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🎧 Dans une interview accordée au Dauphiné Libéré, Aurélien Dunand-Pallaz a détaillé plusieurs aspects de son entraînement.
Et parmi les séances qu’il apprécie le moins, le traileur savoyard n’hésite pas : courir vite sur le plat, notamment lors de longues fractions à haute intensité, ne lui procure aucun plaisir. Un choix qui en dit beaucoup sur la manière dont il construit sa préparation pour l’ultra-trail.
Aurélien Dunand-Pallaz n’aime pas courir vite sur le plat
Le fractionné est souvent présenté comme un passage presque obligé pour progresser en course à pied. Pourtant, tous les coureurs n’ont ni les mêmes objectifs ni les mêmes besoins.
Aurélien Dunand-Pallaz explique ainsi que les séances qu’il apprécie le moins sont celles réalisées sur terrain plat, lorsqu’il faut maintenir une vitesse élevée pendant plusieurs minutes.
Ce type de travail est finalement assez éloigné de ce qu’il rencontre en compétition. Le Savoyard s’est spécialisé sur les formats longs et montagneux, où la capacité à enchaîner les ascensions, à produire un effort pendant plusieurs heures et à rester efficace sur des terrains irréguliers compte davantage que la vitesse pure sur une piste cyclable.
Il précise d’ailleurs qu’il effectue relativement peu de séances de ce type.
Pour progresser en montée, il utilise surtout le vélo
À l’inverse, Aurélien Dunand-Pallaz cite un autre entraînement comme particulièrement efficace dans sa progression : l’endurance de force à vélo.
Le principe consiste notamment à monter un col avec un gros braquet, en travaillant par séquences. Il donne l’exemple de blocs de cinq minutes d’effort répétés plusieurs fois, entrecoupés de périodes plus faciles.
Ce travail permet de solliciter fortement les jambes sans reproduire exactement les contraintes mécaniques de la course à pied.
Pour un spécialiste de l’ultra-trail, l’intérêt est évident : développer la capacité à pousser longtemps dans les ascensions tout en accumulant moins d’impacts qu’avec une séance intégralement réalisée en courant.
Aurélien Dunand-Pallaz estime que cette méthode lui a été particulièrement bénéfique dans les longues montées.
Un trail ne se prépare pas forcément comme un 10 km
Son témoignage rappelle surtout qu’un programme d’entraînement doit rester lié à la discipline pratiquée.
Un coureur cherchant à améliorer son chrono sur 5 ou 10 km aura tout intérêt à travailler régulièrement sa vitesse et sa capacité à maintenir des allures élevées. Un ultra-traileur qui passe une grande partie de ses compétitions à monter, descendre et alterner course et marche rapide peut construire une partie de sa progression autrement.
Cela ne signifie pas que la vitesse ne sert à rien en trail, mais simplement que sa place peut devenir secondaire lorsque la spécificité de la course s’éloigne fortement du terrain plat.
Chez Dunand-Pallaz, cette logique passe par beaucoup de montagne, du vélo et des sorties longues.
Ses sorties préférées sont finalement les plus simples
Le Savoyard explique également prendre particulièrement de plaisir lors des longues sorties en montagne effectuées sans recherche permanente de performance.
Il apprécie les itinéraires formant une véritable boucle, les passages sur les sommets et le fait de pouvoir profiter du paysage, de la faune ou de la flore.
Une approche assez éloignée de l’entraînement entièrement piloté par les chiffres.
Aurélien Dunand-Pallaz indique d’ailleurs fonctionner à la fois avec les données et les sensations, tout en donnant la priorité à ces dernières pendant ses entraînements.
Une philosophie cohérente avec son terrain de jeu : en trail, le relief, la technicité, la météo ou encore l’état du sol rendent de toute façon l’allure beaucoup moins régulière que sur route.
En résumé, Aurélien Dunand-Pallaz prépare désormais son objectif sur le GR20
Cette préparation prend actuellement une dimension particulière. Après plusieurs performances réussies en montagne, Aurélien Dunand-Pallaz vise désormais une tentative sur le GR20.
Un objectif pour lequel la capacité à rester puissant dans les montées et efficace pendant de très longues heures sera évidemment beaucoup plus déterminante qu’un chrono réalisé sur une piste cyclable.
Et cela explique probablement assez bien pourquoi, chez l’un des meilleurs ultra-traileurs français, le fractionné à plat n’est vraiment pas la séance préférée.
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