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🎧 Vomissements, diarrhées, eau au goût de chlore, coureurs malades sur le parcours : quelques jours après le Nice Côte d’Azur by UTMB 2026, organisé du 24 au 27 septembre dans les Alpes-Maritimes, une nouvelle question émerge autour des ravitaillements.
Après les premiers témoignages faisant état de pénuries d’eau et de boissons, plusieurs participants affirment désormais avoir souffert de troubles digestifs et soupçonnent la qualité de l’eau distribuée sur certains points du parcours. À ce stade, aucune analyse sanitaire publique portée à notre connaissance ne permet cependant d’établir que cette eau est effectivement à l’origine de ces symptômes.
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Nous avions d’abord alerté sur les problèmes de ravitaillement du Nice UTMB
Dans un premier article publié sur uTrail, nous avions relayé plusieurs témoignages de participants au Nice Côte d’Azur by UTMB faisant état de ravitaillements insuffisamment approvisionnés.
Des coureurs engagés notamment sur le 100M racontaient avoir rencontré des pénuries ou des rationnements en eau, ainsi que des absences de certaines boissons et produits habituellement proposés.
Le règlement officiel de la course prévoit pourtant des postes approvisionnés en nourriture et en boissons. L’organisation précise également fournir de l’eau plate ou de la boisson énergétique afin que les participants puissent remplir leurs flasques et poches à eau.
Le sujet prenait déjà une importance particulière sur un ultra de 165 kilomètres, où la gestion de l’hydratation conditionne directement la capacité du coureur à poursuivre son effort.
Depuis la publication de notre article, les réactions reçues sur les réseaux sociaux apportent désormais un nouvel élément au débat.
Plusieurs coureurs racontent avoir vomi ou souffert de diarrhées
Les témoignages publiés sous nos articles sont nombreux et parfois très précis.
Une participante du 100K explique avoir observé « énormément de malades » souffrant selon elle de vomissements et de diarrhées. Sa compagne aurait elle-même été touchée. Elle décrit également une eau avec un goût prononcé de chlore et estime que le problème pourrait provenir de l’eau utilisée sur certains ravitaillements.
Un autre participant affirme avoir vu « des dizaines » de personnes très malades dans la montée précédant Utelle. D’autres évoquent également des coureurs vomissant ou souffrant de troubles intestinaux sur le 50K, le 100K et le 100M.
Plusieurs témoignages mentionnent notamment l’eau stockée dans des cuves sur certains points dépourvus d’alimentation directe en eau potable.
Un participant au 50K décrit ainsi une eau qu’il jugeait « imbuvable », avec un fort goût de chlore. Un autre coureur du 100M évoque lui aussi une eau au goût particulièrement désagréable sur un ravitaillement situé tard dans la course.
Ces témoignages racontent une expérience vécue. Ils ne constituent cependant pas une analyse microbiologique de l’eau et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir une intoxication.
Certains coureurs mettent directement en cause les cuves d’eau
C’est désormais la nouvelle hypothèse qui circule parmi une partie des participants.
Plusieurs coureurs estiment que les troubles digestifs auraient pu être provoqués par l’eau stockée dans certaines cuves avant d’être distribuée.
L’un d’eux affirme avoir été malade immédiatement après avoir bu cette eau. Un autre considère que les symptômes auraient principalement touché les coureurs ayant consommé l’eau provenant de certains réservoirs.
D’autres participants racontent au contraire avoir bu la même eau sans rencontrer le moindre problème.
Et un internaute se présentant comme membre de la logistique du Nice Côte d’Azur by UTMB affirme que les cuves ont été traitées en amont et que l’eau a été analysée avant la course.
Cette déclaration publiée sur les réseaux sociaux apporte un élément contradictoire important, mais elle ne constitue pas davantage, à elle seule, un résultat officiel d’analyse sanitaire rendu public.
À ce jour, nous n’avons trouvé aucune communication officielle du Nice Côte d’Azur by UTMB établissant une contamination de l’eau distribuée pendant l’événement.
Le taux d’abandon du 100K interpelle : il passe de 28% à 37%
Un chiffre alimente cependant les interrogations.
Le 100K du Nice Côte d’Azur by UTMB 2026 comptait 1 169 partants. Les données issues du chronométrage donnent 426 abandons, soit 36,4 % du peloton.
Utelle concentre à lui seul 140 abandons, devant La Tour avec 120 et Levens avec 86.
La comparaison avec l’édition précédente mérite l’attention : en 2025, LiveTrail recensait 1 118 partants et 310 abandons sur le 100K, soit un taux de 27,73 %.
Le taux d’abandon a donc fortement augmenté en 2026.
Pour autant, cette augmentation ne démontre aucun lien avec la qualité de l’eau.
Un ultra peut générer des abandons pour une multitude de raisons : difficulté du parcours, chaleur, déshydratation, barrières horaires, problèmes musculaires ou troubles digestifs liés à l’effort.
Certains participants répondent d’ailleurs aux critiques en soulignant les fortes chaleurs rencontrées sur certaines ascensions et le volume d’eau parfois insuffisant transporté par les coureurs eux-mêmes.
Le chiffre de 36,4 % constitue donc un indice intéressant sur la difficulté particulière de cette édition, certainement pas une preuve sanitaire.
D’autres coureurs disent avoir rencontré zéro problème
Les témoignages recueillis présentent également une réalité beaucoup plus nuancée.
Plusieurs participants au 100K affirment avoir trouvé les ravitaillements correctement fournis. Certains disent avoir consommé l’eau proposée sans rencontrer le moindre trouble digestif.
Un coureur du 50K indique lui aussi n’avoir rencontré aucun problème.
Une participante du 100M explique que son expérience des ravitaillements a été satisfaisante, tout en précisant qu’elle était partie dans la première vague et qu’elle avait prévu une autonomie importante.
Cette diversité des expériences est essentielle.
Elle empêche aujourd’hui d’affirmer que l’eau du Nice UTMB aurait provoqué une intoxication collective.
Mais elle n’efface pas non plus le nombre inhabituel de témoignages décrivant des symptômes similaires.
Une eau très chlorée signifie-t-elle qu’elle était impropre à la consommation ?
Plusieurs témoignages insistent sur le même détail : un goût ou une odeur de chlore particulièrement prononcés.
Cela peut évidemment rendre une eau désagréable à boire. En revanche, le goût de chlore ne permet pas de conclure qu’une eau était contaminée.
De la même manière, l’aspect d’une cuve ne permet pas de déterminer si celle-ci était compatible avec le stockage d’eau destinée à la consommation.
Certains internautes affirment que les réservoirs utilisés étaient impropres à cet usage ; d’autres assurent au contraire qu’il s’agissait bien de cuves adaptées au contact alimentaire.
Sans référence précise des équipements utilisés et sans résultats d’analyses, aucune de ces affirmations ne peut aujourd’hui être présentée comme établie.
C’est précisément là que se situe désormais le véritable sujet.
Une analyse de l’eau permettrait de trancher
Le débat dépasse désormais la simple qualité gastronomique des ravitaillements.
Lorsque plusieurs participants racontent des vomissements ou des diarrhées et que certains mettent explicitement en cause l’eau distribuée, seule une vérification sanitaire peut permettre de distinguer une coïncidence liée aux contraintes physiologiques d’un ultra d’un éventuel problème sur un point d’approvisionnement.
La publication d’éventuels résultats d’analyses réalisées avant ou pendant l’épreuve permettrait notamment de répondre aux interrogations.
Elle permettrait aussi de confirmer ou d’écarter clairement l’hypothèse actuellement avancée par certains coureurs.
Ce n’est pas la première fois que cette question surgit sur une course by UTMB
Un précédent mérite d’être rappelé.
En juillet 2021, lors de la première édition du Val d’Aran by UTMB en Espagne, de nombreux participants avaient rapporté des diarrhées, des nausées, des vomissements, de la fatigue et parfois de la fièvre.
À l’époque, la piste d’une intoxication alimentaire avait été évoquée et un groupe Facebook regroupant plusieurs centaines de personnes avait été créé pour recueillir les témoignages. L’organisation avait alors invité les personnes concernées à se signaler via un formulaire.
L’eau et les contenants utilisés sur les ravitaillements avaient déjà été évoqués par certains participants comme une hypothèse.
Ce précédent ne permet évidemment pas d’établir le moindre lien avec Nice cinq ans plus tard. Les événements, les équipes, les lieux et les circonstances sont différents.
Il montre simplement qu’une accumulation de troubles digestifs sur un ultra mérite d’être documentée plutôt que réduite immédiatement à un problème de préparation individuelle.
En résumé, les critiques autour du Nice Côte d’Azur by UTMB 2026 dépassent la simple absence de Coca-Cola ou de gels sur certains ravitaillements.
Plusieurs coureurs font état de pénuries d’eau. D’autres décrivent une eau au goût très chloré. Plusieurs participants disent avoir souffert ou avoir vu de nombreux concurrents souffrir de vomissements et de diarrhées. Dans le même temps, d’autres coureurs affirment avoir consommé l’eau sans aucun problème.
Sur le 100K, le taux d’abandon atteint par ailleurs 36,4 %, contre 27,73 % en 2025. Cette différence est réelle, mais sa cause reste à déterminer.
La qualité de l’eau constitue donc aujourd’hui une hypothèse avancée par plusieurs participants, et non une cause démontrée.
Des résultats d’analyses sanitaires ou une prise de parole détaillée de l’organisation permettraient désormais de faire la différence entre suspicion et fait établi.
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