🎧 Après une fracture de la malléole en janvier, Alexandre Boucheix a bouclé les 111 km du Swiss Canyon Trail en 13 h 43 min 14 s. Il visait le top 20. Il l’a fait.
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Casquette Verte était venu se tester sur e Swiss Canyon Trail.
Ce samedi, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, a terminé le 111 km de l’épreuve suisse à la 20e place du classement général, en 13 h 43 min 14 s.
Ce résultat ne dit pas tout si on le lit froidement. Une 20e place, sur le papier, ne ressemble pas forcément à un exploit pour un coureur habitué aux grands rendez-vous de l’ultra. Mais dans le contexte précis de sa saison, cette performance prend une autre dimension. Boucheix ne revenait pas d’une simple gêne musculaire ou d’une coupure volontaire. Il revenait d’une fracture de la malléole, d’une immobilisation longue, d’une reprise progressive et d’un doute très concret : son corps était-il déjà capable d’encaisser une longue distance technique ?
Le Swiss Canyon Trail n’est pas une petite course de reprise choisie pour se rassurer.
L’épreuve se déroule à Couvet, dans le Val-de-Travers, en Suisse, sur les sentiers du Jura neuchâtelois. Le parcours traverse notamment les secteurs du Creux du Van et des gorges de l’Areuse, avec une alternance de montées, de descentes, de relances, de passages forestiers et de portions techniques.
Sur le format long, les coureurs affrontent environ 111 km pour plus de 5 000 m de dénivelé positif. C’est une distance exigeante, mais surtout un terrain qui demande de la lucidité et de la solidité articulaire. Après plusieurs heures de course, les appuis deviennent moins propres, les descentes pèsent davantage, les chemins cassants sollicitent les chevilles, et chaque relance rappelle que l’ultra ne se joue pas seulement au cardio.
Dans ce contexte, voir Casquette Verte s’aligner aussi tôt après sa blessure pouvait interroger. Ce n’était pas seulement une question de forme. C’était une question de résistance mécanique, de confiance dans l’appui et de capacité à courir longtemps sans compensation.
Avant la Suisse, Casquette Verte revenait de loin
La saison d’Alexandre Boucheix avait basculé en janvier, lors de l’Arc of Attrition. Sa fracture de la malléole avait brutalement coupé son début d’année. Plâtre, béquilles, arrêt forcé : pour un coureur habitué à accumuler les kilomètres, la rupture avait été nette.
Ce qui rend son retour au Swiss Canyon Trail encore plus marquant, c’est le délai. Début avril, son chirurgien lui déconseillait encore les chemins techniques et les longues distances avant la fin de l’été. Casquette Verte l’a lui-même rappelé dans une publication avant la course, en expliquant qu’il ne s’était pas demandé depuis longtemps s’il allait être capable de terminer une épreuve.
Cette phrase change la lecture de son résultat. Il ne s’agissait pas seulement de faire une course correcte. Il s’agissait de retrouver ce lien très particulier avec l’ultra : partir sans certitude absolue, accepter l’inconfort, remettre du temps long dans les jambes et vérifier que la blessure n’avait pas laissé une barrière mentale trop importante.
Avant le départ, Casquette Verte avait annoncé un objectif à la fois prudent et ambitieux. Il expliquait viser une place entre la 11e et la 20e position. Son objectif principal restait toutefois beaucoup plus simple : passer les barrières horaires et terminer. Son objectif secondaire était de faire du volume.
Cette formulation disait déjà beaucoup. Elle permettait de comprendre qu’il ne se présentait pas comme un favori à la victoire, mais qu’il ne venait pas non plus simplement se promener. Viser le top 20 sur un 111 km aussi dense, après une fracture récente, restait une manière de se tester sérieusement.
À l’arrivée, le contrat est rempli au millimètre. Il termine exactement dans la fourchette annoncée, à la 20e place, après 13 h 43 min 14 s d’effort. Il ne fait donc pas seulement mieux que survivre à sa reprise. Il valide l’objectif sportif qu’il avait fixé publiquement.
Une course construite, pas un coup de folie
Le plus intéressant dans sa journée se trouve peut-être dans les pointages intermédiaires. Casquette Verte n’a pas signé une course flamboyante au départ avant de s’effondrer. Il n’a pas non plus simplement sauvé une arrivée en marchant jusqu’au bout. Sa progression montre plutôt une course construite, avec une vraie remontée dans le classement au fil des kilomètres.
Après 12 km, à Noiraigue, il pointe 55e. Au Petit Fauconnière, autour du 20e kilomètre, il est déjà remonté 36e. Au Col de l’Aiguillon, au kilomètre 57, il est 27e. Puis il continue de se rapprocher du top 20 : 23e au Chasseron, au kilomètre 70, puis 18e aux Places, au kilomètre 83,2. Aux Verrières, après 90,5 km, il est même 15e du général.
Ce passage est important. À plus de 90 km de course, alors que l’usure commence normalement à trier très sévèrement les coureurs, Boucheix se trouve provisoirement dans le top 15. Ce n’est donc pas seulement une arrivée au mental. C’est une course pendant laquelle il a longtemps été capable de continuer à avancer mieux que beaucoup de concurrents partis devant ou autour de lui.
La fin est un peu plus difficile, puisqu’il repasse 20e à l’arrivée. Mais là encore, rien ne ressemble à une explosion. Il perd quelques places dans les derniers kilomètres, probablement au moment où le manque de préparation spécifique et la fatigue neuromusculaire pèsent le plus. Pour un coureur qui revient d’une fracture, ce fléchissement final paraît presque logique. Il n’efface pas la solidité de l’ensemble.
Alors, est-ce une bonne performance ?
Oui, clairement. Pas parce que Casquette Verte a gagné. Pas parce qu’il a dominé la course. Pas parce qu’il a signé un résultat qui le place soudain parmi les favoris des grands ultras de l’été. Mais parce que ce 20e rang répond exactement à la question du moment : son corps est-il déjà capable de tenir un ultra technique après une blessure sérieuse ? La réponse est oui.
La performance est d’autant plus intéressante qu’elle arrive dans un contexte de reprise accélérée. Après deux mois de plâtre et une reprise récente, terminer un 111 km technique en 13 h 43 n’a rien d’anodin. Le faire en restant dans le top 20, avec un passage provisoire dans le top 15 après 90 km, montre qu’il n’a pas seulement terminé grâce à son expérience. Il avait encore du moteur.
Il faut évidemment rester prudent. Une course réussie ne garantit pas que tout est réglé. Une cheville peut encaisser une journée et réagir ensuite. La récupération dira aussi beaucoup. Mais sportivement, le signal est très positif. Boucheix voulait reprendre la main sur sa saison. Il l’a fait de la manière la plus nette possible : en terminant une vraie course, sur un vrai terrain d’ultra, avec un classement cohérent avec son objectif.
En résumé, Casquette Verte relance sa saison
Ce Swiss Canyon Trail ne restera peut-être pas comme la plus grande performance de la carrière de Casquette Verte. Mais il pourrait compter comme l’un des moments importants de sa saison 2026. Après la blessure, le doute et les semaines sans courir, il fallait une course pour remettre le corps et la tête dans le même sens.
En Suisse, Alexandre Boucheix n’a pas seulement fini. Il a prouvé qu’il pouvait encore courir longtemps, gérer, remonter, encaisser et rester compétitif sur une distance exigeante. Son top 20 n’est donc pas un simple résultat de reprise. C’est une vraie validation.
Pour quelqu’un qui écrivait avant le départ que cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas demandé s’il allait terminer une course, cette arrivée à Couvet a forcément une valeur particulière. Le chirurgien lui avait conseillé d’éviter les longues distances techniques avant la fin de l’été. Casquette Verte a répondu par 111 km, 5 000 m de dénivelé positif et une 20e place.
C’est peut-être déraisonnable. Mais sportivement, c’est fort.
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