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🎥 En 2021, uTrail en avait fait un Goratrail. L’idée paraissait alors suffisamment absurde pour devenir une blague : obliger les traileurs à suivre une formation avant de pouvoir courir en montagne.
Cinq ans plus tard, le sujet revient, cette fois dans une discussion très sérieuse menée à Chamonix par Cyril Forestier, docteur en sciences du sport et créateur de Courir Mieux.
Attention toutefois : il ne réclame pas la création d’un permis administratif. Il pointe une particularité du trail qui mérite débat : on peut partir courir en montagne sans avoir suivi la moindre formation à la sécurité.
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Le 25 août 2026, pendant la semaine de l’UTMB à Chamonix, Cyril Forestier a réuni six acteurs du trail pour réfléchir aux grands défis que la discipline devra affronter d’ici 2036. Deux athlètes professionnels, deux chercheurs et deux représentants de l’industrie ont notamment parlé de changement climatique, de surfréquentation, de dopage et de professionnalisation. L’épisode est actuellement présenté par Courir Mieux comme une réflexion sur « le trail dans 10 ans ».
Au milieu de cette longue discussion, une remarque de Cyril Forestier fait particulièrement écho à un vieux sujet de uTrail.
Cyril Forestier pointe l’absence totale de formation avant de courir en montagne
La discussion porte sur l’accès à la montagne et sur la manière dont les pratiquants apprennent à évoluer dans un environnement naturel.
Cyril Forestier fait une comparaison avec le ski de randonnée. Selon lui, le trail et la randonnée font partie des rares sports de montagne dans lesquels un pratiquant peut se lancer sans passer par une quelconque étape de formation. Il rappelle qu’en ski de randonnée, les pratiquants sont beaucoup plus souvent sensibilisés aux avalanches, à la météo et aux dangers du milieu avant de partir seuls.
Pour le trail, rien de comparable : chacun peut enfiler ses chaussures et décider de monter en montagne.
Dans l’échange, il explique ainsi que le trail peut se pratiquer « sans la moindre formation sécuritaire » et souligne qu’un débutant ne passe jamais nécessairement par une formation lui apprenant à évoluer en montagne.
Il met en lumière la différence entre deux pratiques de montagne dont l’accès repose aujourd’hui sur des cultures très différentes.
Mais forcément, chez uTrail, cette discussion rappelle quelque chose.
En 2021, uTrail avait inventé le permis trail
Le 13 novembre 2021, uTrail publiait dans sa rubrique satirique Goratrail un article annonçant l’entrée en vigueur d’un prétendu « permis de trail obligatoire » au 1er janvier 2022.
Le scénario était évidemment fictif. Notre faux permis comportait même une partie théorique et une partie pratique, sur le modèle du permis de conduire. Parmi les thèmes imaginés figuraient déjà les connaissances de la montagne, les comportements à adopter et l’évaluation du pratiquant.
À l’époque, le principe même paraissait suffisamment improbable pour servir de base à une satire.
La blague a pourtant parcouru du chemin.
En 2025, nous constations qu’un dispositif réel instauré dans l’Utah obligeait désormais les adultes pénétrant dans certaines Wildlife Management Areas à disposer, selon les zones concernées, d’un permis de chasse ou de pêche. Cela concernait également des visiteurs venus pratiquer d’autres activités outdoor. Ce n’était donc pas un « permis trail » au sens propre, mais l’accès libre à certains espaces naturels avait effectivement laissé place à une autorisation.
En mai 2026, uTrail a d’ailleurs ressorti le concept sous une autre forme avec un nouveau Goratrail imaginant cette fois une « Carte de trail » payante. L’article précisait explicitement qu’il s’agissait d’une fiction satirique et qu’aucune mesure de ce type n’existait en France.
De la blague du permis trail à une vraie question de sécurité
C’est précisément ce qui rend la remarque de Cyril Forestier intéressante.
Il ne parle ni de préfecture, ni de licence, ni d’autorisation pour accéder aux chemins. Sa question se situe en amont : comment apprend-on à pratiquer le trail en sécurité lorsque le terrain devient réellement montagnard ?
Parce qu’entre aller courir dix kilomètres sur des chemins forestiers et partir plusieurs heures en altitude, l’activité porte le même nom mais les compétences nécessaires évoluent fortement.
Orientation, changement brutal de météo, gestion du froid, chaleur, autonomie, connaissance du terrain ou comportement face à une situation dangereuse deviennent progressivement des éléments de la pratique.
Or aucune étape formelle ne sépare aujourd’hui le débutant du pratiquant autonome.
C’est ce décalage que Cyril Forestier met en avant lorsqu’il compare le trail au ski de randonnée.
Le contexte climatique rend la question beaucoup moins théorique
La table ronde bascule d’ailleurs immédiatement après cette remarque vers le changement climatique.
Les participants évoquent les incendies, les périodes de forte chaleur, les restrictions possibles dans certaines forêts et la nécessité d’adapter la pratique à un milieu qui évolue. L’un des intervenants explique que le changement climatique pourrait contraindre le trail à modifier certaines habitudes, jusqu’à rendre certains secteurs temporairement impraticables en raison du risque d’incendie.
Cyril Forestier travaille par ailleurs régulièrement sur cette relation entre trail et environnement. Dans un épisode publié en septembre 2026, il s’est appuyé sur 22 études pour analyser notamment le dérangement de la faune, l’érosion des sentiers et certaines conséquences de la fréquentation des espaces naturels.
Le débat dépasse donc largement la question caricaturale d’un permis.
En résumé, en 2021, uTrail avait imaginé, sur le ton du Goratrail, un « permis de trail » : l’idée qu’il faudrait un jour apprendre, se former, voire prouver certaines compétences avant de pouvoir partir courir en montagne.
Cinq ans plus tard, Cyril Forestier ne parle pas de permis et ne propose aucun dispositif obligatoire. En revanche, lorsqu’il évoque la nécessité de mieux former les pratiquants avant qu’ils évoluent seuls en montagne, le parallèle devient difficile à éviter.
Le vocabulaire a changé et la proposition reste beaucoup plus mesurée. Mais le principe de départ se rapproche de ce que nous avions alors traité comme une satire : courir en montagne ne relèverait plus seulement de la liberté individuelle ; cela pourrait aussi passer par un apprentissage préalable.
Autrement dit, le « permis de trail » n’existe toujours pas. Mais dès lors que l’on commence à parler sérieusement de formation des traileurs avant leur accès autonome à la montagne, on s’en rapproche un peu.
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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