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Interrogé dans une vidéo mise en ligne il y a six jours sur la chaîne YouTube TVMountain, Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, franchit un nouveau cap dans sa critique de l’UTMB.
Il ne vise cette fois plus seulement le nombre de coureurs ou la taille de l’événement : il dénonce tout ce qui gravite autour des courses officielles et invente une expression particulièrement forte pour le désigner, le « dark UTMB ». Il va jusqu’à établir un parallèle avec le darknet. Une comparaison spectaculaire, mais qui atteint rapidement ses limites.
🎥 La vidéo dans laquelle Jean-Marc Peillex évoque le « dark UTMB »
Jean-Marc Peillex emploie cette expression dans un entretien vidéo publié sur la chaîne YouTube TVMountain.
Pour Jean-Marc Peillex, il existe désormais un « dark UTMB »
La formule intervient lorsque Jean-Marc Peillex évoque l’ampleur prise par la semaine de l’UTMB autour du Mont-Blanc.
Selon lui, regarder uniquement les courses officielles, le nombre de participants ou les bénévoles mobilisés ne permet plus de mesurer l’ensemble de ce que génère l’événement.
« Aujourd’hui, on découvre ce que moi j’appelle le dark UTMB », explique-t-il.
Il poursuit immédiatement avec sa comparaison : « Dans le Net, il y a le darknet, tout ce qui se passe et qui ne se voit pas. Eh bien c’est un peu la même chose à l’UTMB. »
L’image est forte. Peut-être trop forte.
Sur l’UTMB, ce « dark » n’a en réalité rien de caché
Car le parallèle avec le darknet fonctionne assez mal lorsqu’on regarde ce que Jean-Marc Peillex place lui-même derrière l’expression « dark UTMB ».
Le maire de Saint-Gervais cite les courses privées, les manifestations organisées par les marques, les réceptions, les DJ ou encore les magasins et différentes animations commerciales.
Or tout cela n’a rien de clandestin.
Ces événements se déroulent publiquement, les marques communiquent dessus, les participants s’y rendent ouvertement et les animations sont visibles de tous dans les rues et les différents lieux concernés.
Il ne s’agit donc pas d’une face secrète de l’UTMB au sens propre, mais plutôt de toute l’activité périphérique développée autour des courses officielles.
La nuance est importante.
Le darknet désigne des réseaux volontairement non accessibles depuis le Web classique et nécessitant des outils particuliers pour y accéder. Il n’est d’ailleurs pas illégal par nature, même s’il peut héberger des activités illicites.
Rien de comparable ici : les opérations commerciales et événementielles évoquées par Jean-Marc Peillex sont visibles, publiques et, dans les éléments qu’il cite, aucune activité illégale n’est dénoncée.
Son « dark UTMB » est donc avant tout une formule politique destinée à désigner ce qu’il considère comme la partie moins comptabilisée de l’impact de l’événement.
Ce que Peillex dénonce réellement : l’événement autour de l’événement
Derrière cette comparaison discutable se trouve néanmoins une critique plus précise.
Jean-Marc Peillex estime que l’empreinte de l’UTMB ne peut plus être mesurée uniquement à partir du nombre de dossards distribués.
À ses yeux, il faut ajouter toutes les activités commerciales qui accompagnent désormais la semaine de course : événements de marques, réceptions, animations, boutiques ou manifestations organisées parallèlement au programme sportif.
C’est cette addition qui lui fait qualifier l’UTMB de structure « tentaculaire ».
Il utilise également l’expression de « marchands du temple » pour dénoncer la place prise, selon lui, par le commerce autour de l’événement.
Le débat intéressant se trouve donc probablement davantage ici que dans l’image du darknet : où s’arrête une compétition de trail et où commence un gigantesque salon commercial à ciel ouvert ?
Peillex parle d’une organisation devenue « tentaculaire »
Pour le maire de Saint-Gervais, l’évolution dépasse désormais largement le cadre d’une course d’ultra-trail.
Il considère que l’organisation a progressivement pris une dimension démesurée autour du massif et évoque le « côté tentaculaire et monstre de cette organisation ».
Jean-Marc Peillex compare cette situation aux premières années de l’épreuve.
Il raconte avoir connu le projet à une époque où l’UTMB réunissait environ 700 coureurs.
« C’était une course sportive », se souvient-il.
Son jugement sur la situation actuelle est radicalement différent : « Aujourd’hui, on est dans la démence. »
Saint-Gervais conteste aussi les retombées économiques de l’UTMB
Jean-Marc Peillex remet également en cause un autre argument traditionnellement associé aux grandes compétitions : leurs retombées économiques pour les territoires traversés.
À Saint-Gervais, il affirme que le passage de l’UTMB coûterait à la commune entre « 50 000 et 100 000 euros ».
Dans le même temps, il estime que les bénéfices pour les commerçants locaux seraient désormais limités.
Selon lui, Saint-Gervais accueille déjà une importante fréquentation touristique à cette période, avec des restaurants et des hôtels remplis en pleine saison.
La situation serait donc très différente de celle des premières éditions, lorsque la venue des coureurs pouvait représenter un apport touristique supplémentaire plus sensible.
Peillex veut remettre le cadre de l’UTMB entre les mains des élus
Jean-Marc Peillex ne réclame pourtant pas la disparition de l’ultra-trail autour du Mont-Blanc.
« L’ultra-trail doit vivre », explique-t-il.
Ce qu’il souhaite remettre en question est le format pris par l’événement et son environnement commercial.
Il demande que les communes traversées, les autorités françaises, suisses et italiennes ainsi que les services de l’État participent davantage à la définition du cadre dans lequel l’événement peut se développer.
Son objectif affiché est de revenir à un « format de course sportive » plutôt qu’à un « format de course au business et à l’argent ».
Le terme « dark UTMB » restera probablement la formule la plus spectaculaire de son intervention. Mais il mérite d’être pris pour ce qu’il est : une image polémique. Car les courses de marques, les DJ, les boutiques et les réceptions qu’il dénonce ne se déroulent ni dans l’ombre ni dans la clandestinité.
En résumé, la véritable question posée par Jean-Marc Peillex est ailleurs
jusqu’où une course de trail peut-elle développer tout un écosystème commercial autour d’elle avant que celui-ci ne devienne, aux yeux des habitants et des élus, plus important que la course elle-même ?
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