Blandine L’Hirondel, la double championne du monde de trail estime que les traileurs doivent mieux regarder la nature qu’ils traversent.
Courir en montagne ou sur les chemins donne souvent l’impression d’être connecté à la nature. Pourtant, dans la réalité, beaucoup de coureurs traversent les paysages sans vraiment les observer. Concentration sur l’allure, regard fixé sur la montre GPS, obsession du chrono ou du dénivelé : le trail moderne peut parfois transformer la nature en simple terrain de performance.
C’est précisément ce que veut questionner Blandine L’Hirondel. La double championne du monde de trail appelle désormais les coureurs à “lever les yeux” pendant leurs sorties, afin de mieux prendre conscience de la fragilité des environnements qu’ils parcourent.
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Blandine L’Hirondel constate que les paysages changent
Au fil des années, la traileuse française a vu certains terrains évoluer de manière brutale. Des forêts ont été transformées, des routes ont remplacé des espaces naturels et certains secteurs qu’elle appréciait ont perdu une partie de leur caractère sauvage.
Pour elle, cette évolution agit comme un signal d’alerte. Les sportifs outdoor passent des heures dans les espaces naturels et sont souvent parmi les premiers témoins des changements environnementaux. Là où d’autres ne passent qu’occasionnellement, les traileurs reviennent semaine après semaine, parfois pendant des années, sur les mêmes sentiers.
Cette proximité avec le terrain donne aussi une responsabilité particulière.
Le trail est parfois accusé d’abîmer la nature
Certaines courses rassemblent des milliers de participants sur des chemins parfois fragiles. L’érosion, le dérangement de la faune ou encore la pression touristique deviennent des sujets de plus en plus sensibles.
Le débat dépasse désormais largement le simple cadre du trail. Beaucoup d’événements sportifs doivent aujourd’hui justifier leur impact environnemental, surtout dans les zones naturelles protégées.
Dans ce contexte, certains organisateurs cherchent à adapter leurs pratiques. C’est notamment le cas du Salomon EcoTrail Paris, soutenu par MAIF, dont le parcours évolue régulièrement afin d’éviter certaines zones sensibles pour la biodiversité.
L’objectif affiché est clair : continuer à faire courir des milliers de personnes tout en limitant les conséquences sur les milieux traversés.
Les pollinisateurs deviennent un symbole fort
Le sujet mis en avant cette année concerne les pollinisateurs. Abeilles sauvages, papillons et autres insectes essentiels aux écosystèmes voient leurs populations diminuer fortement en Europe.
Selon les chiffres rappelés dans cette campagne, 75% de l’alimentation humaine dépend au moins en partie du travail des pollinisateurs. Pourtant, de nombreuses espèces sont aujourd’hui menacées par la disparition progressive de leurs habitats.
Dans ce cadre, l’association Les Cols Verts développe des refuges pour insectes et des espaces favorables à la biodiversité, aussi bien en ville qu’en milieu naturel.
Blandine L’Hirondel a participé à certaines de ces actions, notamment à travers la construction d’abris pour pollinisateurs.
Le trail doit-il changer ?
La question devient désormais centrale dans le monde du trail. Peut-on continuer à multiplier les événements, les voyages, les rassemblements et les passages massifs dans la nature sans modifier certaines habitudes ?
Le sujet est complexe, car le trail repose justement sur le lien avec les espaces naturels. Beaucoup de coureurs découvrent la montagne, les forêts ou certains territoires grâce à ce sport.
Mais cette popularité crée aussi une pression nouvelle sur certains environnements.
Pour Blandine L’Hirondel, l’idée n’est pas d’arrêter le trail. Le message est plutôt de pratiquer autrement. Regarder davantage les paysages, comprendre les milieux traversés et accepter parfois certaines limitations pour préserver ces terrains de jeu.
En résumé, Blandine L’Hirondel a un message qui dépasse le sport
Cette phrase paraît simple, presque anodine. Pourtant, elle résume assez bien l’évolution actuelle du trail.
Aujourd’hui, beaucoup de coureurs analysent leurs sorties à travers les données : allure moyenne, fréquence cardiaque, VO2 max, temps d’ascension ou segment Strava. La technologie occupe une place énorme dans la pratique moderne.
Le risque, selon certains athlètes, est de finir par oublier l’environnement lui-même.
Lever les yeux, dans ce contexte, signifie peut-être simplement reprendre conscience de ce qui entoure les coureurs pendant leurs sorties. Observer les paysages, la forêt, les animaux, les saisons ou les changements visibles d’une année sur l’autre.
Car au fond, le trail dépend entièrement de ces espaces naturels. Et si ces terrains disparaissent ou se dégradent, c’est aussi une partie du sport qui pourrait progressivement changer.
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