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🎧 Gravir l’Everest à Dijon : à 19 ans, Alan Zharikov veut cumuler près de 9 000 m de dénivelé dans la tour Philippe le Bon, un défi déjà critiqué.
À 19 ans, Alan Zharikov veut réaliser l’équivalent du dénivelé de l’Everest sans quitter Dijon. Son projet : monter et descendre les escaliers de la tour Philippe le Bon jusqu’à cumuler environ 9 000 mètres de dénivelé. Un défi d’endurance réel, mais dont la comparaison avec l’Everest fait déjà grincer des dents.
9 000 mètres de dénivelé dans une tour à Dijon
Le principe est simple à comprendre, beaucoup moins à réaliser. Alan Zharikov souhaite enchaîner les montées et les descentes de la tour Philippe le Bon, au cœur du palais des Ducs de Bourgogne, pendant près de 24 heures.
Le jeune Dijonnais évoque environ 3 000 étages et 9 000 mètres de dénivelé cumulés pour reproduire, sur le papier, la hauteur de l’Everest. Il souhaite également retransmettre son défi en direct.
Le projet n’est toutefois pas encore définitivement validé. Des échanges ont eu lieu autour de son organisation et certaines conditions doivent encore être réunies, notamment sur l’encadrement médical.
Sur le plan sportif, l’effort promet pourtant d’être tout sauf anecdotique. Répéter pendant des heures le même escalier impose une énorme sollicitation musculaire, notamment au niveau des quadriceps et des mollets, avec une difficulté supplémentaire en descente. Pour un traileur habitué au dénivelé, cumuler plusieurs milliers de mètres de D+ sur des marches constitue à lui seul un véritable exercice d’ultra-endurance.
« Bientôt il s’agira de gravir l’Everest en se levant de son lit »
C’est pourtant moins la difficulté physique du défi que son intitulé qui provoque des réactions.
Sous une publication consacrée au projet, un internaute ironise : « Bientôt il s’agira de gravir l’Everest en se levant de son lit ? » Un autre lui répond en poussant la plaisanterie jusqu’au « lit superposé ».
La remarque résume assez bien le malaise provoqué par cette nouvelle manière de présenter les défis d’endurance.
Car Alan Zharikov ne prétend évidemment pas se rendre à 8 849 mètres d’altitude. Il cherche à reproduire une quantité de dénivelé. Et c’est précisément là que les mots ont leur importance.
Faire 9 000 mètres de D+ n’est pas gravir l’Everest
Accumuler 9 000 mètres de montée représente une performance physique considérable. Mais cela ne reproduit qu’une seule donnée associée à l’Everest : une hauteur.
Une véritable ascension du plus haut sommet de la planète implique l’altitude, le manque d’oxygène, le froid, l’acclimatation, la météo et un environnement de haute montagne. Une expédition classique s’étale généralement sur plusieurs semaines, notamment en raison des rotations nécessaires pour permettre au corps de s’adapter à l’altitude.
Les deux exercices sont donc difficilement comparables.
C’est exactement le même débat que l’on retrouve depuis plusieurs années dans le trail avec les « Everesting ». À vélo, en course à pied ou sur des escaliers, le terme consiste désormais à cumuler 8 848 ou 8 849 mètres de dénivelé positif sur une même montée répétée.
L’expression est efficace. Elle permet immédiatement de comprendre l’ampleur du chiffre. Mais plus elle est utilisée, plus l’Everest devient une unité de mesure plutôt qu’une montagne.
Le problème n’est pas le défi, mais la comparaison
Il serait pourtant injuste de réduire le projet d’Alan Zharikov à un simple coup de communication.
Passer près de 24 heures à monter et descendre des escaliers jusqu’à atteindre environ 9 000 mètres de dénivelé demande une préparation sérieuse et une capacité à supporter la répétition que beaucoup de sportifs n’auraient pas.
Le jeune homme a d’ailleurs déjà montré son goût pour les défis répétitifs : il a notamment parcouru 150 kilomètres à vélo autour d’une même place dijonnaise en moins de neuf heures.
La critique porte donc ailleurs : à force de baptiser « Everest » chaque défi atteignant symboliquement 8 849 mètres de dénivelé, le sommet lui-même finit presque par disparaître derrière le chiffre.
Et la formule moqueuse publiée sous le projet prend alors tout son sens : à ce rythme, il suffira peut-être bientôt d’accumuler suffisamment de marches entre la chambre et la cuisine pour annoncer avoir « gravi l’Everest ».
Cela ne rendrait pas l’effort facile.
Mais cela ne ferait toujours pas de l’appartement l’Himalaya.
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