂ©e en moins de trois heures trente, une performance qui suppose Ă©videmment un niveau dâentraĂźnement consĂ©quent.
Quelques jours plus tard, il est licencié avec effet immédiat.
Lâentreprise considĂšre que terminer un marathon dans un tel chrono est incompatible avec les limitations mĂ©dicales invoquĂ©es par le salariĂ© pour justifier son arrĂȘt de travail.
Mais cette interprétation ne va pas convaincre la justice.
Courir vite ne signifie pas forcĂ©ment ĂȘtre apte Ă travailler
Le salarié conteste son licenciement.
En septembre 2025, le tribunal de Rotterdam lui donne raison.
Les juges estiment notamment quâaucun Ă©lĂ©ment ne permet dâaffirmer quâil aurait dissimulĂ© sa pratique sportive aux mĂ©decins chargĂ©s de suivre son Ă©tat de santĂ©.
La justice critique Ă©galement lâattitude de lâentreprise, qui aurait remis en cause trĂšs rapidement la rĂ©alitĂ© de son incapacitĂ© professionnelle malgrĂ© les diffĂ©rents avis mĂ©dicaux.
Le recours Ă des dĂ©tectives privĂ©s est lui aussi jugĂ© disproportionnĂ©, notamment en raison de lâatteinte portĂ©e Ă la vie privĂ©e du salariĂ© et de sa famille.
Lâemployeur fait appel, mais la juridiction supĂ©rieure de La Haye confirme finalement la dĂ©cision.
En rĂ©sumĂ©, il y a plus de 60 000 ⏠à la charge de lâemployeur
Lâancien employeur devra dĂ©sormais verser plus de 60 000 ⏠au salariĂ©.
La somme comprend notamment 50 000 ⏠liĂ©s au comportement considĂ©rĂ© comme gravement fautif de lâentreprise, auxquels viennent sâajouter prĂšs de 3 000 ⏠de salaires impayĂ©s et plus de 5 000 ⏠de frais de procĂ©dure.
Lâaffaire rappelle surtout un principe essentiel : la capacitĂ© Ă courir, mĂȘme longtemps et rapidement, ne permet pas automatiquement de dĂ©terminer la capacitĂ© dâune personne Ă exercer son mĂ©tier.
Un marathonien peut donc ĂȘtre suffisamment en forme pour courir 42,195 km tout en Ă©tant mĂ©dicalement incapable dâeffectuer certaines tĂąches professionnelles.
Dans cette affaire, la justice nĂ©erlandaise a surtout reprochĂ© Ă lâemployeur dâavoir substituĂ© sa propre apprĂ©ciation de lâĂ©tat de santĂ© du salariĂ© Ă celle des mĂ©decins.
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