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🎧 La Badwater 135 vient de s’élancer dans la Vallée de la Mort, en Californie.
La 39e édition se déroule du 27 au 29 juillet 2026, avec 98 coureurs venus de 21 pays engagés sur les 217 kilomètres de cette épreuve hors normes.
Et cette année, terminer la course sera encore un peu plus difficile. L’organisation a durci sa principale barrière horaire : les participants ne disposent plus que de 45 heures pour rejoindre Whitney Portal, contre 48 heures auparavant.
Une décision qui n’est pas liée à un changement de parcours ni à la chaleur extrême qui caractérise la Badwater. L’organisation estime simplement que le niveau des ultrarunners a progressé et qu’il est désormais temps de relever les exigences pour obtenir le statut de finisher.
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Cette année les ultra-marathoniens ont trois heures de moins pour terminer la Badwater 135 : la barrière horaire passe de 48 à 45 heures
C’est la principale nouveautĂ© de cette Ă©dition 2026. La barrière horaire maximale, longtemps fixĂ©e Ă 48 heures, est dĂ©sormais ramenĂ©e Ă 45 heures.
Trois heures peuvent sembler relativement anecdotiques sur une Ă©preuve qui dure près de deux jours. Elles le sont effectivement pour les meilleurs, capables de rallier l’arrivĂ©e en un peu plus de 21 heures. Le record masculin est ainsi de 21 h 33 min 01 s, tandis que le record fĂ©minin appartient Ă Ashley Paulson en 21 h 44 min 35 s.
Pour les coureurs Ă©voluant en deuxième partie de classement, en revanche, la modification est loin d’ĂŞtre symbolique. Ă€ Badwater, certains concurrents utilisent traditionnellement presque l’intĂ©gralitĂ© des 48 heures autorisĂ©es. Ils devront dĂ©sormais gĂ©rer leur effort avec trois heures de marge en moins.
La difficultĂ© sportive de la Badwater n’a donc pas changĂ©. C’est le temps disponible pour en venir Ă bout qui diminue.
Pourquoi la Badwater a-t-elle réduit sa barrière horaire
La dĂ©cision de passer de 48 Ă 45 heures ne vient pas d’une volontĂ© de rĂ©duire l’exposition des coureurs Ă la chaleur. L’organisation avance une raison beaucoup plus sportive : les participants sont devenus plus rapides.
Selon Chris Kostman, directeur de la Badwater 135, presque tous les coureurs qui terminent l’Ă©preuve ces dernières annĂ©es franchissent dĂ©sormais l’arrivĂ©e en moins de 46 h 30. MĂŞme constat aux diffĂ©rents points de contrĂ´le : les concurrents atteignent gĂ©nĂ©ralement les barrières intermĂ©diaires plusieurs heures avant les dĂ©lais imposĂ©s.
L’organisation estime donc que le niveau global du peloton a suffisamment progressĂ© pour relever ses exigences. Ce n’est d’ailleurs pas une première. Jusqu’en 2010, les participants pouvaient disposer de 60 heures pour terminer, mĂŞme s’il fallait dĂ©jĂ passer sous les 48 heures pour obtenir la cĂ©lèbre boucle de ceinture. Ă€ partir de 2011, les 48 heures sont devenues la limite absolue.
Quinze ans plus tard, la Badwater applique la même logique : puisque ses coureurs vont plus vite, elle relève à nouveau le niveau nécessaire pour être officiellement finisher. À compter de 2026, il faudra donc boucler les 217 kilomètres en moins de 45 heures.
Caractéristiques de la Badwater 135
217 km à travers la Vallée de la Mort
La rĂ©putation de la Badwater 135 tient d’abord Ă son parcours.
Le dĂ©part est donnĂ© Ă Badwater Basin, dans la VallĂ©e de la Mort, Ă environ 85 mètres sous le niveau de la mer. Il s’agit du point le plus bas d’AmĂ©rique du Nord. L’arrivĂ©e se situe Ă Whitney Portal, Ă plus de 2 500 mètres d’altitude, au pied du mont Whitney.
Entre les deux : 135 miles, soit environ 217 kilomètres, trois chaînes montagneuses à franchir et approximativement 4 450 mètres de montée cumulée.
Contrairement Ă la plupart des grands ultras connus du public français, la Badwater ne se dispute pourtant pas principalement sur des sentiers techniques. Une grande partie de sa difficultĂ© vient de la route et surtout de l’environnement dans lequel elle se trouve.
Ici, le principal adversaire n’est pas le dĂ©nivelĂ© mais la chaleur
La Vallée de la Mort fait partie des endroits les plus chauds de la planète. Pendant la Badwater, les températures peuvent dépasser les 50 °C dans la journée.
L’asphalte constitue lui-mĂŞme une difficultĂ©. Sous le soleil, sa tempĂ©rature peut devenir suffisamment Ă©levĂ©e pour ramollir certaines semelles de chaussures. Des coureurs cherchent d’ailleurs Ă progresser sur les lignes blanches peintes au bord de la chaussĂ©e, dont la surface peut ĂŞtre lĂ©gèrement moins chaude que le bitume noir.
La nuit n’offre pas nĂ©cessairement le rĂ©pit que l’on pourrait imaginer. Selon le responsable du parc national de la VallĂ©e de la Mort citĂ© lors de l’accueil des participants 2026, les tempĂ©ratures nocturnes locales seraient aujourd’hui environ 10 % plus Ă©levĂ©es qu’il y a vingt ans.
Sur cette course, la gestion thermique devient donc aussi importante que la capacitĂ© Ă courir pendant des dizaines d’heures.
Une course impossible à gérer comme un ultra classique
Autre particularitĂ© de Badwater : l’organisation de l’assistance.
Contrairement aux trails europĂ©ens oĂą les coureurs progressent d’un ravitaillement organisĂ© Ă l’autre, le crew accompagne ici son athlète tout au long du parcours et lui fournit eau, nourriture, glace, vĂŞtements et matĂ©riel.
Après Stovepipe Wells, situĂ© autour du 68e kilomètre, un membre de l’Ă©quipe peut Ă©galement accompagner le concurrent en tant que pacer.
Cette assistance est essentielle dans un environnement oĂą l’organisme doit ĂŞtre refroidi en permanence et oĂą l’abandon peut rapidement devenir un problème de sĂ©curitĂ©. L’hĂ´pital le plus proche se trouve Ă une distance considĂ©rable de certaines portions du parcours.
98 coureurs seulement au départ en 2026
La Badwater reste Ă©galement une course extrĂŞmement sĂ©lective. Il ne suffit pas de payer un dossard pour participer : l’inscription passe par une candidature et une sĂ©lection fondĂ©e notamment sur l’expĂ©rience acquise sur des ultras de très longue distance.
Cette année, 98 athlètes représentant 21 nations ont été retenus. Parmi eux, 33 ont déjà terminé la Badwater, contre 65 qui vont tenter de devenir finishers pour la première fois.
La doyenne de cette Ă©dition est l’AmĂ©ricaine Pamela Chapman-Markle, 70 ans, dĂ©jĂ sept fois finisheuse. Ă€ l’autre extrĂ©mitĂ© du classement par âge, Nicholas Cerbone, 27 ans, va dĂ©couvrir l’Ă©preuve.
Danny Westergaard, 67 ans, tentera quant à lui quelque chose de particulièrement rare : décrocher une 19e arrivée consécutive.
Les favoris de la Badwater 135 : aucun tenant du titre au départ
Sportivement, cette édition 2026 présente également une configuration inhabituelle puisque les deux vainqueurs de 2025 sont absents.
Chez les femmes, Ashley Paulson sera en revanche très attendue. L’AmĂ©ricaine possède le record fĂ©minin de l’Ă©preuve en 21 h 44 min 35 s et avait surtout marquĂ© l’histoire en 2023 en remportant la Badwater au classement gĂ©nĂ©ral, devant tous les hommes.
Chez les hommes, le plateau apparaĂ®t plus ouvert. L’Espagnol Ivan Penalba Lopez reste l’un des concurrents les plus rĂ©guliers après avoir terminĂ© deuxième Ă trois reprises, tandis qu’Harvey Lewis, vainqueur en 2014 et 2021, revient une nouvelle fois dans la VallĂ©e de la Mort.
À la Badwater, il n’y a même pas de prime pour le vainqueur
Il n’existe pas de prize money pour rĂ©compenser les vainqueurs.
Le symbole recherchĂ© se trouve ailleurs : les concurrents qui rejoignent Whitney Portal dans le dĂ©lai rĂ©glementaire reçoivent la cĂ©lèbre boucle de ceinture de finisher, prĂ©sentĂ©e par l’organisation comme l’un des « Graals » de l’ultrarunning.
Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce symbole qui devient un peu plus difficile Ă dĂ©crocher en 2026.
La distance reste de 217 kilomètres. La VallĂ©e de la Mort reste brĂ»lante. Les trois chaĂ®nes montagneuses sont toujours lĂ . Mais dĂ©sormais, le chronomètre s’arrĂŞte trois heures plus tĂ´t.
Sur une course dĂ©jĂ construite autour de la rĂ©sistance aux limites physiques, ces trois heures changent surtout une chose : pour les concurrents qui avaient l’habitude de jouer avec les dernières heures de la barrière, la Badwater ne pardonnera dĂ©sormais presque plus aucun retard.
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