sources préférées Google
🎧 À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le sport français se retrouve de plus en plus souvent rattrapé par la politique.
Léon Marchand a été critiqué après avoir expliqué qu’il préférait rester à distance des prises de position politiques, Teddy Riner a au contraire choisi d’exprimer publiquement son inquiétude face à la progression de l’extrême droite, tandis que Zinédine Zidane, devenu sélectionneur de l’équipe de France, a indiqué qu’il ne souhaitait pas jouer de rôle politique. Derrière ces trois attitudes différentes apparaît une même question : un sportif, et plus largement un média consacré au sport, doit-il nécessairement choisir son camp ?
Pour uTrail, la réponse est simple : nous n’avons pas à être de droite ou de gauche, parce que notre rôle consiste d’abord à parler de trail et de course à pied. Cela ne signifie pas que la politique doit être absente de nos articles. Elle y entre régulièrement, mais uniquement lorsqu’une décision politique, une loi ou un débat de société produit des conséquences concrètes sur la pratique des coureurs.
uTrail n’a pas à être de droite ou de gauche
uTrail est un média consacré au trail et à la course à pied. Nous suivons les compétitions, les champions, les évolutions du matériel, l’entraînement, la santé des coureurs, mais aussi la sécurité sur les sentiers, l’accès aux espaces naturels ou encore les règles qui encadrent les courses. C’est à partir de cette ligne éditoriale que nous abordons l’actualité, y compris lorsqu’elle devient politique.
À quelques mois de la présidentielle, nous n’allons donc pas transformer uTrail en média politique, pas plus que nous n’allons expliquer à nos lecteurs quel candidat correspondrait le mieux à leurs intérêts. Certains votent à droite, d’autres à gauche, au centre ou ailleurs, et certains choisiront de s’abstenir. Ce choix appartient à chacun et n’a rien à voir avec le fait de courir dix kilomètres, un marathon ou un ultra-trail.
uTrail ne vous dira donc jamais pour qui voter.
Ce n’est ni notre rôle, ni notre sujet. En revanche, lorsqu’un élu, un gouvernement ou une autorité préfectorale prend une décision qui bouleverse directement la pratique sportive, nous considérons qu’elle entre pleinement dans notre champ éditorial.
Nous l’avons encore vu à Nice en 2026.
Après son arrivĂ©e Ă la mairie, Éric Ciotti a annoncĂ© d’importantes coupes budgĂ©taires touchant plusieurs Ă©vĂ©nements sportifs, dont le Nice CĂ´te d’Azur by UTMB. Le trail a finalement Ă©tĂ© maintenu par ses organisateurs malgrĂ© une rĂ©duction de 650 000 euros du soutien municipal, mais cette dĂ©cision politique a directement menacĂ© l’avenir d’un Ă©vĂ©nement rĂ©unissant plusieurs milliers de coureurs. Quelques mois plus tard, Ă quelques jours de l’Ă©dition 2026, ses consĂ©quences continuent d’ailleurs d’alimenter le dĂ©bat.
Dans une situation comme celle-là , uTrail en parle et peut parfaitement critiquer la décision. Pas parce qu’Éric Ciotti appartient à tel parti ou défend telle orientation politique, mais parce que sa politique municipale produit une conséquence concrète sur une course de trail. Si demain un maire de gauche, du centre ou d’un autre parti prend exactement la même décision, notre grille de lecture sera exactement la même.
La logique vaut également pour les préfectures.
Un préfet représente l’État dans le département et dispose de pouvoirs qui peuvent conduire à restreindre, encadrer ou empêcher la tenue d’un événement pour des motifs notamment liés à la sécurité ou à l’ordre public. Une recommandation préfectorale peut aussi conduire un organisateur à annuler une course : en juin 2026, le Trail du Noble Joué a ainsi été annulé après une réunion de sécurité, des avis médicaux et les recommandations des autorités préfectorales.
Là encore, nous avons le droit d’interroger ces décisions, de demander si elles sont proportionnées et d’expliquer leurs conséquences pour les organisateurs et les coureurs. Ce n’est pas prendre position pour ou contre le gouvernement : c’est faire notre travail de média spécialisé lorsque l’action publique vient directement modifier la possibilité de courir ou d’organiser une course.
Voilà où se situe notre frontière. Nous ne jugeons pas une décision selon la couleur politique de celui qui la prend ; nous la regardons depuis le sentier, depuis la ligne de départ et depuis ce qu’elle change concrètement pour les coureurs.
Léon Marchand, Teddy Riner et Zidane illustrent un débat qui dépasse le sport
L’actualité récente montre à quel point la frontière entre sport et politique est devenue difficile à maintenir.
Léon Marchand a expliqué qu’il préférait rester à distance des prises de position politiques, notamment parce qu’il ne se sentait pas suffisamment légitime pour s’exprimer sur des sujets qu’il ne maîtrise pas.
Cette prudence a suscité des critiques, certains estimant qu’un champion de son importance possède une responsabilité particulière en raison de son influence.
Teddy Riner a choisi une autre voie en exprimant publiquement son inquiétude face à la progression de l’extrême droite.
Sa prise de parole a elle aussi provoqué de nombreuses réactions. Zinédine Zidane, de son côté, a expliqué qu’il avait naturellement des convictions personnelles, mais qu’il ne souhaitait pas jouer de rôle politique dans la campagne présidentielle.
Ces attitudes sont différentes, mais elles peuvent parfaitement coexister. Être champion olympique, footballeur international ou personnalité très suivie sur les réseaux sociaux donne une audience considérable, sans créer pour autant une obligation de devenir commentateur politique. Un sportif peut choisir de s’engager publiquement comme il peut considérer que ses opinions appartiennent à sa vie personnelle.
Nous appliquons finalement le même principe à uTrail : être un média ne signifie pas devoir se transformer en média politique.
Nous parlons de politique lorsqu’elle vient modifier la pratique de la course à pied et du trail
La frontière n’est évidemment pas toujours étanche, car certaines décisions politiques ont des conséquences immédiates sur les coureurs.
Pendant la crise du Covid, par exemple
Les décisions gouvernementales ont déterminé les conditions dans lesquelles les Français pouvaient sortir courir, les distances qu’ils pouvaient parcourir autour de leur domicile et les possibilités d’organiser des compétitions. À ce moment-là , commenter la politique revenait directement à parler de course à pied.
La question de la chasse fonctionne selon le mĂŞme principe.
Lorsqu’un traileur hésite à emprunter un sentier parce qu’une battue se déroule à proximité, le sujet concerne immédiatement sa sécurité et son accès aux espaces naturels. Les règles encadrant la chasse relèvent en partie de décisions politiques, mais notre travail consiste à examiner leurs conséquences pour les pratiquants, pas à déterminer quel parti possède la meilleure politique cynégétique dans son programme électoral.
Cette distinction est essentielle. Nous pouvons critiquer une mesure, demander qu’elle évolue ou souligner ses conséquences lorsqu’elle touche directement les coureurs, sans que cela signifie que uTrail apporte son soutien au parti qui défend la position inverse.
Le PPS montre parfaitement oĂą commence notre rĂ´le
Le Pass Prévention Santé constitue un autre exemple de cette frontière. Les conditions d’accès aux courses françaises ont évolué à la suite de décisions législatives et de leur application dans le monde sportif. Lorsque le PPS devient nécessaire pour prendre un dossard, que son fonctionnement évolue ou que son coût suscite une polémique, le sujet concerne directement nos lecteurs.
Nous avons donc vocation à analyser le dispositif, à expliquer ce qu’il change et, lorsque cela nous paraît nécessaire, à en critiquer certains aspects. Ce regard peut conduire à commenter une décision issue des pouvoirs publics sans pour autant transformer cette critique en positionnement partisan.
La question qui nous intéresse reste très concrète : qu’est-ce que cette décision change pour quelqu’un qui veut courir ?
C’est également avec cette grille de lecture que nous pouvons parler du financement du sport, des réglementations imposées aux organisateurs, de l’accès aux massifs, des restrictions environnementales ou de la sécurité des pratiquants. Tous ces sujets peuvent devenir politiques, mais ils entrent dans uTrail parce qu’ils concernent d’abord le trail.
Le Marathon de Paris 2027 en donne un exemple particulièrement parlant.
Paris a changé de maire en 2026 et, quelques semaines plus tard, le Conseil de Paris a dû se prononcer sur l’avenir de l’une des plus grandes courses françaises. Après près de trente ans d’organisation par ASO, la concession du Marathon et du Semi-marathon pour la période 2027-2030 a été attribuée au groupement Cadence, au terme d’un choix qui a d’ailleurs provoqué un véritable débat politique au Conseil de Paris.
Pour le coureur, cette sĂ©quence institutionnelle et politique dĂ©bouche aujourd’hui sur quelque chose de très concret : on ne s’inscrit plus au Marathon de Paris comme avant. Pour l’édition 2027, les candidats au dossard doivent s’inscrire Ă un tirage au sort, ouvert du 8 au 30 septembre 2026. Le moment oĂą l’on s’inscrit pendant cette pĂ©riode ne donne aucun avantage et les coureurs sĂ©lectionnĂ©s pourront ensuite acheter leur dossard, proposĂ© au grand public au tarif unique de 169 euros.
VoilĂ exactement pourquoi uTrail parle de politique. Nous ne nous intĂ©ressons pas Ă cette histoire pour dĂ©terminer si le nouveau maire de Paris est de gauche, si son opposition est de droite ou pour expliquer aux Parisiens ce qu’ils auraient dĂ» voter. Nous en parlons parce qu’une dĂ©cision prise au Conseil de Paris a contribuĂ© Ă changer l’organisateur d’une course de 66 000 participants et qu’en 2027, le coureur qui veut prendre le dĂ©part doit dĂ©sormais passer par une nouvelle procĂ©dure d’attribution des dossards.
C’est là que commence notre travail : quand une décision politique finit par changer quelque chose dans la vie du coureur, elle devient aussi une actualité running.
Les sujets de société seront eux aussi regardés depuis la course à pied
Cette ligne s’applique Ă©galement aux dĂ©bats de sociĂ©tĂ©. La participation des personnes transgenres aux compĂ©titions, par exemple, dĂ©passe largement le cadre sportif et fait l’objet d’affrontements politiques dans de nombreux pays. Lorsqu’elle est abordĂ©e sur uTrail, notre grille de lecture reste pourtant celle de la compĂ©tition : quelles catĂ©gories sont prĂ©vues, quelles règles sont appliquĂ©es, comment les fĂ©dĂ©rations tentent-elles d’articuler inclusion et Ă©quitĂ© sportive, et quelles consĂ©quences ces choix produisent-ils dans les classements ?
Nous pouvons exposer les arguments, interroger les règlements et analyser leurs effets sans demander à nos lecteurs d’adhérer à une vision politique générale de la société. Notre domaine reste la course à pied, même lorsque la course à pied croise un débat qui la dépasse largement.
Même l’écologie, nous la regardons depuis les sentiers
Le trail entretient enfin une relation particulière avec les questions environnementales puisque notre sport dépend directement des espaces naturels dans lesquels il se pratique. Préserver une forêt, éviter la destruction d’un sentier, protéger une montagne ou s’interroger sur l’impact d’un événement accueillant plusieurs milliers de participants touche directement à l’avenir de notre discipline.
Certaines de ces positions pourront ĂŞtre qualifiĂ©es d’écologistes et donc, par extension, de politiques. Pourtant, notre point de dĂ©part reste celui du pratiquant : nous avons besoin de montagnes, de forĂŞts, de chemins et d’espaces naturels prĂ©servĂ©s pour continuer Ă courir.
Cela ne signifie pas que uTrail soutient un parti écologiste, pas plus qu’un article consacré aux problèmes posés par la chasse sur les sentiers ne fait de uTrail un média opposé aux chasseurs. Nous regardons ces sujets à travers leurs conséquences sur le trail et sur ceux qui le pratiquent.
🎥 En tant que fondatrice de uTrail, j’ai évidemment mes propres convictions, mes sensibilités et ma vision de la société.
Elles peuvent m’amener à m’intéresser davantage à certains sujets qu’à d’autres, notamment à l’écologie, à poser certaines questions ou à considérer qu’un débat mérite d’être ouvert. Prétendre le contraire serait artificiel : derrière une ligne éditoriale, il y a toujours des choix humains sur les sujets que l’on décide de traiter et sur la manière dont on les regarde.
Depuis la création de uTrail, j’observe aussi l’évolution du trail, celle des traileurs et, plus largement, la façon dont notre sport se transforme avec la société. Le rapport à la montagne, à la performance, à l’argent, à l’environnement, à la consommation, aux voyages, à l’inclusion ou encore à la sécurité sur les sentiers a profondément évolué. J’ai forcément ma propre lecture de ces transformations. Certaines me paraissent positives, d’autres m’interrogent davantage, et il arrive que ces évolutions renvoient directement à des choix de société qui deviennent, par nature, des sujets politiques.
Ne pas être un média de droite ou de gauche ne signifie donc pas renoncer à tout regard critique. uTrail continuera à pointer les incohérences, les contradictions et, lorsqu’ils sont documentés, les doubles discours ou les comportements hypocrites, y compris lorsqu’ils viennent des élites du trail, de ses champions, de ses grandes organisations ou de ses institutions. Critiquer un discours écologique qui entre en contradiction avec certaines pratiques, interroger le poids de l’argent dans le trail ou relever le décalage entre les valeurs affichées et la réalité ne constitue pas une consigne de vote : c’est un travail éditorial.
Mes convictions personnelles ne signifient pas davantage que uTrail doive devenir le porte-voix d’un parti ou d’une idéologie. La rédaction reste ouverte à des opinions différentes des miennes et à ceux qui souhaitent contribuer au débat sur le trail et la course à pied. Des points de vue contradictoires peuvent être publiés dès lors qu’ils sont argumentés, qu’ils concernent notre univers et qu’ils respectent le cadre légal applicable à la publication, notamment en matière de diffamation, d’injure, de discrimination ou d’incitation à la haine.
L’objectif n’est donc pas de fabriquer artificiellement une rédaction où tout le monde pense la même chose. uTrail peut avoir du caractère, critiquer, déranger et mettre en lumière les contradictions du milieu sans devenir pour autant un média partisan. Plusieurs sensibilités peuvent s’y exprimer autour d’un même point commun : le trail, la course à pied et tout ce qui transforme la manière dont nous les pratiquons.
La présidentielle passera, uTrail restera un média de trail
À mesure que l’élection présidentielle de 2027 approchera, les sportifs seront probablement de plus en plus interrogés sur leurs convictions et certains choisiront de s’engager publiquement. D’autres préféreront conserver leurs opinions pour eux. Ce choix leur appartient et il n’appartient pas à uTrail de leur expliquer ce qu’ils devraient dire.
Notre propre ligne éditoriale restera la même. Nous parlerons d’une décision gouvernementale lorsqu’elle empêchera, facilitera ou modifiera la pratique de la course à pied. Nous parlerons d’une loi lorsqu’elle changera les règles sur les sentiers ou dans les compétitions. Nous parlerons d’un débat de société lorsqu’il aura des conséquences concrètes sur les courses, les catégories ou les pratiquants.
En revanche, nous ne transformerons pas ces sujets en consignes électorales et nous ne dirons jamais à nos lecteurs quel bulletin ils devraient glisser dans l’urne.
uTrail n’a pas vocation à être un média de droite ou de gauche. Notre travail consiste à parler de trail et, lorsque la politique entre sur les sentiers, à regarder ce qu’elle change pour ceux qui courent dessus.
Lire aussi
- uTrail vous dit pour qui voter à la présidentielle
- DIRECT : un traileur insoumis poussĂ© dans un ravin, pour l’empĂŞcher de voter MĂ©lenchon
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondĂ© de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribuĂ© Ă faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dĂ©rives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidĂ©os YouTube.








