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đ§ Quand la canicule sâinstalle, faut-il maintenir sa sortie de course Ă pied ou renoncer complĂštement Ă courir ?
La rĂ©ponse nâest pas binaire. Pour un coureur en bonne santĂ©, il reste parfois possible de courir en adaptant fortement lâhoraire, la durĂ©e et lâintensitĂ© de lâeffort. En revanche, pendant les heures les plus chaudes, lorsque la tempĂ©rature reste trĂšs Ă©levĂ©e ou en prĂ©sence de symptĂŽmes inhabituels, mieux vaut reporter sa sĂ©ance.
Les autoritĂ©s sanitaires recommandent dâailleurs, pendant les vagues de chaleur, de privilĂ©gier les activitĂ©s douces et dâĂ©viter les efforts physiques importants aux heures les plus chaudes.
Pour les coureurs et les traileurs, cela ne signifie donc pas nĂ©cessairement arrĂȘter de courir pendant plusieurs jours, mais accepter quâune sĂ©ance prĂ©vue dans un plan dâentraĂźnement nâa jamais prioritĂ© sur les conditions mĂ©tĂ©orologiques.
Peut-on courir pendant une canicule ?
Oui, mais pas dans toutes les conditions et pas de la mĂȘme maniĂšre quâen temps normal.
Courir produit dĂ©jĂ beaucoup de chaleur Ă lâintĂ©rieur de lâorganisme. Lorsque la tempĂ©rature extĂ©rieure augmente, le corps doit simultanĂ©ment Ă©vacuer la chaleur produite par lâeffort et celle imposĂ©e par lâenvironnement. Cette rĂ©gulation repose notamment sur la transpiration et lâĂ©vaporation, deux mĂ©canismes qui deviennent moins efficaces lorsque la chaleur et lâhumiditĂ© sont importantes.
Câest pourquoi une allure parfaitement confortable Ă 15 ou 20 °C peut devenir beaucoup plus exigeante lorsquâil fait plus de 30 °C.
LâOrganisation mondiale de la santĂ© recommande dâĂ©viter les activitĂ©s physiques intenses pendant la pĂ©riode la plus chaude de la journĂ©e et rappelle que lâexposition au soleil peut encore augmenter fortement la tempĂ©rature ressentie.
La bonne question nâest donc pas seulement « fait-il trop chaud pour courir ? », mais plutĂŽt : dans quelles conditions vais-je courir et quel effort vais-je demander Ă mon organisme ?
Ă partir de quelle tempĂ©rature faut-il arrĂȘter de courir ?
Il nâexiste pas de tempĂ©rature universelle Ă partir de laquelle toute course devient automatiquement interdite.
Le risque dĂ©pend de plusieurs paramĂštres : tempĂ©rature de lâair, humiditĂ©, exposition au soleil, vent, durĂ©e de lâeffort, intensitĂ©, acclimatation Ă la chaleur, Ă©tat de santĂ© et hydratation du coureur.
Deux sorties rĂ©alisĂ©es Ă 30 °C peuvent ainsi prĂ©senter des contraintes trĂšs diffĂ©rentes. Courir trente minutes Ă faible allure, tĂŽt le matin, Ă lâombre et avec un peu de vent nâa rien Ă voir avec une sortie longue rĂ©alisĂ©e en plein soleil au milieu de lâaprĂšs-midi.
Câest aussi la raison pour laquelle vouloir appliquer un seuil unique du type « au-dessus de 30 °C, on ne court plus » serait trop simpliste.
En revanche, plus la tempĂ©rature grimpe, plus la logique doit sâinverser : ce nâest plus Ă la mĂ©tĂ©o de sâadapter au programme dâentraĂźnement, mais au coureur dâadapter son programme Ă la mĂ©tĂ©o.
Faut-il courir tĂŽt le matin pendant la canicule ?
Câest gĂ©nĂ©ralement le meilleur choix lorsque lâon souhaite conserver une activitĂ© physique.
Le ministĂšre de la SantĂ© recommande dâadapter sa pratique sportive aux conditions mĂ©tĂ©orologiques et de privilĂ©gier les activitĂ©s douces en pĂ©riode de forte chaleur. LâOMS conseille Ă©galement dâĂ©viter les efforts intenses pendant les heures les plus chaudes.
En pratique, partir tĂŽt le matin permet souvent de bĂ©nĂ©ficier de tempĂ©ratures infĂ©rieures Ă celles de lâaprĂšs-midi. Il faut nĂ©anmoins regarder les conditions rĂ©elles plutĂŽt que simplement lâheure affichĂ©e sur la montre.
Pendant une canicule prolongĂ©e, les nuits peuvent rester trĂšs chaudes et le thermomĂštre peut dĂ©jĂ afficher une tempĂ©rature Ă©levĂ©e au lever du jour. Courir Ă 6 heures nâest donc pas automatiquement synonyme de conditions fraĂźches.
Pendant une canicule, faut-il courir moins vite ?
Oui.
La chaleur nâest pas le moment idĂ©al pour chercher Ă reproduire ses allures habituelles Ă tout prix. Ă effort identique, la contrainte physiologique augmente et le rythme peut naturellement diminuer.
Pour une sortie dâentretien, mieux vaut accepter de ralentir, raccourcir la durĂ©e et Ă©ventuellement introduire davantage de marche, particuliĂšrement en trail oĂč les montĂ©es peuvent rapidement faire augmenter lâintensitĂ© de lâeffort.
Chercher absolument Ă respecter une allure prĂ©vue plusieurs semaines auparavant peut devenir contre-productif. Pendant une pĂ©riode de chaleur extrĂȘme, le chronomĂštre devrait passer au second plan derriĂšre les sensations et les conditions du jour.
Faut-il supprimer le fractionné et les sorties longues ?
Ce sont gĂ©nĂ©ralement les sĂ©ances quâil est le plus logique de modifier en premier.
Le fractionné, les séances au seuil, les montées rapides et les sorties longues augmentent fortement la production de chaleur métabolique. Les maintenir pendant les périodes les plus chaudes peut donc ajouter une contrainte thermique importante à une séance déjà exigeante.
Reporter une sĂ©ance intensive de quelques jours nâentraĂźnera pas la disparition de votre condition physique. Ă lâinverse, vouloir absolument conserver l’intĂ©gralitĂ© d’un programme dans des conditions dĂ©favorables peut gĂ©nĂ©rer une fatigue inutile.
Pour un traileur préparant une course, une semaine de canicule peut donc devenir une semaine allégée, avec footing facile tÎt le matin, marche, renforcement en intérieur ou repos supplémentaire.
Ce nâest pas perdre son entraĂźnement. Câest lâadapter.
Boire davantage suffit-il pour courir sous la canicule ?
Non.
Lâhydratation est indispensable, mais elle ne supprime pas le risque liĂ© Ă la chaleur.
Les recommandations sanitaires insistent sur la nĂ©cessitĂ© de boire avant et pendant lâactivitĂ© physique, puis de se rĂ©hydrater aprĂšs lâeffort. Mais boire de lâeau ne transforme pas pour autant une sĂ©ance rĂ©alisĂ©e en plein soleil Ă une tempĂ©rature trĂšs Ă©levĂ©e en sĂ©ance sans danger.
Câest une erreur assez frĂ©quente chez les sportifs : considĂ©rer quâune flasque supplĂ©mentaire peut compenser nâimporte quelles conditions.
Lâeau aide lâorganisme Ă fonctionner et Ă compenser les pertes hydriques. Elle nâannule pas la chaleur extĂ©rieure ni celle produite par les muscles pendant lâeffort.
Quels signes doivent faire arrĂȘter immĂ©diatement de courir ?
La rĂšgle la plus importante est probablement celle-ci : un symptĂŽme inhabituel pendant une sortie sous forte chaleur ne doit pas ĂȘtre banalisĂ©.
Des vertiges, une faiblesse importante, des nausĂ©es, des maux de tĂȘte, une confusion, des crampes importantes ou une sensation anormale de surchauffe doivent conduire Ă interrompre lâeffort et Ă rechercher un endroit frais.
LâOMS recommande notamment de se mettre immĂ©diatement au repos dans un lieu frais en cas de spasmes musculaires douloureux liĂ©s Ă la chaleur et de demander un avis mĂ©dical si les symptĂŽmes persistent.
Un coureur ne doit jamais interprĂ©ter un malaise liĂ© Ă la chaleur comme une simple faiblesse mentale quâil faudrait dĂ©passer.
Certaines personnes doivent-elles davantage renoncer Ă courir ?
Oui. La prudence doit ĂȘtre renforcĂ©e chez les personnes fragiles, malades ou prĂ©sentant certaines pathologies, ainsi que lorsquâun traitement mĂ©dical peut modifier la rĂ©ponse de lâorganisme Ă la chaleur.
Une infection récente, de la fiÚvre, une fatigue importante, un manque de sommeil ou une mauvaise récupération constituent également de mauvaises conditions pour ajouter une contrainte thermique supplémentaire.
Dans ce contexte, le bĂ©nĂ©fice dâun footing supplĂ©mentaire devient gĂ©nĂ©ralement trĂšs faible par rapport au risque pris.
En trail, la chaleur peut ĂȘtre encore plus difficile Ă gĂ©rer
Le trail ajoute plusieurs contraintes que lâon retrouve moins systĂ©matiquement lors dâun footing urbain.
La durĂ©e dâexposition peut ĂȘtre beaucoup plus longue, les montĂ©es augmentent fortement lâeffort, certains parcours offrent trĂšs peu dâombre et lâaccĂšs Ă lâeau nâest pas toujours immĂ©diat. Dans une vallĂ©e ou sur une portion exposĂ©e, la tempĂ©rature rencontrĂ©e peut Ă©galement ĂȘtre trĂšs diffĂ©rente de celle annoncĂ©e au dĂ©part.
Il faut donc raisonner sur lâensemble de la sortie et pas uniquement sur la tempĂ©rature prĂ©vue Ă lâheure du dĂ©part.
Partir Ă la fraĂźche pour quatre heures de trail peut signifier terminer lorsque la chaleur devient maximale.
Dans ce cas, raccourcir son parcours ou reporter la sortie longue est souvent plus raisonnable que de se retrouver loin de tout lorsque les températures explosent.
Renoncer Ă une sortie ne fait pas perdre son entraĂźnement
Câest probablement le point le plus difficile Ă accepter lorsquâune course approche.
Un plan indique parfois 25 km le dimanche. La météo en décide autrement.
Certains coureurs ont alors lâimpression quâen supprimant une sĂ©ance ils compromettent plusieurs mois de prĂ©paration. Physiologiquement, quelques jours dâadaptation ou de repos ne vont pourtant pas effacer le travail accumulĂ© pendant des semaines.
En revanche, une grosse fatigue provoquée par une séance mal gérée peut perturber les jours suivants et coûter beaucoup plus cher dans la préparation.
La canicule oblige donc à abandonner une idée encore trÚs présente en course à pied : celle selon laquelle le meilleur coureur serait celui qui respecte son plan quelles que soient les circonstances.
En trail, nous devrions pourtant savoir mieux que quiconque que le terrain et la mĂ©tĂ©o font partie de lâentraĂźnement.
Alors, faut-il courir ou renoncer pendant la canicule ?
Il nâest pas nĂ©cessaire de renoncer systĂ©matiquement Ă toute course Ă pied dĂšs quâune vague de chaleur est annoncĂ©e. Pour un coureur en bonne santĂ©, une sĂ©ance courte, facile, rĂ©alisĂ©e au moment le plus frais de la journĂ©e et adaptĂ©e aux conditions peut rester envisageable.
En revanche, il vaut mieux renoncer ou reporter une sĂ©ance lorsque la chaleur reste trĂšs Ă©levĂ©e, notamment aux heures les plus chaudes, lorsquâil est impossible de rĂ©duire suffisamment lâintensitĂ© ou la durĂ©e, ou lorsque le coureur prĂ©sente le moindre symptĂŽme inhabituel.
La meilleure dĂ©cision nâest donc pas celle qui permet de cocher coĂ»te que coĂ»te une sĂ©ance sur un plan dâentraĂźnement.
Pendant une canicule, savoir ne pas courir peut aussi faire partie de lâentraĂźnement.
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